Rechercher





Ecouter Mario Lanza

Leoncavallo : VESTI LA GIUBBA
Dicitencello Vuie
Verdi: OTELLO "Dio mi potevi"
Na sera e maggio
Serenade de Romberg
Leoncavallo: LA BOHEME
Giordano: ANDREA CHENIER














Emission Arte lirica du 11 juin 2017

mai 27th, 2017 par Alain Fauquier


Affiche CARMEN

 Perle du romantisme français, Carmen, n’a jamais cessé de faire partie des œuvres lyriques les plus populaires et les plus jouées au monde. En créant une musique éblouissante, enivrante, raffinée, fataliste et tragique, Georges Bizet a revêtu la Carmen de Prosper Mérimée d’une robe étincelante et fatale.

Pourtant, la première représentation de Carmen à l’Opéra-comique, le 3 mars 1875, fut un échec historique qui n’eut d’équivalent que le fiasco de La Traviata de Verdi en 1853 et, dans une moindre mesure, l’échec de Faust de Gounod en 1859 et de Madame Butterfly de Puccini le 17 février 1904.  Aujourd’hui les 4 œuvres les plus jouées au monde…

Une fois passé le choc initial qu’elle provoqua, une fois qu’ils eurent surmonté les sentiments d’aversion, de mépris, d’envie ou de suspicion, critiques, musicologues et connaisseurs, en vinrent eux aussi à apprécier l’habileté musicale et dramatique, la pénétration psychologique et la pure vitalité humaine et artistique de l’œuvre de Bizet.

Carmen est un opéra-comique, c’est-à-dire un opéra dans lequel les parties chantées alternent avec les dialogues. Pour respecter le temps qui nous est imparti nous n’écouterons que les airs les plus marquants de cette œuvre qui dure 2h40.

L’action de Carmen se déroule dans l’Espagne du XIXème siècle, à Séville, au cœur de la torride Andalousie. Carmen est une gitane sensuelle au tempérament de feu. Elle va séduire et détruire Don José, le caporal des Dragons qui en tombera éperdument amoureux. La passion de Carmen pour Don José sera de courte durée. Volage et capricieuse, Carmen le laissera tomber pour le toréro Escamillo. Dans un accès de désespoir, Don José la poignardera à la porte des arènes au moment où elle s’apprêtait à rejoindre son nouvel amant.

Le prélude est l’un des plus célèbres de l’histoire de la musique : c’est un presto giocoso débordant, au rythme joyeux et bondissant, correspondant au motif de la corrida. Il est immédiatement suivi par une section menaçante et inquiétante qui marque le thème du destin funeste. Ce sombre Andante moderato sera joué aux moments clefs de l’opéra et résonnera à toute volée à la fin du duo final.

Au 1er acte, le rideau s’ouvre sur une place à Séville, avec d’un côté la caserne des Dragons, et de l’autre la fabrique de tabac où travaille Carmen. La cloche sonne, c’est la pause pour les cigarières qui se rendent sur la place. Don José, fiancé à la jeune Michaela, est apostrophé par Carmen qui lui chante, sur le rythme d’une Habanera, un air dans lequel elle expose sa philosophie de l’amour. Puis elle extrait une fleur de son corsage et la jette aux pieds de Don José pour lui signifier qu’elle le choisit.

Les librettistes, Henri Meilhac et Ludovic Halévy, ont construit une scène admirable et le compositeur a su en tirer partie. La Habanera caractérise d’entrée le personnage de Carmen : une gitane passionnée mais volage, aimant impulsivement, mais se lassant tout aussi vite. Elle représente le fatalisme qui joue avec la mort.

.Micaëla, la fiancée de Don José, lui apporte une lettre de sa mère. Il s’en suit un duo charmant interprété par Plàcido Domingo et la soprano roumaine Ileana Cotrubas.

Don José est chargé de conduire Carmen en prison car elle a blessé d’un coup de couteau une cigarière. Pendant qu’il la surveille, Carmen l’embobine en lui chantant des chansons dont une danse andalouse, une séguedille : « Sous les remparts de séville » et, il finit par la libérer. On écoute cette séguedille par la mezzo grecque Agnès Baltsa. C’est José Carreras qui lui donne la réplique.

L’acte II se déroule dans la taverne de Lillas Pastia, repaire notoire de contrebandiers. Accompagnée de deux autres bohémiennes, Frasquita et Mercedes, Carmen danse et chante « Les tringles des sistres tintaient ». Elle fait crépiter ses castagnettes et la danse devient de plus en plus rapide et violente. C’est la mezzo lettone Elina Garanca qui chante cette très belle mélodie, aussi appelée « Chanson bohème ».

On entend des exclamations, des « Vivat, vivat le torero ! » qui viennent de l’extérieur de la taverne. C’est le célèbre torero Escamillo, triomphateur aux dernières courses de Grenade qui arrive.

Il entre dans la taverne et chante  les fameux « couplets du toréador » devant Carmen fascinée à qui il fait des avances. C’est le baryton belge José van Dam qui chante cet air célèbre.

Don José après avoir été emprisonné pour avoir laissé Carmen s’échapper, est finalement libéré. Carmen lui reproche de placer son devoir au-dessus de son amour pour elle. Pour lui prouver sa passion, il lui montre la fleur qu’elle lui avait lancée lors de leur première rencontre et qu’il a amoureusement conservée sur sa poitrine. Puis, pour lui prouver son amour et sa passion, il lui chante « La fleur que tu m’avais jetée ». Cet air est, très célèbre lui aussi, est  interprété par Mario Lanza.

L’acte III se déroule dans la montagne où Don José a finalement rejoint Carmen dans le repaire des contrebandiers, seule façon pour lui de rester auprès d’elle. La passion de Carmen pour Don José a été de courte durée. Carmen se révèle volage et capricieuse. Don José qui l’aime follement est devenu jaloux, Escamillo étant désormais son rival. Carmen le pousse à la quitter car sa jalousie l’étouffe, elle a besoin de se sentir libre. Il la menace de mort.

Le chœur d’ouverture de l’acte III a un rythme particulièrement attrayant ; le trio des cartes « Mêlons, coupons ! » est l’un des plus brillants passages de la partition, interrompu par le fantastique monologue de Carmen : « En vain pour éviter » ; la romance de Michaela qui vient chercher Don José : « Je dis que rien ne m’épouvante », est exquise.

L’acte IV se déroule à Séville devant l’entrée des arènes. La place est très animée car c’est le jour de la corrida. Carmen, qui a rompu avec Don José, déclare à Escamillo qui s’apprête à entrer dans les arènes que s’il triomphe elle sera à lui. Fou de jalousie et de désespoir, Don José menace une dernière fois Carmen avant de la poignarder en plein coeur.

On écoute pour terminer, par l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Berlin dirigés par Otmar Suitner, une marche éblouissante, construite avec précision et savamment orchestrée par Bizet : « Les voici, les voici, voici la quadrille » qui accompagne le défilé des toreros et de leur quadrille qui entrent dans l’arène.

Insertions musicales :

Prélude :
Metropolitan Orchestra, direction: James Levine, 

La Habanera :
Giulietta Simionato
Orchestre de l’Académie Sainte Cécile,
direction: Fernando Previtali, 1956

Ma mère je la vois :
Plàcido Domingo et Ileana Cotrubas
London Symphony Orchestra,
direction Claudio Abbado, 1977

La Séguedille :
Agnès Baltsa et José Carreras
Chœur de l’Opéra de Paris : Jean Laforge
Orchestre Philharmonique de Berlin,
direction: Herbert von Karajan, 1983

Les tringles des sistres tintaient :
Elina Garanca
Orchestre National Symphonique de la RAI,
direction: Karel Mark Chichon, 2010

Couplets du toréador :
José van Dam
Chœur de l’Opéra de Paris : Jean Laforge
Orchestre Philharmonique de Berlin,
direction: Herbert von Karajan, 1983

La fleur que tu m’avais jetée :
Mario Lanza
RCA Victor Orchestra, direction: Constantine Callinicos, 1950

Les voici, les voici, voici la quadrille :
Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Berlin
direction: Otmar Suitner, 2012

L’Amour est enfant de bohème :
Elina Garanca
Orchestre National Symphonique de la RAI,
direction: Karel Mark Chichon, 2010

 

Catégorie Accueil / Home, Evénements, On a fait | Pas de commentaires »

Emission Arte lirica du 14 mai 2017

mai 12th, 2017 par Alain Fauquier


 

Affiche Gedda

Nous rendons hommage aujourd’hui à un artiste d’exception en la personne du grand ténor suédois Nicolaï Geddï, disparu le 8 janvier 2017 à l’âge de 91 ans. Selon sa fille, la soprano Tania Gedda, Nicolai Gedda est mort d’un arrêt cardiaque alors qu’il se trouvait dans sa résidence secondaire suisse de Tolochenaz, une charmante commune située au bord du lac Léman dans le canton de Vaud près de Lausanne.

