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Emission Arte lirica du 15 octobre 2017

octobre 14th, 2017 par Alain Fauquier


Affi Di Lammermoor

Cet opéra est un opéra nocturne, dans les landes d’Ecosse, fin du 17 ème siècle, dans lequel la haine empoisonne les familles et l’amour subit les mauvais présages.

Lucia » est une des merveilles du Bel Canto, qui figure d’ailleurs toujours régulièrement à l’affiche plus grandes maisons d’opéra à travers le monde. Ce succès est dû à la densité dramaturgique et à l’expressivité de la musique, qui en font la quintessence de l’opéra dramatique, l’archétype de l’opéra romantique italien, dans lequel le destin tragique de l’héroïne est indissociable de la virtuosité vocale.

D’ailleurs cet opéra, qui a été créé pour le San Carlo de Naples, est généralement considéré, avec Don Pasquale, comme le chef d’oeuvre de Donizetti.

Alors, l’Ecosse, avec ses clans rivaux et ses châteaux hantés, c’est un sujet à la mode au début du 19e siècle, dû au succès des romans de Walter Scott (Ivanhoë etc…) : comme ses récits sont dramatiques, efficaces et leur atmosphère fascinante, ils ne tardent pas à séduire les compositeurs.

Un des premiers à ouvrir le bal sera Rossini, toujours sensible à la nouveauté, avec sa Donna del Lago, la Dame du Lac, en 1819. Il est suivi par ses jeunes rivaux, Bellini et Donizetti.

Et c’est justement un roman de Walter Scott, La Fiancée de Lammermoor, qui va donner naissance à Lucia di Lammermoor.

 Le texte est inspiré d’une histoire authentique, celle de Janet Dalrymple qui assassina son mari pendant sa nuit de noces et le paya de la perte de sa raison.

Cette histoire offre un sujet emblématique du romantisme noir et fantastique où l’héroïne sombre dans la folie meurtrière, avant que celui qu’elle aime ne se donne la mort en apprenant qu’elle s’est donné la mort après avoir tué, la nuit de ses noces, le mari qui lui a été imposé !

Le roman va être très habilement adapté par Salvatore Cammarano, qui va fournir à Donizetti un livret de qualité (en vers…), clé du succès avec la jeune prima donna de 22 ans, Fanny Persiani. C’est pour elle que Donizetti a écrit le rôle de Lucia. Pourtant, elle va interrompre les répétitions… le temps de se faire payer ses cachets en retard…

Elle y parviendra !

Lucia fait un triomphe à Naples au moment de sa création, en septembre 1835. A cette époque, cela fait déjà 4 ans que Donizetti espère s’imposer à Paris qui au 19e siècle, pour un musicien, est le phare du monde : y être reçu et applaudi c’est la consécration suprême. Or jusque là, même si plusieurs de ses opéras y ont été représentés avec succès, il n’a connu qu’un seul vrai succès à Paris, c’est Anna Bolena, en 1831.

Et c’est justement le triomphe de Lucia qui va lui apporter la consécration tant attendue et faire de lui le compositeur en vue.

C’est un succès incroyable.

Lors de la première, le 12 décembre 1837, on frise le délire et l’hystérie.

Avec ce triomphe Donizetti s’impose, enfin, comme le premier compositeur italien (Bellini vient de mourir à Puteaux, Rossini a cessé d’écrire et Verdi apprend la composition.

Donizzetti règne sans rival. Il a 40 ans et il a écrit quelques dizaines d’opéras ! …. Déjà 26 opéras en 1830…).

Donizetti est à l’apogée d’un style, celui du romantisme, et le public ne s’y trompe pas. Donizetti a su, comme personne avant lui, produire l’opéra romantique par excellence, l’œuvre dont toutes les facettes font étroitement écho à la sensibilité de l’époque.  Pour preuve, c’est une représentation de Lucia que Flaubert décrit dans Madame Bovary et Tolstoï dans Anna Karenine.

Lucia va faire le tour du monde et sera jouée, du vivant de l’auteur, jusqu’à La Havane et Santiago du Chili et va faire de lui le compositeur italien le plus joué de son temps.

Pour le thème, c’est un peu l’histoire de Roméo et Juliette : un amour défendu entre familles rivales, les Ravenswood et les Lammermoor, sauf que L’action se situe en Ecosse, à la fin du 17e siècle, sur fond de luttes entre factions rivales et dans le contexte des guerres entre catholiques et protestants. Je précise d’ailleurs que ce drame a été inspiré d’un fait divers réel.

Enrico veut marier par intérêt sa sœur Lucia à Arturo Bucklaw, un riche parti.

Or Lucia est déjà amoureuse d’Edgardo Ravenswood dont la famille a été ruinée par la sienne. Edgardo, doit s’éloigner en France, mais lui et Lucia se prêtent mutuellement serment de fidélité. Du coup, pour pousser sa sœur à épouser celui qu’il lui a choisi, Enrico fabrique de faux documents mettant en doute la fidélité d’Edgardo. Effondrée, Lucia accepte d’épouser Arturo.

Mais voilà qu’Edgardo réapparaît lors de la cérémonie nuptiale et maudit la pauvre Lucia.

Et au moment où Edgardo et Enrico vont se rencontrer en duel pour vider leur différend, on apprend que Lucia, a tué son époux, qu’elle est devenue folle et qu’elle se donne la mort. A cette nouvelle, Edgardo se suicide.

