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Ecouter Mario Lanza

Leoncavallo : VESTI LA GIUBBA
Dicitencello Vuie
Verdi: OTELLO "Dio mi potevi"
Na sera e maggio
Serenade de Romberg
Leoncavallo: LA BOHEME
Giordano: ANDREA CHENIER














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Ma rencontre avec Mario Lanza
par Walter Pidgeon, acteur de cinéma et baryton de formation

« Grand amateur de musique classique, je me rendis en fin d’après midi au cocktail que donnait la cantatrice Irene Manning avant son départ pour l’Europe où elle devait donner une série de concerts pour les troupes américaines. Alors que je montais l’escalier de son hôtel particulier, j’entendis une voix magnifique qui surpassait tout ce que j’avais entendu jusqu’ici, y compris Caruso et Gigli. Mais je me dis que c’était impossible et que ça devait être mon imagination.

Pourtant, au moment où je poussais la porte de l’immense salon, je vis un jeune garçon debout près du piano de l’autre côté de la pièce, et croyez le où pas, cette voix c’était la sienne. Je ne savais pas qui il était ne l’ayant jamais rencontré auparavant, mais je me dis d’après mon expérience que ce chanteur avait une voix tout à fait exceptionnelle. Malheureusement peu de temps après mon entrée, il terminait son chant.

Je demandais à Irene Manning s’il allait chanter à nouveau. « Oh, certainement, me répondit-elle, un peu plus tard! » J’attendis impatiemment jusqu’à 3h30 du matin avant que le jeune garçon ne chante à nouveau. Jamais, durant toute ma vie, je ne regretterai d’avoir attendu aussi longtemps pour entendre une voix aussi belle.

Mario Lanza et la soprano tchèque Jarmila Novotna,
film : Le Grand Caruso, 1951

Quelques jours plus tard alors que je bavardais avec Frank Sinatra, je lui fis part de ce que j’avais entendu. Il éclata de rire et me dis : « Je le connais ce gamin, il s’appelle Mario Lanza. Il y a quelques jours quelqu’un qui le connaissait l’a fait monter sur scène. Il chanta deux chansons et fit un tabac. D’habitude ce sont les gens qui se pâment en m’écoutant. Mais pour la première fois de ma vie c’est moi qui me suis extasié en l’entendant. Sa voix est sensationnelle ; elle est reconnaissable parmi un million de chanteurs. Je lui ai proposé de l’engager dans mon show, mais il a refusé. Il accomplissait son service militaire et il était en permission. Il venait à Hollywood rejoindre la troupe de Winged Victory qui devait être filmée par Twentieth Century Fox sous la direction de George Cukor. Il avait seulement… 23 ans ».

Ma rencontre avec Mario Lanza
par Jack Warner, président de la Warner Bros
qui raconte comment il reçut un jour une leçon d’humilité

« Ce matin là je n’étais pas particulièrement occupé, ce qui était exceptionnel, et je traînais dans mon salon à regarder des photos lorsque ma bonne, une italienne, me demanda si j’aimais la musique. Certainement lui répondis-je. Elle sortit de la pièce et revint avec un disque qu’elle me fit entendre. Une voix magnifique chantait « Vesti la Giubba » de Paillasse. Du pur Caruso lui dis-je. D’où l’avez-vous déniché ? Elle éclata de rire et me dit : ce n’est pas Caruso, c’est un disque d’audition d’un ami de ma famille. Si vous voulez je peux lui demander de venir chanter pour vous. Comme j’étais dans un bon jour, j’acceptais. Et le lendemain le chanteur se présenta à mon domicile accompagné d’un ami pianiste.

Je ne sais pas pourquoi ma la première impression ne fut pas bonne. Mais lorsqu’il se mit à interpréter les grands airs de Rigoletto j’en eus le souffle coupé. Je ressentais des frissons courir le long de ma colonne vertébrale. La voix était si pleine et si puissante que les notes aiguës faisaient vibrer le lustre. Je suis sur qu’on pouvait l’entendre au Beverly Hills Hotel, à cinq blocs de là. Néanmoins je ne l’engageais pas car je ne le voyais pas succéder à Nelson Eddy.

Quelques années plus tard la MGM rencontra un immense succès international avec son film Le Grand Caruso, et quelle ne fut pas ma stupéfaction de constater que le rôle-titre était tenu par le chanteur que j’avais reçu dans mon salon et dont le nom avait été transformé en Mario Lanza. En laissant échapper Mario Lanza je n’ai pas seulement perdu des millions de dollars, j’ai aussi perdu ma bonne italienne qui, vexée par le peu d’intérêt de l’audition, m’avait laissé tomber. Comme quoi, nous les « Moguls » (Nababs) de Hollywood… on peut aussi avoir parfois des jugements erronés. »

Ma rencontre avec Mario Lanza
par Constantine Callinicos
, chef d’orchestre
qui l’accompagnera dans de nombreux concerts et enregistrements

« Un matin d’avril 1947, je reçus un appel téléphonique de Zena Hanenfeldt de la direction de Columbia Artists, qui me demanda si j’étais disponible pour accompagner un ténor du nom de Mario Lanza qui donnait un concert à Shippensburg en Pennsylvanie. Ce chanteur m’était inconnu tout autant que cette ville. Je n’ai jamais entendu parler de ce chanteur lui déclarais-je. Vous devriez, me répondit-elle. N’étant pas occupé à ce moment là, j’acceptais.