Pendant de nombreuses années Nicolaï Gedda a eu pour voisins, à Tolochenaz, deux célébrités : l’adorable star britannique Audrey Hepburn (Vacances romaines, My Fair Lady, Charade, Le vent de la plaine… ), ambassadrice de l’UNICEF, décédée en 1993 et enterrée au cimetière de Tolochenaz, et son grand ami, qui fut son partenaire sur les scènes d’opéra, le baryton-basse américano-canadien George London, célèbre notamment pour son interprétation impressionnante de Méphisto dans le Faust de Gounod, décédé en 1985 à New-York. Ami intime et fidèle de Mario Lanza, ils débutèrent ensemble leur carrière en 1947 avec le Bel Canto Trio sous l’égide des Concerts Columbia.

Doté d’une voix de ténor léger à l’étendue phénoménale pouvant monter jusqu’au contre-ré (note rarement atteinte par un ténor), Nicolaï Gedda possédait en outre une stupéfiante maîtrise du chant et un sens infaillible du style musical qui lui permettait de passer avec une facilité déconcertantes de Gluck à Rameau, de Mozart à Beethoven, de l’opéra russe à l’opéra italien ou français. Avec autant de qualités, Nicolaï Gedda semble n’avoir jamais su quelle sorte de ténor il était, tant il s’est essayé avec bonheur à pratiquement tous les répertoires.

A l’exception des catégories pour lesquelles il n’était pas physiquement taillé, à savoir le ténor italien di forza et le Heldentenor (ténor héroïque) allemand, Nicolaï Gedda fut probablement le seul chanteur du XXème siècle à s’être spécialisé dans tout.

Son don exceptionnel pour les langues n’a jamais cessé d’étonner et tient du prodige. Nicolaï Gedda parlait en effet couramment, et sans accent étranger, une douzaine de langues dont le russe, l’allemand, l’anglais, l’italien, le portugais, l’espagnol, le grec, l’hébreu, le latin, le norvégien, le néerlandais, le danois et le français qu’il chantait dans notre langue à la perfection.

On l’écoute chanter, en russe, l’air d’Hermann extrait du 3ème acte de la Dame de Pique de Tchaikovsky : « Qu’est notre vie ? Un jeu ! ».

Son très vaste répertoire comprenait non seulement un nombre impressionnant d’oratorios, de cantates, de messes et d’opérettes mais aussi et surtout une cinquantaine d’opéras dont la diversité dans différentes langues laisse pantois.

Après son premier enregistrement réalisé pour EMI au cours de l’été 1952, il enregistre dans les années 1950-1960 rien moins que La Bohème et Madame Butterfly (Puccini), Manon et Werther (Massenet), Eugène Onéguine (Tchaikovsky), Orphée (Glück), un grand nombre de Mozart, tous les grands Verdi, I Puritani (Bellini), Carmen et Les Pêcheurs de Perles (Bizet), La Chauve-souris (Johann Strauss), Capriccio (Richard Strauss), Boris Godounov (Moussorgski), Guerre et Paix (Prokofiev), Le Barbier de Séville (Rossini), Candide (Bernstein), ainsi que tout Berlioz et de nombreuses œuvres contemporaines. En 2003, à 78 ans, il enregistrait encore Idoménée.

On aurait pu penser qu’un tel éclectisme l’aurait condamné à ne dominer aucun rôle. Mais Nicolaï Gedda a toujours défié les prévisions et il a prouvé qu’il était un expert dans tout ce à quoi il touchait.

S’il ne fût pas toujours convaincant dans le répertoire romantique italien, sa voix superbe et son instinct dramatique très sûr, firent de lui un interprète idéal pour certains rôles comme celui du duc de Mantoue de Rigoletto dans lequel il triompha à Munich en 1966.

De Rigoletto on l’écoute chanter « La donna è mobile »

Nicolaï Gedda s’est révélé un mozartien hors pair et a chanté les opéras de Berlioz comme aucun autre ténor de sa génération, ainsi que l’attestent les enregistrements qu’il a réalisés sous la direction de Colin Davis en 1970 et qui demeurent des fleurons de l’histoire du disque.

Dans ses meilleurs moments, Nicolai Gedda, surnommé « The Knight of the High C » (Le Chevalier du do aigu ou contre-ut) atteignait des sommets de virtuosité, comme le prouve son interprétation époustouflante du Postillon de Longjumeau d’Adolphe Adam.

Lorsque son tempérament s’accordait avec la partition, comme le Palestrina de Pfitzner, il était capable d’une rare profondeur d’interprétation.

Du premier acte de Manon Lescaut de Puccini on écoute Nicolai Gedda chanter en italien le mélodieux air de Des Grieux : « Donna non vidi mai » (Je n’ai jamais vu de femme si belle).

Nicolaï Gedda a triomphé sur les plus grandes scènes d’opéra du monde : Opéra Royal de Stockholm, Covent Garden, Palais Garnier, Scala de Milan, le Bolchoï, le Metropolitan Opera où il débuta en 1957 et où il chanta 350 fois entre 1957 et 1983, …

Il a eu pour partenaires les plus grandes célébrités de son époque, comme Elisabeth Schwarzkopf, Anneliese Rothenberger, Christa Ludwig, Victoria de Los Angeles, George London, Mirella Freni, Boris Cristoff, Beverly Sills, Birgitta Svenden, Robert Merrill, Maria Callas, Mady Mesplé et tant d’autres… Il a chanté sous la direction des chefs les plus prestigieux : Herbert von Karajan, Otto Klemperer, Georges Prêtre, André Cluytens

Extrait d’une autre Manon, celle de Jules Massenet, une version antérieure de neuf ans à celui de Puccini, on écoute Nicolaï Gedda, chanter, en français, l’air du 3ème acte de Des Grieux : « Ah ! Fuyez douce image »

Partout où il passait, la critique était dithyrambique. Sa compatriote, la célèbre soprano wagnérienne Birgit Nilsson, décédée en 2005, disait : « Nicolaï Gedda est  incontestablement le ténor le plus musicien, le plus polyvalent, le plus subtil et le plus nuancé qu’il m’ait été donné de côtoyer, voire que le monde lyrique ait même jamais connu. »

Luciano Pavarotti se plaisait à répéter : « Il n’y a pas de ténor vivant qui ait une aussi grande facilité dans le registre aigu que Gedda. »

Du premier acte de Tosca de Puccini on écoute l’air de Cavaradossi : « Recondita armonia » (Etrange harmonie de contrastes magnifiques)

Nicolaï Gedda est né le 11 juillet 1925 à Stockholm sous le nom de Nicolaj Ustinov. Abandonné à sa naissance par ses parents biologiques (mère suédoise et père russe) qui étaient dans la plus grande précarité, il est recueilli, pour lui éviter l’orphelinat, par sa tante maternelle Olga Gädda et son futur époux Mihail Ustinov dont il prendra le nom. Mihail Ustinov était apparenté au célèbre acteur britannique Peter Ustinov décédé en 2004.

C’est Mihail Ustinov, chef de chorale d’une église orthodoxe, qui donne au jeune Nicolai ses premières leçons de chant. Employé de banque il fait part un jour à l’un de ses clients fortunés de son ambition de devenir chanteur professionnel. Celui-ci lui finance des études de chant avec le ténor wagnérien Martin Oehmann qui avait découvert Jussi Bjoerling.

Après avoir peaufiné sa technique et son art à l’Académie Royale de Musique de Suède, Nicolaï Gedda fait ses débuts sur scène le 8 avril 1952 à l’Opéra Royal de Stockholm dans le rôle de Chapelou du Postillon de Longjumeau d’Adolphe Adam qu’il chante en suédois.

Extrait du 4ème acte de Mireille de Charles Gounod, on écoute l’air célèbre de Vincent : « Anges du paradis »

Dans une autobiographie rédigée en anglais : « Nicolaï Gedda, my life and art » (Ma vie et mon art) il considère que ses deux mariages – le premier avec la pianiste franco-russe Nadia Sapounoff Nova, décédée en 2016 et mère de sa fille Tania Gedda, elle-même cantatrice et professeur de chant, et le second avec Anastasia Caraviotis, d’origine grecque décédée en 2007 et mère de son deuxième enfant Dimitri,– se sont soldés par un « désastre » affectif et financier.

En 1977 il rencontre Aino Sellemark qui l’aidera à rédiger son autobiographie et qui deviendra sa troisième épouse en 1997.

Dans sa biographie Nicolaï Gedda révèle souffrir de fréquents accès de dépression et dévoile combien un trac incontrôlé transforme chacune de ses prestations en un calvaire dont il s’efforce de ne rien laisser transparaitre.

Ce trac qui accompagne et perturbe souvent la vie des grands artistes, n’est pas sans nous rappeler celui dont souffraient deux autres grandes personnalités du chant, Franco Corelli et Rosa Ponselle à qui nous avons rendu hommage en 2014 et 2015.

De l’opérette Paganini composée en 1926 par Franz Lehar pour le grand ténor autrichien Richard Tauber, on écoute, extrait du deuxième acte : « Girls were made for love and kiss » enregistré par Nicolaï Gedda en 1977.