Revenons à l’œuvre.

Dans la première scène, Lucia raconte à sa suivante qu’elle a vu le fantôme d’une femme assassinée, baignant dans son sang et noyée : « le Silence régnait », va-t-elle chanter (« Regnava il silencio »)….

Dans le deuxième grand air, Edgardo (Ravenswwod) chante à Lucia que, sur la tombe du « père trahi », (« il tradito genitore ») il avait juré de se venger, mais qu’à la vue de Lucia, un autre sentiment l’a envahi et que sa colère s’est apaisée.

Puis les deux héros se jurent fidélité et secret, échangent des anneaux et, dans un célèbre duo, et chantent  « Verrano a te sull’ aure » 

Mais, alors qu’ils se sont juré fidélité, les deux amants vont être trahis.

Normanno, ami de Enrico, frère de Lucia, présente à celle-ci une fausse lettre d’Edgardo à une autre femme. Lucia se croit trahie et finit par accepter le riche mari que son frère lui destine … pour sauver la famille en graves difficultés.

C’est l’air entre le frère et la sœur…« Se tradirmi tu potrai »,

Arrive le mariage par dépit.

On a trompé Lucia par la fausse lettre d’Edgardo à une autre femme, et Lucia s’est crue trahie. Mais voici qu’Edgardo revient – de France – mais pour trouver quoi ? Lucia qui se marie ! Il ignore évidemment tout du piège qu’on a tendu à Lucia.

Il tire son épée contre Enrico, frère de Lucia, auteur de tout ceci, mais on lui montre la signature de Lucia au pied du contrat de mariage !

Alors il lui rend son anneau…ou plutôt il le lui jette !

C’est lui qui s’estime trahi par elle : les deux amoureux ont été floués.

C’est le moment du fameux sextuor, les six protagonistes soutenus par le chœur, qui a toujours enthousiasmé les spectateurs, les sentiments de chacun fondus dans un ensemble, moment qui annonce tout simplement Verdi (« Chi mi frena in tal momento »)

 Mais en arrive enfin aux conséquences tragiques de ce mariage forcé et de la tromperie dont ont été victimes les deux héros.

Dans la chambre nuptiale, Lucia tue l’homme qu’elle vient d’épouser et qu’elle n’aime pas : elle l’a poignardé et elle apparaît, hagarde, comme une somnambule, un poignard plein de sang à la main. Elle a perdu la raison.

La scène de la Folie

Cette scène (Acte 3) se compose de plusieurs airs et d’abord, « Ohimé ! Sorge il tremendo ».

Il suffit parfois d’un air pour rendre un opéra célèbre, et la renommée de Lucia s’est principalement établie sur cette (elle dure plus de 12 minutes).

C’est l’un des fleurons du bel canto romantique, un véritable morceau de bravoure aujourd’hui encore la magie de la musique italienne et qui exige de l’interprète une technique exceptionnelle, mais aussi une grande sensibilité dramatique.

Cette scène est le cheval de bataille de beaucoup de sopranos

C’est une scène très élaborée, qui va bien au-delà de la simple acrobatie vocale, et qui s’intègre parfaitement à l’action. Dans une sorte de rêve éveillé, Lucia revit le grand duo d’amour du premier acte ; elle s’imagine un temps avoir épousé Edgardo, avant d’être rejointe par la réalité. La voix dialogue avec la flûte, passe de la virtuosité à l’extase et traduit l’expression la plus profonde du désespoir et de la douleur.

Or alors qu’il croit que la noce bat son plein, car il voit les lumières du Château, les invités sortent horrifiés et disent à Edgardo, qui était sur les tombes des ancêtres, que Lucia a tué son époux, qu’elle a perdu la raison et qu’elle s’est donné la mort (en fait elle est mourante).

Edgardo, désespéré, veut alors retrouver Lucia dans la mort. Il se poignarde pour la rejoindre au ciel et chante le magnifique morceau final: « Tu che a dio spiegasti l’ali ».

Insertions musicales :

« Regnava il silencio ») par Maria Callas

 « Sulla tomba che rinserra » (« il tradito genitore…» par Ferruccio Tagliavini

 « Verrano a te sull’ aure », par Renata Scotto et Luciano Pavarotti,
Orchestre symphonique et chœurs de Turin de la RAI, sous la Direction de Francesco Molinari Pradelli, enregistrement en « live » à Turin, 1967

4« Se tradirmi tu potrai, … », par Lily PONS, franco-américaine star de l’opéra en Amérique, au Metropolitan de New York, soprano colorature (qui montait jusqu’au contre-fa, « la Diva au Chant d’oiseau ») ; aussi actrice de cinéma (elle avait joué notamment avec Henri Fonda). Cette star a sauvé le Met de la faillite par le public qu’elle attirait. Ici elle chante avec le grand baryton Léonard Warren,

 « Chi mi frena in tal momento » par Maria Callas, Giuseppe Di Stefano, Tito Gobbi, Chœurs et Orchestre du Mai Musical Florentin, Direction de Tullio Serafin

 « Ohimé ! Sorge il tremendo » par Maria Callas

 « Tomba degli avi miei …. Fra poco me ricovero » par Ferruccio Tagliavini

 « Tu che a Dio spiegasti l’ali », par Giuseppe Di Stefano (Edgardo)

 

 

 

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