La veille du concert je téléphonais à ce chanteur pour lui proposer un rendez-vous pour répéter. Il éclata de rire et me dis : « Nous n’avons pas besoin de répéter, j’ai d’autres choses à faire. Je vous fais confiance ». Je fus abasourdi par une telle réponse venant d’un chanteur qui devait être un néophyte et dont le répertoire devait être limité. Nous nous sommes rencontrés le 14 avril, deux heures seulement avant le début du concert. Il était jeune, 25 ans environ, avait les yeux noirs pétillants, une stature de boxeur poids lourd et paraissait avoir une grande vitalité. Sa femme, une jolie brunette d’une vingtaine d’années l’accompagnait.

Il m’informa incidemment qu’il avait oublié d’apporter son smoking, ce qui m’obligea à poser le mien et à me mettre en costume de ville. Cela commence bien me dis-je, il ne veut pas répéter et il oublie son smoking qui est la tenue requise pour les concerts. Vint le début du concert. Alors que je commençais à jouer l’introduction de « Pieta Signora », un des airs préférés de Caruso, il tourna le dos au public, se pencha sur le piano, me fit un clin d’œil et un large sourire. Jamais je n’avais vu ça.

Mais lorsqu’il se mit à chanter je me dis immédiatement que le smoking et le dos au public avaient bien peu d’importance. Sa voix était splendide. Jamais je n’aurais imaginé au cours de ma vie entendre une voix aussi belle, aussi chaude, aussi ronde, aussi riche, aussi resplendissante et qui remplissait sans effort le vaste auditorium. J’étais sidéré. Cette voix était prodigieuse. Je me demandais quel tour on était entrain de me jouer. Le public, environ 5 000 personnes, fut électrisé, comme cela se reproduira à chaque concert par la suite, et sa prestation fut un triomphe. A la fin du concert, il s’approcha de moi, me prit dans ses bras, me souleva du sol et me dit : « Vous voyez Constantine, ça c’est bien passé, nous n’avions pas besoin de répéter. »

A qui allais-je bien pouvoir raconter que dans un bled perdu de Pennsylvanie j’avais rencontré le successeur de Caruso. »

Ma rencontre avec Mario Lanza
par Serge Koussevitsky, musicien d’origine Russe,
directeur de l’orchestre philharmonique de Boston
.

« Je venais de répéter la 9ème symphonie et me trouvais dans ma loge entrain de me faire masser. J’entendis soudain une voix que je ne reconnaissais pas retentir jusqu’à mes oreilles. Intrigué, je me rendis torse nu, une serviette à la main, vers l’endroit d’où venait cette voix. J’arrivais jusqu’à la scène où je vis à coté d’un piano un garçon d’une vingtaine d’années qui chantait d’une voix incroyable « Vesti la giubba » de Paillasse. Quelle extraordinaire voix, c’est Caruso ressuscité!déclarais-je.

William K. Huff, impressario de l’Académie de Musique de Philadelphie, me rappela qu’à la demande de la cantatrice Irène Williams, j’avais rendez-vous avec ce garçon pour l’auditionner. Lorsqu’il eut terminé l’aria, je restais stupéfait, puis le prit dans mes bras, l’embrassais sur les deux joues et lui proposais de venir avec moi à Tanglewood (résidence d’été de l’orchestre de Boston). Il accepta et je lui fis obtenir une bourse pour débuter de sérieuses études de chant, formation qu’il poursuivra avec le Maestro Enrico Rosati qui forma Lauri-Volpi, Gigli et bien d’autres célébrités. Durant son séjour à Tanglewood, où étudiait aussi Beverly Sills, qui nous a quittés en 2007, Serge Koussevitsky appela le jeune Mario « son diamant brut ».

Serge Koussevitsky le fit débuter le 7 août 1942 au festival de Berkeley (New Hampshire) dans Les Joyeuses Commères de Windsor de Nicolaï et dans le 3ème acte de La Bohème de Puccini. A l’issue de ces représentations, Noel Straus du New York Times écrira : «Peu nombreux sont les ténors actuels qui peuvent égaler le jeune Mario Lanza (20 ans), en terme de beauté de voix, de chaleur et de puissance… ».