Avec Nicolaï Gedda disparait l’un des ténors les plus marquants du XXème siècle. Un artiste d’exception, doté d’une voix d’une impressionnante musicalité et d’une maitrise exemplaire de la nuance et des subtilités du phrasé.

Nicolaï Gedda était non seulement un grand chanteur mais il était aussi un travailleur acharné. Il suffit pour s’en convaincre d’imaginer ce que peut  représenter en journées de travail l’étude d’autant de partitions.

Nicolaï Gedda peut effectivement se prévaloir du record mondial du nombre d’enregistrements réalisés (environ 200 en studio et en live), toutes catégories confondues. C’est extraordinaire !

Il a aussi donné de nombreux récitals et concerts dont plusieurs avec sa fille Tania Gedda, concerts que l’on peut voir et entendre sur Youtube.

Honoré par de nombreuses distinctions il a reçu en 2010 la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur.

Pour terminer ce trop court hommage on l’écoute chanter en italien l’air de Riccardo extrait du premier acte de Un Ballo in maschera de Verdi : « Di’ tu se fedele »

 

Catégorie Accueil / Home, Evénements, Hommages, On a fait | Pas de commentaires »

Emission Arte lirica du 23 avril 2017

avril 19th, 2017 par Alain Fauquier


 

 Affiche opera veriste portrait

 Le vérisme (ou verismo) est un mouvement intellectuel de la fin du 19ème siècle en Europe, qui a touché la littérature et l’opéra, tant en France qu’en Italie.

L’idée principale est de choisir comme héros des personnages de la vie ordinaire et non pas des dieux mythologiques ou des rois et des empereurs, plutôt des paysans ou des villageois ou des « bourgeois » que de prétendus êtres supérieurs ou de légende.

En littérature, on trouvera le phénomène littéraire du naturalisme, avec Zola, Maupassant, et leur précurseur sur ce terrain, Balzac : description précise de la vie et de la psychologie de personnes vraies, si l’on peut dire, phénomène de réalisme culturel qu’on retrouve aussi en Angleterre et en Russie.

En Italie, le grand homme c’est Giovanni Verga qui prônait ce mouvement d’hommage « aux vaincus de la terre » (Ai vinti dalla terra »), aux vraies valeurs, simples et « rustiques », au travail, au coutumes anciennes, à l’honneur, qui souvent mène à la vengeance et à la mort etc…, qui sont les deux ingrédients principaux de l’opéra, qu’ils s’agisse des dieux ou de ce qu’il est convenu d’appeler les « grands de ce monde » ou « les petites gens »…

A l’opéra, c’est l’Italie qui a pris la tête du mouvement avec des compositeurs qui, pour n’avoir pas la stature de Verdi ou de Wagner, sont d’excellents musiciens, aux opéras connus et joués régulièrement à travers le monde : qu’on songe à Pagliacci (drame de la jalousie dans une troupe de comédiens ambulants), Cavalleria Rusticana, (drame de la jalousie dans un village) ou même à certains opéras de Puccini et leurs personnages « bourgeois », comme la Traviata et les personnages « réels » qui l’entourent ou ceux de la Bohème, un poète, une petite ouvrière ou brodeuse, une aubergiste etc… : les noms eux-mêmes, le plus souvent des prénoms, sont ceux de la vie de tous les jours, Mimi, Musette, Rodolfo, Colline, Nedda, Santuzza, Canio, Silvio, Alfredo (Germont)…

Ces compositeurs célèbres sont Ruggero Leoncavallo (1892- Pagliacci), Pietro Mascagni (1890) Cavalleria Rusticana) et, bien que n’étant pas seulement classables comme compositeur « vériste », Puccini lui-même.

Commençons notre écoute musicale par le véritable « Manifeste » du vérisme qui ouvre I Pagliacci : c’est le fameux « PROLOGUE » où le baryton se présente au public et lui expose que le spectacle mettra en scène des êtres de chair et de sang, comme l’auteur lui-même, et des sentiments qui sont ceux de la nature humaine.

Le PROLOGUE commence par « Si puo ? Si puo ? »

« poique siam uomini di sangue et d’ossa »

« E que di quest’orfano mondo

« Al pari di voi, spiriamo l’aere »,

« parce que nous sommes des hommes de chair et de sang

« et que, de ce monde orphelin,

« tout comme vous nous respirons l’air » !

Sachons que le livret est de Leoncavallo lui-même, qui était l’auteur de tous ses livrets sauf un opéra posthume dont la composition complète lui est d’ailleurs discutée.

Il a aussi collaboré au livret de Manon Lescaut, de Puccini.

Leoncavallo avait une belle plume et avait fait des études de lettres à l’université de Bologne où il avait eu pour professeur Giosué Carducci, un des plus grand poètes italiens du 19ème siècle.

Il a aussi écrit pour Caruso, premier interprète de Pagliacci, la fameuse chanson « « Mattinata » si aimée des ténors.

Revenons au Prologue de Pagliacci : c’est une introduction originale et magnifique,  texte et musique.

En effet, le Prologue se présente comme une personne: « Je suis le Prologue » : « Io sono il Prologo » « Si puo ? Si puo ? » nous est chanté par le grand Sherill Milnes, grand baryton américain.

Cet enregistrement réunissait Placido Domingo, Montserrat Caballé, MIlnes et Barry Bac Daniel, autre baryton

Poursuivons avec Paillasse et le grand air de cet opera, celui  où Canio, le héros interprété par le ténor, prend la résolution de se venger d’avoir été trompé par sa femme Nedda, qui interprète Colombine dans leur petite troupe de comédiens de « Commedia de’ll Arte », cependant que lui-même joue le Pierrot (« Pagliaccio »).

Mais Canio nous explique qu’il ne veut plus être le Pierrot de la Comédie italienne, à qui on vole sa Colombine et qui reçoit des coups de bâton pendant que le public rit ! Avec lui, ça ne se passera pas comme ça ! il l’a déjà dit dans le premier air, plein de menace et qui installe tout le drame :

Cet air annonce en quelque sorte tout le programme de l’opéra, qui finira mal puisqu’il va poignarder sa femme Nedda (Colombine) et Arlequin-Silvio, qui lui vole sa femme !

Écoutons Jussi Bjorling chanter sa menace :« Un tal gioco credete mi….”

Mais dans le grand air de « Pagliacci », il a pris sa résolution : « Recitar ! … Vesti le giubba » (Agir !!!) : l’aria qui a fait la fortune de Mario Lanza !

Et malgré le meurtre avec préméditation qui se prépare, on souffre pour « Canio-Pagliaccio » dont le cœur est brisé et dont la jalousie a empoisonné le cœur : « Ridi del duol che t’avelenna il cuore », « Ris de la douleur qui t’empoisonne le cœur » !

Et Mario Lanza est bouleversant, comme homme trompé qui rit et pleure à la fois !

Et après avoir tué sa femme et son amant devant les yeux du public de son propre spectacle, il tire le rideau et conclut : « É finita la commedia ! »

Passons à l’autre fameux opéra vériste, : Cavalleria Rusticana, qu’on pourrait traduite par «Chevalerie paysanne »: la « chevalerie » ou le « sens de l’honneur », existe partout et dans tous les milieux, c’est la signification de cet opéra, mais là, en, Sicile, il finit dans le sang…

Cavalleria Rusticana est, comme Pagliacci, un opéra en un acte unique et habituellement les mêmes chanteurs interprètent les deux opéras à la suite, après l’entracte depuis que la tradition en a été instaurée au Metropolitan Opera de New York, en 1895, car les deux opéras ne faisaient que deux actes à eux deux.

Cet opéra est de Pietro Mascagni (1863-1945), auteur d’un autre très grand succès d’opéra, l’Amico Fritz (l’Ami Fritz) d’après le roman d’Erckmann et Chatrian, opéra où s’illustra Tito Schipa et au total de 15 opéras et d’œuvres instrumentales.

Cavalleria Rusticana fut même dirigé par Gustav Mahler à Budapest, ses œuvres instrumentales eurent un grand succès, et il eut une très belle carrière de son vivant (il est mort en 1945, quelques jours avant la victoire des Alliés sur le nazisme).

Revenons à Cavalleria : Nous sommes en Sicile, le héros, Turridu est aimé de Santuzza (qu’il appelle aussi Santa), mais au retour de l’armée il retrouve son ancienne fiancée, Lola, mariée au charretier Alfio. Leur liaison reprend, aux dépens d’Alfio, le mari, et de Santuzza, la fiancée, jeune femme désespérée, qui se confie à Mamma Lucia, mère de Turridu.

Puis après une dispute avec Turridu, elle le dénonce à Alfio et le regrette immédiatement, car elle connaît l’issue : l’honneur du mari trompé se lave dans le sang et de fait, et pour résumer, les deux hommes vont se battre en duel mais ils s’embrassent d’abord selon la coutume. Ce baiser (baiser de la mort ?) a lieu dans l’auberge de Mamma Lucia après une chanson à boire.

Avant le duel, Turridu fait jurer à sa mère que s’il ne revenait pas du duel, elle se considère comme la mère de Santuzza (Santa) à qui il avait juré de « la conduire à l’autel » et c’est le grand air de cet opéra : « Mamma, quel vino e generoso… ».

Cet air est un régal pour un ténor en raison de l’émotion de la situation et de la prière que Turridu fait à sa mère : il lui demande de le bénir « comme ce jour où il est parti soldat » et qu’elle lui promette d’être une « une mère pour Santa » « si io non tornasi », si je ne devais pas revenir ».

Puis l’orchestre joue le fameux INTERMEZZO de Cavalleria Rusticana, quelques minutes magnifiques et graves, passage aussi connu que le grand air, sinon plus.

Catégorie Accueil / Home, Evénements, On a fait | Pas de commentaires »

Emission Arte lirica du 19 mars 2017

février 15th, 2017 par Alain Fauquier


Affi.Traviata-portrait

La Traviata est sans doute l’œuvre la plus populaire et la plus universellement représentées, toujours à l’affiche partout dans le monde, dans les opéras et les festivals. C’est l’opéra le plus accessible de Verdi et peut-être même de tout le théâtre lyrique. Aussi, on a peine à croire aujourd’hui que lors de sa création à La Fenice le 6 mars 1853, La Traviata connut un échec retentissant qui n’aura d’équivalent que le fiasco de Carmen de Bizet en 1875.

Tiré de la pièce d’Alexandre Dumas fils, La Dame au Camélia, l’histoire de La Traviata se déroule à Paris, sous le Second Empire, aux alentours de 1850. La courtisane Violetta Valéry aime et est aimée d’Alfredo Germont. Mais le père du jeune homme va la convaincre de mettre un terme à cette liaison qui déshonore leur famille. Elle décide de se sacrifier au nom de son amour, avant de mourir dans les bras de son amant, rongée par la tuberculose. C’est donc l’histoire d’un amour bouleversant et purificateur. On écoute Montserrat Caballé dans un extrait du grand air de Violetta du premier acte : « Sempre libera » (c’est pour lui que mon âme).

L’héroïne de La Traviata a réellement existé. Il s’agit d’Alphonsine Plessis, fille d’un colporteur de l’Orne, qui allait devenir à 16 ans l’une des plus illustres courtisanes du 19e. Cette jolie fille arrive à Paris à 14 ans et elle subvient vite à ses besoins en monnayant chèrement ses charmes. Elle ne va pas tarder à devenir la reine des nuits parisiennes et se rebaptise Marie Duplessis, ça sonne mieux.

Elle rencontre Alexandre Dumas fils avec qui elle va vivre une passion ; mais Marie est malade depuis plusieurs années : elle est rongée par la tuberculose et elle mourra à 23 ans à peine, ruinée et endettée. Marie est enterrée à Paris, au cimetière Montmartre. A sa mort elle entre dans l’histoire mais Dumas fils va très vite la faire entrer dans la légende. Marie Duplessis devient Marguerite Gautier qui va devenir Violetta Valéry.

Verdi se passionne pour cette histoire qui connaît un succès prodigieux et fait scandale. Dans sa Traviata Verdi ne dénonce pas, ne condamne pas : il observe. Violetta veut simplement être aimée : sa fragilité, son amour fou, sa quête d’absolu rappellent les élans du romantisme, quant à ses doutes et à sa lucidité, ils sont résolument modernes.

Violetta est une femme moderne, c’est même l’une des figures de femme les plus adultes de tout le répertoire lyrique. C’est une femme blessée et lucide qui va trouver sa rédemption dans l’amour et la mort. A ce propos je cite Dumas fils : « pour la femme à qui l’éducation n’a pas enseigné le bien, Dieu ouvre presque toujours deux sentiers qui l’y ramènent […] la douleur et l’amour ».

Violetta va suivre ces deux sentiers : l’amour d’abord, celui sincère d’Alfredo, la douleur ensuite quand au 2e acte le père de ce dernier vient lui demander de se sacrifier.

Nous vous proposons justement d’écouter un extrait du célèbre duo « Ah ! Dite alla giovine » entre Violetta et Germont-père au 2e acte. C’est le pivot du drame où le père d’Alfredo vient justement demander à Violetta de se sacrifier pour que son fils puisse épouser une femme de bonne famille.

Le désir de changer de vie de Violetta fait d’elle un élément perturbateur qu’il faut éliminer, mais par amour elle va accepter ce sacrifice: entrée « dévoyée » au 1er acte, elle sort en martyr au dernier. Verdi est un grand dramaturge, on peut même dire que c’est le Shakespeare italien : il pense musique et en même temps il pense théâtre. La Traviata est l’aboutissement de toutes ses recherches passées et le point de départ d’une nouvelle esthétique.

Verdi ne va pas se contenter de ne retenir que l’intrigue, il va approfondir ce qui fait la nouveauté de la pièce et accentuer son côté passionné. A propos de passion, écoutons Nicolai Gedda chanter sa joie de vivre « quasi in ciel » auprès de sa chère Violetta, dans le très enlevé « Dei miei bollenti spiriti ».

Non seulement Verdi ose mettre en scène un sujet de son époque mais en plus il s’agit d’un pur drame bourgeois, loin des grands péplums héroïques auxquels le public était habitué. C’est une révolution dans le monde de l’opéra.

Le dernier acte de Traviata confirme le triomphe de cette nouvelle manière de Verdi, née avec Luisa Miller et dans laquelle l’analyse psychologique prend le pas, avec le drame et l’émotion profonde, sur la violence. Il faut souligner que c’est d’ailleurs le seul opéra tragique de Verdi dans lequel la violence ne joue aucun rôle.

Nous vous proposons d’écouter Maria Callas qui a été la Traviata du siècle, dans l’ « Addio del passato », un des airs les plus émouvants qui soient, au moment où Violetta évoque un passé heureux auquel elle dit adieu à tout jamais.

Avec La Traviata, Verdi fait un constat social sans concession. Il n’a jamais traité aussi directement les problèmes sociaux et moraux de son époque lorsqu’il a composé Luisa Miller, Stifelio et La Traviata. Et avec elle on va donner pour la première fois le beau rôle à une « cocotte », à une « traviata » c’est à dire une dévoyée, une corrompue, une femme qui s’est écartée du droit chemin et qui est d’autant plus scandaleuse qu’elle est censée être contemporaine des spectateurs.

A peine plus d’un an après avoir sombré à la Fenice, mythique théâtre de Venise, c’est la revanche, toujours à Venise mais au San Benedetto. Nous sommes le 6 mai 1854, et cette fois, c’est un triomphe incontestable. Le public est versatile et Verdi le savait aussi : il ne s’exaltait jamais d’un succès ni ne se désolait d’un échec.

Cette fois la presse et le public acclament le chef d’œuvre qui après Rigoletto et Le Trouvère conclut en beauté une trilogie écrite en seulement deux ans, entre 1851 et 1853. Ecoutons le très joyeux chœur des Zingarelle.

Sans doute avait-il eu le temps à la fois de s’accoutumer à un style si nouveau et de mesurer leur ingratitude envers l’une de ses plus grandes idoles. Et il faut dire que l’orchestre avait fini par mieux comprendre la musique et que la reprise avait – enfin – bénéficié d’interprètes hors pair.

On écoute pour terminer, le dernier duo de l’acte 3. C’est le moment où Alfredo et Violetta sont dans les bras l’un de l’autre : ils oublient la mort qui menace Violetta. Ils vont quitter Paris pour se retirer dans un lieu calme où plus rien ne pourra les séparer : « Mia Violetta… Parigi, o cara, noi lasceremo » (Nous quitterons Paris, ô ma bien aimée.)

 Nous vous proposons un enregistrement rare réalisé par Mario Lanza et la soprano canadienne Frances Yeend lors d’un concert triomphal au Hollywood Bowl de Los Angeles le 27 août 1947. Le Hollywood Bowl orchestra est dirigé par le grand maestro de Philadelphie Eugene Ormandy. Le lendemain de ce concert Mario Lanza sera engagé par la MGM pour chanter l’opéra au cinéma avec un immense succès.

 Extrait musicaux:

 Sempre libera : Montserrat Caballé
Ah ! Dite alla giovine : Renata Scotto & Renato Bruson
Dei miei bollenti spiriti : Nicolai Gedda
Addio del passato : Maria Callas
Chœur des Zingarelle
Mia Violette… Parigi, o cara : Mario Lanza & Frances Yeend
Libiamo ne’lieti calici :Renata Scotto & Alfredo Kraus

Catégorie Accueil / Home, Evénements, On a fait | Pas de commentaires »

Emission Arte lirica du 29 Janvier 2017

janvier 29th, 2017 par Alain Fauquier


Affi.Voix d'hier-portrait

« Voix d’opéra d’hier et d’aujourd’hui »

Pour commencer cette émission nous avons choisi de vous faire écouter un chœur : le magnifique et célèbre chœur des forgerons, appelé aussi « chœur de l’enclume », du début du 2ème acte du Trouvère de Verdi.