Le grand Maestro, lui, était aux anges : la même année il découvrait un compositeur-chef d’orchestre de génie, Léonard Bersntein (West Side Story), et le plus fabuleux ténor du siècle, Mario Lanza. Il déclarera : « Mario Lanza avait une voix de celles que l’on entend qu’une fois par siècle ».

Pendant la guerre, surnommé « Le Caruso de l’US Air Force » il apparaîtra dans les shows On The Beam et Winged Vigtory de Moss Hart. Démobilisé en janvier 1945, il épousera le 14 avril de la même année, Betty Hicks, la sœur de son copain de régiment Bert Hicks.

Ils auront 4 enfants : Colleen, née en décembre 1948, Ellisa, née en décembre 1950, Damon né en décembre 1952 et Marc, né en mai 1954.

A New York, entre octobre 1945 et février 1946, il remplacera le ténor Jan Peerce du Metropolitan Opera de New York, dans six émissions produites par CBS et radiodiffusées dans tout le pays : Great Moments in Music. Mario Lana y chantera de nombreux extraits d’opéra et duos.

A cette époque il vivait bien au dessus de ses moyens et s’endetta considérablement. Un agent immobilier fortuné, Sam Weiler, le tirera d’affaire et lui financera pour 10 000 dollars, des cours de chant particuliers avec le fameux Maestro Enrico Rosati. En contre partie il prélèvera un pourcentage sur les recettes à venir du jeune Mario, dont il deviendra plus tard le premier Manager.

Mario Lanza
par Enrico Rosati, Maître de chant

« Mario Lanza fut mon dernier élève. La première fois que je l’ai auditionné je me suis arrêté au milieu de l’aria qu’il interprétait et, la larme à l’œil, je lui ai déclaré : cela fait plus de 34 ans, depuis Gigli, que j’attends une voix comme la votre. Je dois vous dire quelque chose. Personne ne pourra vous apprendre à chanter, car vous avez déjà eu le meilleur professeur de tous… Dieu. Mais nous allons quand même travailler ensemble. Il possédait la plus belle voix qu’il ne m’est jamais été donné d’entendre. Il était d’un caractère exubérant mais était aussi très amical et généreux, avec un cœur énorme.

Après chacun de ses concerts où il triomphait, il m’envoyait une carte postale ou un télex pour me remercier de ce que je lui avais enseigné. Sa formation fut courte, 15 mois, mais suffisante compte tenu de ses prédispositions. Il possédait au plus haut point une vive intelligence du chant et il apprit rapidement les techniques italiennes du bel canto qui permettent de chanter plusieurs heures sans se fatiguer. Il connaissait par cœur depuis l’âge de 15 ans, plus de 50 rôles d’opéra, hommes femmes, et pouvait en discuter savamment jusque dans les moindres détails avec les professionnels de l’opéra. Quand il eu terminé sa formation il était prêt pour chanter sur les plus grandes scènes d’opéra. »

En 1947, il fera partie du Bel Canto Trio sponsorisé par les Concerts Columbia, avec Frances Yeend, soprano (décédée en 208) et George London, baryton-basse (qui allait faire une immense carrière notamment comme interprète de Wagner, dans le monde entier et à Bayreuth, comme aussi dans le Faust de Gounod). En 11 mois, le trio donnera 84 concerts à travers les Etats-Unis, au Canada et au Mexique.

Maestro Agnini, Mario Lanza, Maestro Herbert

Les 8 et 10 avril 1948, Mario Lanza fait des débuts remarqués dans le rôle de Pinkerton de Madame Butterfly à l’Opéra de La Nouvelle Orléans. Il donnera deux représentations avec à la clé deux « standing ovations ». Les critiques, très enthousiastes, loueront « sa voix splendide, chaude et resplendissante et un tempérament qui électrifie l’auditoire ».

Puis il reprendra le cours de ses concerts programmés avec George London et Frances Yeend. Il apparaîtra aussi en « solo » de plus en plus souvent dans de nombreux concerts, à l’issue desquels il obtiendra à chaque fois un triomphe, comme au Grant Park Festival de Chicago, où sur son seul nom il attira plus de 130 000 spectateurs en deux soirées.

Enfin, il donnera trois concerts mémorables dans le Hollywood Bowl de Los Angeles (20 000 places) les 27 août 1947, 24 juillet 1948 et 16 août 1949.

A la suite du premier concert il sera engagé par la MGM (concert dirigé par le Maestro Eugène Ormandy, chef du Philadelphia Orchestra. Ernest Lonsdale du Los Angeles Examiner écrira : « Ce soir là, Mario Lanza aurait pu emporter le “Bowl” avec lui. Sa voix est riche, pleine, chaude et resplendissante. Il a de la présence, donne de l’émotion. Sa diction est parfaite ». Le public était fasciné et stupéfait.Lors du concert du 24 juillet 1948, un spectateur déclarera : “C’est comme si les portes du paradis s’étaient entrouvertes et que Dieu était apparu” (Mario Lanza, una voce, un artista par Eddy Lovaglio).