Dans le camp des gitans, les forgerons frappent l’enclume au rythme de la musique qui est typiquement verdienne, à la fois vive et grandiose. Cet air de l’enclume est interprété ici par le chœur et l’orchestre de la Scala de Milan dirigés par Riccardo Muti.

Nous allons entendre la grande basse bulgare Boris Cristoff qui fut l’une des plus grandes basses du 20ème siècle et qui était aussi, pour la petite histoire, le beau-frère du grand baryton italien Tito Gobbi.

Extrait du 2ème acte des Vêpres siciliennes de Verdi, Boris Cristoff chante « O tu Palermo ». Un vibrant récitatif dans lequel Procida, le chef des patriotes siciliens, salue sa chère patrie. Une aria qui est devenue le passage le plus célèbre de l’opéra.
Le Philharmonia Orchestra est dirigé par Wilhem Schüchter.

A la fin du 1er acte de La Traviata de Verdi, après le départ d’Alfredo et des autres invités, Violetta songeuse avoue que pour la première fois son cœur est touché : « Ah, fors’è lui che l’anima » (c’est pour lui que mon âme).

Puis soudain, comme s’il ne pouvait y avoir d’amour durable pour une femme comme elle, elle change de ton et se lance dans le brillant « Sempre libera » (Toujours libre) que nous allons entendre par la divine Maria Callas. Une grande prouesse vocale et un grand moment d’émotion.

Dehors, la voix d’Alfredo chante le refrain : « Di quell’amor ». C’est le grand ténor espagnol Alfredo Kraus à qui nous avons consacré une émission en février 2016 qui lui donne la réplique. L’orchestre du Teatro Sao Carlos de Lisbonne est dirigé par Franco Ghione.

On écoute maintenant, extrait de Faust de Charles Gounod, le brillant et célèbre air des bijoux : « Ô Dieu ! Que de bijoux ! » que chante Marguerite au 3ème acte. C’est l’un des airs les plus éclatants du répertoire se soprano coloratur.

Cet air est interprété par la belle et très talentueuse soprano roumaine Angela Gheoghiu, devenue star internationale de l’art lyrique en 1994 à l’issue de sa prestation triomphale de La Traviata à Covent Garden. Spectacle retransmis en direct à la télévision.

Elle est accompagnée par le Royal Philharmonic Orchestra dirigé par Marco Armiliato.

Monserrat Caballe est l’une des plus grandes Divas du 20ème siècle. Surnommée « la superba » en raison de sa voix magnifique et de ses remarquables interprétations du répertoire belcantistes et lyrico-dramatique, cette immense cantatrice espagnole est aujourd’hui âgée de 83 ans.

On écoute Monserrat Caballé dans l’air du 2ème acte de Madame Butterfly de Puccini, le fameux «  Un Bel di Vedremo » (Un beau jour nous verrons).

Dans cette aria, Butterfly évoque avec entrain la joie qu’elle aura lorsqu’elle et Pinkerton se reverront. L’Orcherstre philharmonique de Strasbourg est dirigé par Alain Lombard.

Par Robert Alagna, qu’on ne présente plus, nous allons entendre le magnifique et très populaire aria : « Traduire… Pourquoi me réveiller au souffle du printemps » du 3ème acte de Werther de Jules Massenet. Une aria dans laquelle Werther chante l’histoire d’un amour tragique contée dans le livre qu’il vient d’ouvrir.

On peut dire de Roberto Alagna qu’il y a bien longtemps qu’un ténor français n’avait pas réalisé une aussi longue et aussi complète carrière. Non seulement il a pratiquement tout chanté, mais Il est aussi le seul ténor français à s’être produit sur les grandes scènes internationales. Il est accompagné ici par le London Symphony Orchestra dirigé par Sir Antonio Pappano.

Extrait de l’opéra Gianni Schicchi de Puccini on va écouter le célèbre et mélodieux « O Mio babbino caro » (O Mon cher père) chanté par la mezzo-soprano autrichienne d’origine russe, Anna Netrebko qui fait partie de la génération actuelle des grandes cantatrices. Elle est accompagnée par l’orchestre symphonique de Milan est dirigé par Claudio Abbado.

Qualifié de star du chant de première ampleur par le New York Daily News, après son récital à New York en 1990, le baryton russe Dmitri Hvorostovsky a volé de succès en succès. Il est aujourd’hui une star mondiale incontournable.

Extrait de l’acte II de La Traviata de Verdi, on l’écoute chanter l’air de Germont « Di Provenza il mar il suol » dans lequel il s’efforce d’adoucir la peine de son fils. L’orchestre philharmonique de Rotterdam est dirigé par Valéry Gergiev.

Nous terminons ce programme avec Mario Lanza qui chante, extrait du 3ème acte de Tosca de Puccini, le très beau « E lucevan le stelle ed olezzava la terra » (Quand les étoiles brillaient et que la terre embaumait).

Catégorie Accueil / Home, On a fait | Pas de commentaires »

Emission Arte lirica du 18 décembre 2016

décembre 13th, 2016 par Alain Fauquier


Affi Arte lirica du 18 déc 2016

 

C’est Noël dans huit jours, et nous continuons la tradition de faire entendre des chants de Noël, en étendant le thème à des chants de foi.

On va constater que les chants de Noël, classiques ou modernes, ne sont pas que des mélodies mièvres ou des comptines pour enfants, et les voix que nous entendrons montrent, mieux qu’un long discours, que ces grands artistes aiment cette musique et lui donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Commençons par l’ex enfant de chœur, Mario Lanza qui chante « The First Noël », « le Premier Noël », extrait d’un disque « BMG » intitulé « Joy To the World », « Joie pour le Monde »

Passons maintenant à la grande contralto américaine, Marian Anderson, première chanteuse noire à chanter au Metropolitan Opera de New York et à briser la barrière de la ségrégation raciale (elle chantera pour Eleanor Roosevelt devant le Lincoln Mémorial, pour l’intronisation du président Kennedy en 1961, et elle restera un exemple pour les grandes cantatrices noires américaines qui lui ont succédé, Leontyne Price, Shirley Verrett, Jessye Norman etc…

Fille de Philadelphie, la ville de naissance de Lanza, elle a, comme lui , sa plaque de bronze au sol de l’Avenue où se trouve l’Opéra. Elle meurt en 1993.

Marian Anderson a chanté sous la baguette des plus grands, Toscanini, Eugène Ormandy, prestigieux chef du Philharmonique de Philadelphie, Pierre Monteux, Dimitri Mitropoulos etc… Elle chantait l’opéra (par exemple le Bal Masqué de Verdi), l’oratorio, le lied, c’est à dire le poème chanté allemand, et le Negro Spiritual

On l’écoute dans « AWAY IN A MANGER »

On ne le sait pas toujours, mais Martin Luther a écrit et composé de la musique religieuse et au moins le fameux air, inspiré du psaume 46 du roi David, « une redoutable forteresse est mon Dieu », ici chanté en anglais par Placido Domingo.

Cette composition, à l’origine en langue allemande, remonte aux années 1527/1529.

La soprano américaine Benita Valente, nous chante « joy to the world ».

Cette soprano américaine, née en 1934, a eu une longue et belle carrière, chantant l’opéra, les lieder, l’oratorio et la musique de chambre.

Les grands festivals, le Metropolitan Opera, l’ont demandée, où elle chanta la Flûte Enchantée, de Mozart, le Mariage de Figaro, Rigoletto, de Verdi.

Elle a récolté de nombreux grands prix, notamment en musique de chambre avec le prestigieux « Quartet Juilliard »

Elle chanta aussi en Europe et depuis sa retraite, à Philadelphie, elle enseigne dans tous les États Unis et les grandes écoles de musique où ses master classes sont très courues (Juilliard, Curtis School of Music à Philadelphie, Festival de Marlboro etc…)

Benita Valente est accompagnée des chanteurs de Philadelphie, « The Philadelphia Singers »

On ne présente pas Luciano Pavarotti, n’est- il- pas, un des plus illustres ténors du siècle ?

On ne parlera donc pas aujourd’hui de l’homme et de sa carrière hors du commun et on en restera au chant religieux. Ce n’est pas un chant de Noël qu’il va chanter, c’est le fameux « ingemisco », extrait du Requiem de Verdi.

Revenons au chant de Noël, avec le fameux « Silent Night », chanté par les Ambrosian Singers, un choeur très connu qui siège à Londres, et a été fondé après la Seconde Guerre Mondiale.

Les Ambrosian Singers accompagnent des chanteurs solistes, des comédies musicales, des opéras et ont chanté avec les plus grands chanteurs et cantatrices du monde et les plus grands chefs d’orchestres.

Et maintenant, une chanson de Noël et pas un « chant » de Noël, quelque chose de plus intime, de moins grave, de plus « musique de variété » au sens le plus noble de cette musique, avec des artistes inégalables, NAT « KING » COLE et FRANK SINATRA, pour notre plaisir, une chanson qui parle marrons qui grillent dans le feu, du froid qui pince dehors, de Noël en famille avec des jouets pour les enfants et qui dit « Merry Christmas To You ».