La soirée du 24 juillet 1948 restera à jamais gravée dans la mémoire de ce Temple de la Musique qui a reçu les plus grands chanteurs, comme “la plus grande soirée de son histoire”. Ce deuxième concert était dirigé par le compositeur de musiques de films Miklos RoszaBen Hur , Le Roi des Rois, Quo Vadis, Le Cid…). Le 16 août 1949, Mario Lanza enflammera pour la troisième fois le public du Hollywood Bowl et déclenchera des tonnerres d’applaudissements et d’incessants rappels (concert dirigé par Johnny Green, directeur Musical de la MGM).

A 26 ans, Mario Lanza avait déjà fait grande impression en concert et il reçut l‘appui immédiat des Maestros Serge Koussevitzky et Peter Herman Adler, du ténor Tito Schipa et d’Edward Johnson, directeur général du Metropolitan Opera de New York.

A ces grands professionnels s’ajoutèrent les noms illustres de Victor de Sabata, directeur de la Scala de Milan et de Gaetano Merola, directeur artistique et conducteur du San Francisco Opera.

Entre le 10 Juin 1951 et Septembre 1952, il se produira dans sa propre émission de radio diffusée dans tout le pays, intitulée The Mario Lanza Show. Produite par CBS network et sponsorisée par Coca-Cola, il y chantera de très nombreuses chansons et extraits d’opéra, accompagné par l’orchestre de Ray Sinatra (un cousin de Frank Sinatra). Deux chanteuses de variété talentueuses seront fréquemment invitées: Gisele Mac Kensie et Kitty Kallen. Ces émissions sont aujourd’hui commercialisées sous forme de CD numérisés, commercialisés par Damon Lanza Productions, sous le titre : « The Coca-Cola Shows » (15CD/245 titres).

Ma rencontre avec Mario Lanza
Par Terry Robinson, coach de remise en forme physique

« En 1948 je fus chargé par la MGM de remettre en forme et de faire perdre du poids à un jeune garçon qui venait d’être engagé par les studios et que je ne connaissais pas. Je me rendis à son domicile et je fus chaleureusement accueilli par lui-même et son épouse Betty. Il était très beau, il avait des yeux noirs, les épaules larges et un sourire enjôleur. Il était costaud, mais corpulent. Nous avons bavardé, puis son épouse est allée chercher un disque qu’elle me fit écouter. C’était un extrait de Paillasse. C’est Caruso ! Mais il chante mieux que d’habitude, déclarais-je. Ils se mirent à rire. Je me demandais quelle bêtise j’avais pu bien dire. Betty s’exclama : non, ce n’est pas Caruso ! Et, désignant son mari du doigt elle me dit : c’est lui ! Je restais sidéré. Ce fut le début d’une extraordinaire amitié ».

Ce que les professionnels ont dit de Mario Lanza :

Le célèbre Maestro Arturo Toscanini : « Je n’ai jamais, dans toute ma vie, entendu “La Bohème” chantée avec un tel brio. On a l’impression que Puccini et Verdi ont écrit leurs opéras spécialement pour lui. Mario Lanza est la plus grande voix du 20ème siècle. »

Maria Callas : « Mon plus grand regret est de n’avoir jamais eu l’opportunité de chanter avec la plus belle voix que j’aie jamais entendue. »

Renata Tebaldi : « Il avait la plus belle voix naturelle que j’aie jamais entendue. Il avait la voix d’un ange. Mais lorsqu’il chantait à pleins poumons, ça décoiffait ! Sa voix était bouleversante. Elle m’émouvait tellement que chaque fois que je l’écoutais j’en avais la larme à l’œil. Il m’a proposé en 1955 lorsque je suis allée le voir sur le plateau de son film “Serenade”, de chanter avec lui dans un film. J’ai décliné l’invitation car je ne voulais pas suivre des cures d’amaigrissement, je craignais pour ma voix. Nous avions néanmoins envisagé de chanter ensemble “André Chénier” à l’Opéra de San Francisco. Malheureusement nos engagements respectifs ne nous ont pas permis de concrétiser ce projet. »

La soprano Francis Yeend et le baryton-basse George London (tous deux du Met de New-York), qui furent les partenaires et les amis de Mario Lanza lors des nombreux concerts du Bel Canto Trio déclarèrent : « habituellement lorsqu’un chanteur a terminé sa prestation, il se rend dans sa loge pour se reposer, arranger sa toilette, ou boire un verre d’eau. Mais lorsque Mario chantait nous restions tous les deux avec les techniciens au bord de la scène pour l’écouter tellement sa voix était magnifique. Nous étions tous deux des professionnels et nous savions que ce n’était pas possible, mais chaque fois que Mario poussait des notes aigues, celles-ci étaient tellement percutantes que par réflexe nous regardions en l’air pour voir si un spot n’allait pas se décrocher et nous tomber sur la tête ; nous nous regardions et nous éclations de rire. »

Tito Schipa qui entendit Mario Lanza lorsqu’il avait 23 ans: « Mario Lanza a la plus grande voix jamais entendue chez un garçon de cet âge. »

George London : « Mario Lanza avait la plus grande voix jamais octroyée à un être humain. »

Le célèbre baryton Robert Weede du Metropolitan Opera de New-York qui chanta avec Metropolitan Opéra de New-York Mario Lanza “Golden Days“ en 1946 : « La voix de Mario Lanza était tellement puissante qu’on craignait toujours que les murs ne s’écroulent sur nous… et nous étions tous des professionnels de l’opéra. »

La soprano Dorothy Kirsten du Met qui chanta avec lui dans le film Le Grand Caruso: « La voix de Mario Lanza était grandiose. Il aurait pu chanter dans les plus grandes salles d’opéra du monde et sa carrière aurait été tout aussi sensationnelle. »

Giuseppe Di Stefano qui fut plusieurs fois le partenaire de Maria Callas: « Je pense que Mario Lanza ne réalisait pas combien il était grand. Il aurait fallu qu’il puisse sortir de son enveloppe charnelle pour s’entendre chanter. »

Carlo Bergonzi : « Admirateur de Mario Lanza, je collectionnais les posters publicitaires de ses films. »

La soprano Licia Albanese du Metropolitan Opéra qui chanta avec lui le duo du 3ème acte d’Othello de Verdi dans son film « Serenade » en 1955 : « Il avait tout ce que les chanteurs ont besoin : la voix, le tempérament et une diction parfaite. Sa voix était exceptionnelle et il était un très attentionné camarade. Quant il est mort mon cœur s’est brisé. »

Le baryton Lawrence Tibbett : « dans 50 ans après sa mort (nous y sommes) le public reconnaîtra quel grand artiste il était .»

La soprano wagnérienne Helen Traubel : « sa voix était phénoménale. »

La magnifique basse Ezio Pinza : « Mario Lanza avait un don d’imitation extraordinaire. Il pouvait imiter à s’y méprendre n’importe quel chanteur, y compris moi-même. Je n’ai jamais compris comment il pouvait faire une chose pareille ».

Maria Margelli, pianiste accompagnatrice et amie d’Ezio Pinza : « J’ai entendu tous les grands chanteurs, mais le jour où j’ai entendue Mario Lanza, j’ai su que j’avais entendu la plus grande voix au monde »

Le Maestro Giacomo Spadoni qui cocha Caruso 35 ans plus tôt et dirigea son ami la grande basse russe Fedor Chaliapine au Met de New York, entendit Mario Lanza pour la première fois lors d’un concert de bienfaisance organisé à Pickfair dans la ravissante demeure de Mary Pickford et Douglas fairbanks. Il l’accompagnait au piano lorsqu’au milieu de l’aria que Mario Lanza interprétait (Cielo e mar, extrait de La Gioconda de Ponchielli), le maestro s’est subitement interrompu de jouer et resta assis un long moment sans rien dire. Les mots qu’il prononça émurent même Mario Lanza : « Je n’aurais jamais imaginé entendre un jour une voix plus pure que celle de d’Enrico Caruso. Vous êtes si jeune et votre voix est si belle. Vous êtes né en Amérique et votre italien est si parfait. Je suis désolé, je suis trop bouleversé, je ne peux pas continuer, veuillez m’excuser ».

Le Maestro Constantine Callinicos qui l’accompagnera dans de nombreux enregistrements et concerts : « Son larynx fonctionnait comme un double pédalier, un pédalier qui lui permettait de chanter avec une infinie douceur et l’autre qui lui permettait de pousser les murs ».

Franco Corelli : « Mario Lanza était la voix du siècle et sa façon de chanter était à la fois convaincante est généreuse. »

Le Maestro Franco Ferrara de l’Académie Sainte Cécile qui dirigea Mario Lanza quelques mois seulement avant sa mort prématurée lors de l’enregistrement de l’album de chansons italiennes intitulé « MARIO at his best » (RCA Red seal- Sony/BMG) : « Le ténor était vocalement extraordinaire, avec une voix qui combinait la solidité de l’acier et la chaleur, les deux alliés à une grande musicalité. »

Le grand ténor suédois Jussi Björling du Metropiltan Opera de New York et Mario Lanza se vouaient une admiration réciproque. Accompagné par un représentant de la branche classique de RCA, Jussi Björling se rendit un après-midi chez Mario Lanza à Beverly Hills. Cette après-midi là les deux grandes stars du Bel Canto se sont beaucoup amusées autour d’une bouteille de Chivas Regal, échangeant leurs souvenirs et leur expérience des milieux de l’opéra et d’Hollywood. Jussi Björling décèdera d’un arrêt cardiaque en 1960, quelques mois après Lanza, à l’âge de 48 ans.