C’’est la chanson de Noël dans les pays anglo-saxons, États-Unis, Angleterre, dans les maisons, sur les radios, dans les magasins …

Cette chanson s’appelle d’ailleurs « La Chanson de Noël »  « the Christmas Song », tous l’ont chantée, y compris le grand Bing Crosby

Ses auteurs en 1945 sont Bob Wells et Mel Tormé (lui même très célèbre chanteur Outre Atlantique)

Chanson enregistrée d’abord par le NAT KING COLE TRIO (de jazz) en 1946.

Gloire universelle de cette chanson

Après le « cocooning » de « CHRISTMAS SONG », retour au chant de foi, avec le grand baryton américain Leonard Warren, qui chantera l’« AGNUS DEI » de Georges BIZET

Warren était un grand baryton à la voix particulière, émouvante et un peu torturée. star du Métropolitan Opera de New York, il chanta les pus grands rôles, depuis l’opéra vériste comme « PAGLIACI » jusqu’à VERDI et le rôle de IAGO, dans OTELLO, et avant dans RIGOLETTO, où il remplace l’illustre Lawrence TIBBETT. il aura tous les grands rôles du répertoire et triomphera dans MACBETH de VERDI avec la sublime diva autrichienne Leonie RYSANEK, encore au Métropolitan, version qui fut enregistrée sous la baguette de Erich LEINSDORF.

il chantera dans les plus grandes salles du monde (New York, Chicago, San Francisco, Scala, Mexico, Buenos Aires etc…) et sa voix fait merveille, du sol grave au si bémol aigu.

il meurt, foudroyé par une crise cardiaque sur la scène du Met à New York à 48 ans en 1960. il chantait… « la FORCE DU DESTIN » !

Ici, nous l’écoutons chanter à Moscou en plein guerre froide l’AGNUS DEI, GEORGES BIZET.

Venons-en maintenant à une autre grande voix, celle de Rosa Ponselle, qui nous chantera l’Ave Maria de Schubert .

Cette soprano, américaine d’origine italienne, est une artiste illustre, morte à Baltimore en 1981, qui fut une des plus grandes cantatrices de l’histoire du chant, voix d’une exceptionnelle richesse.

En 1918, Enrico Caruso la présente au directeur du Metropolitan Opéra de New York le fameux Gatti Casazza quI l’engage pour une saison pour chanter « La Force du Destin » avec Caruso, le directeur qui l’engage à l’essai, lui dit : « c’est la première fois que j’engage une artiste américaine sans qu’elle ait fait au préalable ses preuves en Europe : » « Si vous réussissez, vous ouvrir les portes à d’autres chanteurs américains ».

Elle va faire plus que réussir ! Rosa Ponselle chanta avec les plus grands, aussi honorés de chanter avec elle, comme Caruso, notamment dans « la Force du Destin »

Rosa Ponselle : Ave Maria, de Franz Schubert

Nous écouterons encore cette année la grande voix de Enrico CARUSO, chanter « Ô Holy Night »  « Nuit Sacrée, « Nuit Divine «  , en réalité c’est le fameux « Minuit Chrétiens », qu’il enregistre ici en… 1916 !

Pardon pour la qualité de l’enregistrement, mais la grande et émouvante voix nous parle par dessus le temps !

Minuit Chrétien a été mis en musique en 1847 par Adolphe Adam, le compositeur du « Postillon de Longjumeau » sur le texte d’un négociant en vins qui était… anticlérical !

Ce chant est interprété en introduction à la messe de minuit.

Catégorie Accueil / Home, On a fait | Pas de commentaires »

Emission Arte lirica du 16 octobre 2016

octobre 17th, 2016 par Alain Fauquier


 Affiche Arte lirica du 16 octobre 2016

Nous avions annoncé comme programme Victoria de Los Angeles, la grande, l’illustre cantatrice espagnole.

Nous tiendrons parole, mais partiellement car il nous a semblé qu’une émission par artiste, sauf exception, limiterait nécessairement le nombre de belles voix à écouter ;

Alors il nous a semblé préférable de donner à entendre plusieurs voix par programme, pour montrer la variété des voix humaines et démontrer que la notion de beauté vocale recouvre une immense diversité : chaque voix est celle d’une personne et l’expression d’une vie et il y a autant de voix que de personnes.

Après, on aimera plus ou on aimera moins telle ou telle voix. C’est humain.

Alors commençons par la princesse du jour, Victoria de Los Angeles, une des cantatrices les plus aimées de la deuxième moitié du vingtième siècle, née à Barcelone, le 1er novembre 1923, une voix d’une exceptionnelle beauté.

Elle a chanté, dans les plus grandes salles du monde (Espagne, Scala, Metropolitan, Londres Covent Garden, Paris, l’opéra italien, français, allemand, Mozart, les zarzuelas espagnoles, les lieder, poèmes chantés allemands, les chansons traditionnelles espagnoles et même… auvergnates !

On l’écoute dans un des grands airs de « Madame Butterfly », de Giacomo Puccini, Acte II, « un Bel Di vedremo »

Elle a chanté avec les plus grands, honorés de chanter avec elle, (à ses débuts, avec Benjiamino Gigli, en 1947, puis Bjoerling, Di Stefano, NicolaÏ Gedda, Dietrich Fischer-Diskau, Elisabeth Schwartzkopf et d’autres encore, et les plus grands chefs, Sir Thomas Beecham, par exemple).

On disait de sa voix que c’était celle d’un ange, et son comportement était simple, directe, et aristocratique, avec un rapport immédiat et chaleureux avec le public. Le public l’adorait. Elle est morte le 15 janvier 2005.

Nous allons l’entendre dans un extrait de « I Pagliacci » de Ruggero Leoncavallo « Quel fiamma » (« Quelle flamme »)

Victoria de Los Angeles avait chanté avec Giuseppe Di Stefano, que le grand baryton Tito Gobbi, à qui nous avons consacré une émission, appelait « le céleste ténor lyrique ».

Di Stefano est un des plus grands ténors de la seconde moitié du 20 ème siècle, carrière faite entre la fin de la Guerre, 1945, et le début des années 1960, avec un arrêt prématuré de sa splendide carrière : le tabac, l’asthme l’ont emporté sur une magnifique voix et il dut même annuler sa dernière tournée de concerts avec Maria Callas, sa grande amie et partenaire ((et même plus).

Il avait commencé à chanter avant la Seconde Guerre Mondiale dans des cafés, des églises, des théâtres, les grands airs d’opéra et les chansons traditionnelles italiennes et napolitaines. Il arriva après la Guerre, son évasion d’un camp de prisonnier, la reprise de ses études de chant, aux plus grandes maisons d’opéra du Monde, Scala de Milan, Covent Garden à Londres, Metropolitan de New York, Paris, Chicago, San Francisco, Mexico, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Johannesbourg, Festival de Vérone etc…

Il faudrait une émission spéciale pour un homme spécial et une voix spéciale, très claire et pure, pour celui que Mario Lanza adorait et à qui il écrivit, depuis l’Italie même : « Pippo, je crois qu’il y a toi et moi ».

Pavarotti et Carreras l’adoraient aussi, comme ils adoraient Lanza. Ces sympathies et admirations réciproques de grands chanteurs sont très émouvantes…

Di Stefano  est mort en Italie le 3 mars 2008 des suites d’une agression, fin 2004, dans sa propriété au Kenya.

Écoutons le chanter un air de la Bohème de Leoncavallo, l’auteur de I Pagliacci, le très beau « Testa adorata ».

Et à propos de ce très bel air, nous vous avons réservé une petite surprise. Nous vous proposons de le réentendre par Mario Lanza.

 Vous verrez, c’est aussi très beau et très émouvant et cela nous rappelle une petite anecdote : un jeune couple d’Italiens, il y a trois ans ou quatre ans, rencontrés chez un disquaire du Quartier Saint Michel- Saint Germain, à la Chaumière à Musique : lui cherchait Testa Adorata, par Mario Lanza et quand il l’a trouvé , il s’est écrié « AH ! » et il a dit à sa petite amie en Italien : « Quand tu entendras ça, tu sauras ce que c’est de chanter » ! Agréable petit souvenir !

 Retour aux cantatrices, une autre grande Mirella Freni.

Du point de vue biographique, il faut savoir que Mirella FRENI est une amie d’enfance de Luciano Pavarotti. Leurs mères travaillaient toutes les deux dans une même fabrique de cigarettes à Modène. Ce sont donc véritablement des amis d’enfance qui ont eu la chance extraordinaire de faire carrière au même moment, et de faire la carrière internationale que l’on connaît, et de jouer souvent ensemble.

Mirella Freni a été découverte à l’âge de 10 ans dans un radio-crochet par Beniamino Gigli, qui lui a conseillé de cesser de chanter pour ne pas abîmer sa voix. Elle commença à prendre les cours de chant à partir de 17 ans.

Elle commence à se produire à 19 ans dans sa ville natale de Modène dans le rôle de Micaela de Carmen, de Georges Bizet, mais elle s’arrêtera assez vite pour épouser son professeur de chant, le chef d’orchestre Leone Maggiera, dont elle aura un enfant.

Sa vraie grande carrière débutera à Turin en 1958, dans la Bohème, de Puccini, où elle a le rôle de Mimi, puis reconnaissance internationale pendant la saison 1958-1959 au festival de Glyndebourne, dans le rôle d’Adina de l’Éflixir d’Amour de Donizetti, sur une mise en scène de Franco Zefirelli.

Sa carrière décolle et elle chantera sur les plus grandes scènes du monde, avec les plus grands chefs et particulièrement avec Herbert Von Karajan, avec lequel elle aura une véritable coopération musicale, et dont elle sera une des cantatrices préférées.

De même au Metropolitan Opéra de New York, où en 2005 elle fêtera le 40e anniversaire de ses débuts au Metropolitan Opéra et le 50 ème anniversaire de ses débuts à l’Opéra lors d’une soirée d’hommage sous la baguette et sur l’invitation du chef James Levine.

Elle sera une des plus grandes interprètes de Mimi de La Bohème, et de Cio Cio San de Madame Butterfly, tant vocalement que dans son jeu d’actrice.

Chose extraordinaire, elle interprète Jeanne d’Arc jeune dans l’opéra La Pucelle d’Orléans, à l’âge de 70 ans à l’Opéra National de Washington le 11 avril 2005.

Elle avait créé, avec son second mari, épousé en 1981, le grand chanteur basse bulgare Nicolaï Ghiaurov, un Centre international de Bel Canto à Vignola.

Écoutons Mirella Freni, non pas dans le rôle de Mimi, mais dans celui de Desdémone dans Otello, de Verdi

Desdémone sent qu’elle sera tuée par Otello, son mari jaloux, et elle chante « l’Ave Maria »

Venons-en maintenant à une autre grande voix, celle de Franco Corelli, un des plus grands ténors des années 50.

Ce fut un chanteur impressionnant, par sa grande taille, son physique d’acteur de cinéma (il était absolument magnifique) ainsi que par sa voix exceptionnelle.

Né à Ancona, en 1921, la même année que Mario Lanza, il est mort à Milan en 2003.

il commença des études d’architecte naval et ce n’est qu’à l’âge de 23 ans, ce qui est relativement tard, qu’il s’orienta vers l’étude du chant. Mais il commença par se former seul, à l’écoute des disques des grands anciens, et notamment de Caruso.  Il fut cependant accepté au Centre Lyrique Expérimental de Spolète, il prend des cours et il gagne le Concours du Mai Musical de Florence et commença à se produire à partir de 1951, notamment dans le rôle de Don José, de Carmen, de Bizet, au Teatro Nuovo de Spolète.

Puis les engagements arrivèrent, Rome, la Scala de Milan, où il fit l’ouverture de la saison 1954/1 955 avec Maria Callas. Puis ce furent les plus grande scène du monde et les plus grands rôles comme dans Aïda, André Chénier, Carmen, la Force du Destin, Norma, Tosca, le Trouvère, Turandot, les Puritains. Il devait devenir ainsi populaire au Metropolitan opéra de New York, auquel il revenait à chaque saison jusqu’en 1974 chantant avec les plus grandes Léontine Price, Birgit Nilsson, et les plus grands chefs d’orchestre.

Voix exceptionnelle et trac exceptionnel : il fallait le pousser sur scène !

On l’écoute dans un de ses grands rôles : Andrea Chénier, de Giordano, « Come un bel di di Maggio »

Parlons maintenant d’un grand baryton, l’américain Robert Merrill, du Métropolitan Opera de New York, né à Brooklyn en 1917 et mort en 2004 à Nouvelle Rochelle.

On peut le lier à Victoria de Los Angeles, avec qui il chanta et enregistra I Pagliacci,  mais aussi avec Lanza, avec qui il s’était lié d’amitié et qu’il présenta à son professeur de chant en lui disant : « Écoutez cette voix, vous n’en reviendrez–pas !». Son ami Frank Sinatra l’appelait pour des conseils de chant, quand il avait des difficultés avec certains airs.

 Sa voix de baryton était somptueuse et lui permit d’interpréter, près de 30 ans les grands rôles du répertoire au Metropolitan, qui était devenu sa maison, et où il avait pour collègue, partenaire et… concurrent, un autre très grand baryton, Léonard Warren !

Mais il chanta aussi au palais Garnier, à Paris, au Royal opéra de Londres, Covent Garden, à Chicago, San Francisco etc.

Il fit aussi des incursions dans les comédies musicales, et notamment dans « Le Violon sur le Toit »

Voix de bronze, splendide et infatigable, une aisance extraordinaire et le sentiment que le chant était la chose la plus facile qui soit.

Le temps nous manque pour parler plus de cet extraordinaire chanteur et de l’écouter  encore et encore : un grand baryton Verdi qui chanta notamment Otello, Le Bal Masqué, Le Trouvère, La Force du destin, Pagliacci, Don Carlos, Le Barbier de Séville, André Chénier, La Traviata Il chanta avec les plus grands et sous la baguette des plus grands, Toscanini, Georg Solti, Erich Leinsdorf, Thomas Schippers, etc…

Nous vous proposons de l’écouter dans un extrait du Trouvère (IL Trovatore de Verdi : « IL Balen del suo sorriso »

Nous avons le plaisir de vous présenter maintenant un grand ténor, le canadien Ben Heppner, un géant qui chante merveilleusement aussi bien le répertoire Wagnérien (c’est des grands interprètes actuels de Wagner, c’est le type même de ce qu’on appelle le heldentenor, le ténor puissant pour ce répertoire et c’est l’un des plus demandés au monde) que les mélodies françaises et italiennes.

l a la puissance, la beauté du timbre, une voix reconnaissable et il est capable d’une grande douceur comme dans les mélodies françaises, qu’il a enregistrées, ou les mélodies de Tosti, et nous avons voulu vous en donner un bref aperçu avec « Io Ti Sento » extrait d’un album intitulé iDEALE, qui regroupe les plus belles mélodies de Tosti

On ne présente plus Placido Domingo, probablement le plus illustre chanteur vivant du monde depuis la mort de Pavarotti,: ténor au plus large répertoire qui soit (Tout Verdi, y compris Othello, tout Puccini, le répertoire vériste italien, comme I PagliacciI ou Cavalleria Rusticana, Tchaikovsky (Eugène Oneguine), Wagner (rarissime pour un chanteur « du Sud »); aujourd’hui il chante à son âge comme baryton (ex : aujourd’hui le rôle Rigoletto, baryton, alors que ténor, il chantait le rôle du Duc de Mantoue).

Mais aussi chanteur de zarzuelas, mais aussi chef d’orchestre, mais aussi Directeur d’Opéra (Washington etc…).

Alors ne nous donnons pas le ridicule d’essayer de résumer sa carrière, il y en aurait pour des heures.

Rappelons que c’est un des plus grands admirateurs de Mario Lanza, sur lequel ii a fait la présentation du Film « Mario  Lanza, The American Caruso » et écrit la préface d’une des multiples biographies écrites sur Lanza.

Donnons-nous le plaisir de l’écouter dans un extrait de l’opéra « Adriana Lecouvreur », le fameux air « L’Anima ho Stanca » : (J’ai l’âme fatiguée).

Enfin présentons pour la première fois Jonas Kaufmann, star mondiale allemande de l’Opéra. Répertoire vaste (opéra italien, français, allemand). On a fait remarquer que le 14 avril 2010, JK est devenu le premier ténor allemand depuis 103 ans à chanter Tosca, le rôle du héros masculin, Mario  Cavaradossi.

Depuis, il chante le répertoire d’un ténor lyrique et même spinto : on trouve chez lui l’opéra français, italien allemand (particulièrement Wagner, Lohengrin) Andrea Chenier, I Pagliacci, Cavalleria Rusticana, Fedora, Adriana Lecouvreur de Cilea, que nous venons d’entendre par Domingo, Carmen, Don Carlo, Manon Lescaut etc….

Un autre extrait de Adriana Lecouvreur, de Cilea, « La dolcissima effigie »

Catégorie Accueil / Home, Evénements, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage à Enrico Caruso

mars 22nd, 2016 par Alain Fauquier


Affiche CARUSO

Ténor mythique par excellence, on peut dire de Caruso qu’il est la plus grande et la plus durable légende de l’histoire de l’opéra et qu’aucun autre chanteur n’a à ce point hanté l’imaginaire du public.

C’était une vraie star : par exemple à New York, où il a réalisé la majeure partie de sa carrière, il avait une réelle emprise sur la ville et l’inconscient collectif.

Son nom était devenu une référence populaire, synonyme d’art et il était familier aussi bien au chauffeur de taxi, qu’au policier ou à l’homme de la rue et il était plus célèbre que le Maire lui-même.

Cela s’explique par la voix, bien sûr, connue pour son étendue, sa puissance, la chaleur de son timbre, mais pas seulement, car la majorité de ses admirateurs n’avait jamais mis les pieds à l’opéra et n’avait même pas l’intention de le faire.

Il y avait donc autre chose et c’est sa personnalité qui y était pour beaucoup.