Frank Sinatra : « Si j’avais eu le voix de Mario Lanza, j’aurais une gerbe d’or autour du cou ».

Elvis Presley : « Amateur de grandes voix, Mario Lanza était mon chanteur préféré. A 17 ans je possédais bon nombre de ses disques. Lors de mon arrivée à Hollywood, Steve Sholes, directeur de RCA m’a conduit un après-midi chez lui dans sa villa de Bel Air pour le rencontrer. J’étais très impressionné. Il a eu une grande influence sur ma propre façon de chanter. Quand il est mort en 1959 je lui ai dédié “Its now or never” (O Sole Mio) ».

Placido Domingo : « Sa voix avait un immense impact dramatique. Elle est pour moi la référence absolue ». Par deux fois Placido Domingo a rendu hommage à Mario Lanza. En 1983, en présentant la vie et la carrière de Mario Lanza dans un film de la société allemande Kultur intitulé “Mario Lanza The American Caruso”. Puis, en 2004 en rédigeant la préface de la biographie d’Armando Cesari “Mario Lanza, An American Tragedy”.

Luciano Pavarotti : « La voix de Mario Lanza était fantastique, pas seulement magnifique, fantastique. Après avoir vu en 1953 son film Le grand Caruso, je l’imitais en chantant devant l’armoire à glace dans la chambre de mes parents. J’avais 18 ans. Je suis allé voir le film jusqu’à ce qu’il soit déprogrammé. »

Le fils de Caruso, Enrico Caruso Jr : « Avant Mario Lanza, et après Mario Lanza, aucun ténor n’aurait pu incarner avec un tel talent vocal et une telle justesse de jeu, la vie de mon père. Mario Lanza est né en même temps qu’une douzaine de très grands ténors. Sa voix naturelle innée était parfaitement placée, avec un timbre splendide, un infaillible instinct musical manifestement absent chez la majorité des autres grands ténors. Sa diction parfaite n’était égalée que par Giuseppe Di Stefano. Sa façon de se donner entièrement dans son chant, son phrasé toujours juste et somptueux, des qualités avec lesquelles peu de chanteurs sont nés et que d’autres n’atteindront jamais. Nous ne devons pas oublier aussi que Mario Lanza excellait dans le double registre de la musique classique et de la musique populaire, un résultat bien au dessus du talent exceptionnel de mon père. Mario Lanza était mon ami».

José Carreras : « La voix magnifique de Mario Lanza a enrichi la vie de millions de mélomanes dans le monde nos vies en nous présentant un large éventail de musique classique et populaire ; il a inspiré ma carrière et ma vie. Je lui dois tant! ». A différentes reprises José Carreras a rendu hommage à Mario Lanza, lors de cérémonies et concerts.

Mario Lanza a inspiré la carrière de plusieurs générations de chanteurs. Les 3 ténors disent avoir été inspirés par Mario Lanza et déclarent que si Mario Lanza n’avait pas fait de films, cela aurait été une perte pour les générations suivantes. José Carreras patronne « The Mario Lanza Educational Foundation », dirigée par Elissa Lanza Bregman, fille de Mario Lanza. Elissa Lanza Bregman est également présidente de « The Mario Lanza Society of London ».

Pour le Maestro Peter Herman Adler qui conduisit les enregistrements du film Le grand Caruso: la voix de Mario Lanza était plus belle que celle de Caruso. Cet avis était également partagé par le Maestro Giacomo Spadoni qui coacha Caruso 35 ans plus tôt et Mario Lanza en 1955, pour son film “Serenade”.

Le Maestro Richard Bonynge, directeur de l’opéra de Londres, et sa femme, la soprano Joan Sutherland : « Nous assistions tous les deux au récital que Mario Lanza donna au Royal Albert Hall le 16 janvier 1958. Il chanta sans micro dans une salle de 8 000 personnes pleine à craquer. Nous avons tous les deux été surpris par la dimension de la voix. Nous savions que dans les films la voix était amplifiée et nous ne nous attendions pas à entendre une voix pareille. Nous avons été impressionnés aussi par la musicalité innée de sa voix. Nul doute qu’il aurait pu chanter dans n’importe quelle grande salle d’opéra du monde et qu’il aurait eu une carrière sensationnelle.»

Le fameux ténor suédois Nicolai Gedda qui assistait lui aussi à cette représentation déclara: « c’est la plus grande voix que j’ai jamais entendue». Cette affirmation était partagée par le ténor australien Jon Weaving qui assistait également à cette représentation.

Le 2 avril 1958, de passage à Paris, il déclenche un scandale. Les plus grandes salles parisiennes de concert étant déjà réservées, son agent commercial, Leslie Grade, ne trouva que l’Olympia de disponible (2 000 places seulement).

Bruno Coquatrix et Jean-Michel Boris s’en souviennent : « Mario Lanza nous a fait signer un contrat ruineux (2 800 dollars), nous obligeant à vendre les places au prix exorbitant de 300 et 150 francs, une fortune pour l’époque. Les gens ont fait la queue toute la nuit pour avoir des billets. Le concert commença. La première chanson fut un succès, la deuxième un triomphe… et la dernière un orgasme collectif. Après la cinquième chanson Mario Lanza quitta la scène. Nous l’avons rattrapé pour savoir ce qui n’allait pas. Il nous dit simplement « ma prestation est terminée ». Et le public criait «remboursez». Ce fut le concert le plus court de l’histoire de la salle. Aux journalistes il dira : « Mon cachet n’a même pas couvert mes frais. » Il est vrai que sa note à l’hôtel George V s’élevait pour 3 jours à plus de 1000 dollars et qu’il devait payer, outre les frais de déplacement de quatre personnes (Victor Hochauser, son impresario, Constantine Callinicos, son accompagnateur et Leslie Grade, son agent commercial, tous trois l’accompagnaient dans sa tournée européenne). La prestation de Constantine Callinicos s’élevait à elle seule à 750 dollars.

La vérité est qu’il était épuisé par une longue série de concerts qui touchait à sa fin. Celui de Paris étant l’avant dernier. Sa phlébite le faisait souffrir de plus en plus. Sur scène il n’arrêtait pas de se balancer d’une jambe sur l’autre. Le 13 avril il donne à Kiel, en Allemagne, son dernier concert européen. Constantine Callinicos se souvient : «Sa voix, plus sombre et plus riche que jamais, me donnait le frisson. Jamais il n’avait chanté comme cela !». Néanmoins, son état de santé se détériorait, sa phlébite le faisait toujours souffrir et sa tension artérielle était très élevée. Le médecin consulté à Hambourg, lui ordonna de se soigner efficacement et d’urgence, faute de mourir dans l’année. Il allait mourir l’année suivante.

Le concert de Paris fut la seule fausse note d’une longue série de 21 concerts mémorables à travers toute l’Europe, dont malheureusement, seul, celui d’Albert Hall du 16 janvier 1958 fut enregistré. (Le CD est extraordinaire, Mario Lanza, Live from London, RCA VICTOR BMG SONY).

Pour son dernier film For the first time (La fille de Capri), les extraits d’opéra : Aïda , Paillasse et Otello, furent enregistrés sur la scène de l’Opéra de Rome avec les chœurs et musiciens de l’Opéra. La veille, lors de la préparation des enregistrements, Constantine Callinicos se souvient : « j’entendais les musiciens bavarder entre eux ; l’un disait : « demain nous allons entendre la créature d’Hollywood ». Le lendemain, à la fin du premier enregistrement, c’était la “Marche triomphale d’Aïda”, ils ont crié bravo et se sont levés pour l’applaudir. La voix de Mario couvrait les 160 musiciens et choristes. Stupéfiant ! Puis Ils se sont précipités vers moi : « Maestro, nous ne pensions pas que Mr. Lanza avait une voix pareille. Nous pensions qu’elle avait été fabriquée par des tricheries des ingénieurs des studios d’enregistrement». Les jours suivants ils sont tous venus avec des disques pour les lui faire dédicacer. Cet enregistrement avait été réalisé en présence de Ricardo Vitale, le directeur de l’Opéra qui lui proposa immédiatement de faire l’ouverture de l’Opéra de Rome en 1960.

Clyde Smith : «La technologie d’enregistrement des disques vinyle des années 50/60 reflète mal le volume et l’intensité de la voix de Mario Lanza. Sur ces disques la voix est comprimée à l’extrême pour des raisons de place et les auditeurs ne se doutent pas que la voix qu’ils entendent, même si elle est magnifique, n’est qu’une pâle copie de la réalité».Samy Cahn, qui écrivit les textes de plusieurs célèbres chansons composées par Nick Brodzsky pour Mario Lanza, dont Be My Love le confirme : « Ceux qui n’ont jamais entendu chanter Mario Lanza que par les disques, les cassettes ou au cinéma, ne l’ont jamais entendu ».

Chick Crumpacker, digital producer : « Indéniablement la voix magnifique de Mario Lanza était très difficile à enregistrer sur un disque vinyle. Sa coloration éblouissante, sa formidable puissance et sa cascade de notes et d’harmonies étaient sévèrement maltraitées par la technologie du microsillon des années 50. Grâce au miracle de la technologie actuelle de la numérisation, le dernier CD réalisé par BMG en 2000, I’LL SEE YOU IN MY DREAMS, restitue la voix extraordinaire de Mario Lanza telle qu’elle était, avec l’éclat de toute sa splendeur. »

Clap de fin d’une trop courte vie

Le 7 octobre 1959, peu avant midi, dans une clinique romaine, l’homme qui avait la plus belle voix du monde était terrassé par un arrêt cardiaque, à seulement… 38 ans.

C’est par la radio que ses parents, restés à Hollywood, ont appris la terrible nouvelle. Maria (sa mère) : «  Je me trouvais dans la cuisine lorsque vers 7 heures du matin j’ai ouvert la radio. Ils passaient la chanson « Be My Love », un grand succès de Mario. Puis le disque s’est arrêté et le présentateur a annoncé la mort de mon fils.Aussitôt les voisins qui avaient eux aussi entendu l’information, sont accourus chez moi en criant et pleurant. »

Mario Lanza est mort au moment même où Il s’apprêtait à quitter à la clinique Valle Giulia, dans laquelle il était entré quelques jours plus tôt pour un examen de santé obligatoire avant son nouveau film. Dans les mois qui précédaient il avait eu deux infarctus bénins, et sa tension artérielle était élevée. Sa phlébite ne cessait de le faire souffrir et il venait de contracter une double pneumonie. Cet état de santé gravement dégradé avait conduit les médecins à le garder hospitalisé quelques jours en observation.

Le docteur Giancarlo Stopponni, très ému, se souvient: « Mario Lanza venait à la clinique chaque fois qu’il le jugeait nécessaire pour faire des cures d’amaigrissement. Avec un régime diététique sévère et des cures de sommeil, nous lui faisions perdre 20 ou 30 kilos en un mois. Le matin du 7 octobre il chantait des airs d’opéra probablement pour chauffer sa voix ou pour se distraire. Sa chambre était située au 4ème étage, mais on pouvait l’entendre jusque dans les sous-sols de la clinique. Je ne l’oublierai jamais. »

A 18 heures, le corps du ténor fut transporté de la clinique à la Villa Badoglio (15 pièces – 8 domestiques) qu’il louait depuis son arrivée en Italie deux ans et demi plus tôt pour la somme énorme de 1000 dollars/mois. Durant les deux jours qui suivirent de très nombreuses personnalités et amis vinrent lui rendre un dernier hommage. Le cercueil ouvert était placé au centre du salon.

Des centaines de télégrammes arrivaient du monde entier.

Des funérailles de Chef d’Etat

Mario Lanza eut trois enterrements grandioses. La première cérémonie religieuse eu lieu à Rome le 12 octobre 1959 à l’église Immaculé Cœur de Marie, Piazza Euclide. Dès l’annonce de sa mort, le président de la République italienne mit à la disposition de la famille le carrosse officiel tiré par quatre chevaux noirs. Muni de vitres sur les côtés, le carrosse laissait apercevoir un cercueil de grand luxe surmonté d’ornements baroques. A 10h45, derrière le barrage incessant des flashes des photographes, le cercueil fut sorti de ce Palais porté par des amis, dont les acteurs Rossano Brazzi et Van Jonhson qui se trouvaient à Rome, puis déposé dans le carrosse.

Des milliers d’admirateurs silencieux se pressaient sur les trottoirs durant les 20 minutes qui séparent la villa de l’église. Dans cette foule qui n’a d’yeux que pour le cercueil, on pouvait compter dix femmes pour un homme. Depuis un bistrot on pouvait entendre “Arrivederci Roma ! Good bye ! Au revoir”, la rengaine romaine qu’il avait créée quelques mois plus tôt. Sur le parvis, la police dénombrait plus de 3 000 personnes. A l’intérieur, l’église était bondée. Coïncidence, le prêtre qui célébra la messe de requiem était le même qui, quelques années plus tôt, avait baptisé ses 4 enfants à Los Angeles.

La seconde cérémonie eu lieu le 16 octobre 1959 à l’église Saint Mary Madelen de Pazzi à Philadelphie (sa ville de naissance) où le corps fut transporté. C’est dans cette église que 20 ans plus tôt il avait chanté l’Ave Maria de Gounod (son premier succès). La veille de la cérémonie religieuse, plus de 15 000 personnes défilèrent une partie de la nuit devant le cercueil ouvert au Funérarium Leonetti’s. Le corps du chanteur fut ensuite transporté à Los Angeles sa destination finale.

C’est à l’église du Saint Sacrement de Hollywood que le 21 octobre 1959 eu lieu la dernière cérémonie. Plus de 1 500 personnes assistèrent à la messe de Requiem dont de nombreuses stars et amis. Le corps de Mario Lanza repose aujourd’hui dans la crypte de la chapelle du “Holy Cross Cemetery” à Culver City. Son épouse, Betty, qui décéda 5 mois plus tard, le 11 mars 1960 à l’âge de 36 ans, repose à côté ses côtés.

Alain Fauquier