Caruso était quelqu’un d’attachant, qui avait énormément de charme. Et puis c’était aussi et peut-être surtout, quelqu’un de profondément humain, simple et généreux. On raconte qu’il a offert un jour son manteau à un mendiant qui tremblait de froid devant son hôtel.

Les enregistrements que nous allons entendre ont été réalisés entre 1902 et 1913. Ils ont tous fait l’objet d’un traitement numérique très soigné pour les débarrasser de leurs scories et les orchestres d’origine ont été remplacés par un orchestre moderne, le Vienna Radio Symphony Orchestra dirigé par Gottfried Rabl.

Caruso était un bon vivant qui avait beaucoup d’humour : il adorait faire des blagues et des facéties en tout genre et pas seulement à ses amis, mais aussi à ses partenaires…

On raconte que quand il a chanté La Bohème avec Nellie Melba il lui a placé une saucisse brûlante dans les doigts, avec la complicité des coulisses. Il adorait se déguiser, faire le clown, faire des grimaces, faire des imitations. Il adorait aller au cirque et à la fin il ne manquait jamais d’aller saluer les clowns.

Il détestait les mondanités mais par contre il avait énormément d’amis à qui il donnait des surnoms et avec qui il était très généreux. Caruso gérait bien son argent mais adorait le distribuer : après sa mort on découvert qu’il subvenait aux besoins de 120 personnes et que sa famille au sens large lui coûtait à elle seule 80 000 $/an.

On a parlé de sa voix, de sa personnalité mais sa célébrité est aussi liée à la magie nouvelle du disque dont il est l’uns des pionniers: c’est lui qui en a fait décoller l’industrie et en échange le disque le lui a bien rendu puisqu’il a alimenté son mythe.

Caruso a enregistré énormément, environ 260 disques, du bel canto au vérisme, couvrant une période allant de 1902 à 1920. Cet héritage inestimable a contribué à garder la légende vivante.

Même s’il est plus connu comme le grand ténor du Met de New York où il a régné pendant 17 ans, Caruso a triomphé aussi sur les plus grandes scènes d’opéras du monde.

Au Met il chantera 37 rôles sur 57 et participera à 607 représentations sur les 832 organisées par la New York City Opera Company. Grace à ses innombrables tournées aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique Sud et en Europe, il est devenu le premier phénomène mondial du chant et le premier multimillionnaire du monde de l’opéra

C’est aussi la première vedette qui va bénéficier d’une véritable médiatisation à l’américaine.

L’Amérique attirait les plus grands artistes et elle leur donnait en un soir ce qu’ils auraient gagné en un mois ailleurs. Inutile de préciser que les cachets de Caruso ont largement dépassé tous ceux des ses confrères de l’époque, auxquels il faut ajouter les soirées privées chez les riches américains qui lui rapportaient énormément.

Sans oublier les disques qu’il a enregistrés dès son arrivée en 1902 et dont on estime qu’ils lui ont rapporté des sommes considérables.

A sa mort, sa fortune était estimée à 50 millions de francs, l’équivalent de 7,6 millions d’euros.

Caruso est né à Naples le 27 février 1873 de Marcellino et Anna Caruso. Contrairement à la légende il n’a pas connu la misère. Son père était mécanicien dans une grande firme et il subvenait correctement aux besoins de la famille, même s’il avait un petit penchant pour le vin.

D’ailleurs, Caruso lui-même n’hésitait pas à en abuser parfois pour vaincre son trac avant de monter sur scène, ce qui lui avait valu quelques surnoms affectueux « d’ubriacone » ou de « Volpi  » au début de sa carrière. Aux Etats-Unis, il préférera boire une gorgée de whisky.

Son père est hostile à cette vocation de chanteur, mais sa mère qui croit en-lui va l’encourager à poursuivre dans cette voie. Elle mourra malheureusement trop tôt pour le voir célèbre.

Etant convaincu qu’il mourrait de faim, son père, insiste pour qu’il fasse son apprentissage de mécanicien et ce fut à l’usine qu’il découvrit son second talent : le dessin et la caricature.

Il avait un don pour l’auto-ironie et il s’est immortalisé dans de nombreuses auto-caricatures (Don José dans Carmen, Canio, dans I Pagliacci, Manrico dans le Trouvère). D’ailleurs à New York ses dessins paraissaient régulièrement dans le journal préféré des immigrés italiens « La follia ». Il dessinait tout le temps, sur les nappes, les menus au restaurant.

Entre 15 et 18 ans il chante pour quelques lires des chansons populaires napolitaines aux mariages et surtout à la terrasse des cafés. Et c’est justement à cette occasion qu’il va faire une rencontre décisive.

Nous sommes en 1891. Le jeune et riche baryton Eduardo Missiano l’entend et insiste pour qu’il rencontre son professeur de chant, Guglielmo Vergine.

Mais la première audition devant le maître se passe mal, Vergine trouve que sa voix est « trop petite et ressemble au vent qui souffle sous les fenêtres ».

Il va quand même finir par le prendre comme élève. Les trois premières années de sa formation se passent uniquement en exercices et ce n’est qu’au bout de trois ans qu’il commence à travailler le répertoire.

Après des débuts un peu difficiles fin 1884 à cause de son émotivité, il persévère et chante son premier opéra en 1885.

Ce sera L’Amico Francesco de Morelli et puis le premier rôle dans Cavalleria Rusticana, Faust, Rigoletto et La Traviata.

En 1896 et 1897 il continue à développer son répertoire. À cette époque, il ne possède pas encore le contre-ut et sa voix se brise parfois sur les notes hautes. Il avait même dit à Puccini : « ne vous attendez pas à ce que je chante le contre-ut » dans l’air de Rodolphe de La Bohême. Il faudra à Caruso 11 ans de travail pour transformer sa voix de baryton en voix de ténor et atteindre les notes aigues qui ne deviendront stables et brillantes que vers 1901-1902.

En 1897 la vie de Caruso va prendre un tour nouveau. Ce sera, selon ses propres dires, la fin de la première période de sa vie d’artiste.

Il a pris de l’assurance, il est bien payé, et puis cet été là c’est le début de sa plus grande histoire d’amour avec Ada Giachetti-Botti, sa partenaire dans Traviata et Bohême. Mariée et mère d’un enfant, elle finira par quitter son mari pour devenir la concubine de Caruso (le divorce n’existe pas encore) et la mère de ses deux garçons, Rodolfo, né en 1898, et Enrico junior, né 1904.

L’événement décisif de la jeune carrière lyrique de Caruso a lieu le 17 novembre 1898 lorsqu’il crée Fedora, le célèbre opéra de Giordano, dirigé par le compositeur lui-même.

C’est un immense succès. On dira : « Giordano a écrit Fedora et Caruso la Fée d’or (l’a fait d’or)… » Il dira lui-même qu’après cette soirée « les propositions de contrats lui tombèrent dessus comme une puissante tempête ».

C’est en 1898 que Caruso entame la deuxième partie de sa vie d’artiste, il utilise désormais le prénom « Enrico » et chante aux côtés d’artistes confirmés comme le baryton Giuseppe De Luca ou la soprano Luisa Tretrazzini.

En 1900 il fait ses débuts à la Scala où il est dirigé pour la première fois par Arturo Toscanini dans La Bohème, ce dernier se serait d’ailleurs exclamé : « Si ce Napolitain continue à chanter ainsi, le monde entier parlera de lui. »

En 1902 Caruso chante à Covent Garden et enthousiasme l’Angleterre mais surtout, c’est l’année de son premier  enregistrement.

Il crée à la Scala l’opéra Germania d’Alberto Franchetti et Fred Gaisberg, le représentant américain de la compagnie Gramophone de Londres qui est dans la salle tombe sous le charme.

Il est justement à la recherche de chanteurs pour lancer la nouvelle machine. Il contacte Caruso. C’est dans une chambre du Grand Hôtel à Milan que Caruso arrive très décontracté en costume trois pièces et haut de forme ce 11 avril 1902.

Il va enregistrer 10 morceaux en moins de 2 heures et empocher 100 livres, l’équivalent de 10 000 $ d’aujourd’hui. Gaisberg déclara que les enregistrements de Caruso « avaient mis au monde le gramophone ».

En 1903 il a 30 ans et il atteint le sommet de la vague en débutant au Met de New York dans le rôle du duc de Rigoletto. C’est à partir de cette première qu’il va devenir « Le Grand Caruso »

Acclamé par la critique, il va conquérir New York comme il n’a jamais conquis aucune autre ville et le Met va devenir son théâtre.

Au Met, Caruso va créer la plupart des grands rôles de ténors italiens et devenir très riche, mais son succès a un prix.

Il a abordé plus de 65 rôles, depuis les lyriques aux dramatiques. On estime qu’en moyenne, pendant ses 25 ans de carrière, il s’est produit sur une scène d’opéra tous les 5 jours, voire un jour sur trois aux moments les plus remplis de sa carrière, à cela il faut ajouter les enregistrements et les tournées de concerts autour du monde.

Extrêmement nerveux, il va fumer 2 à 3 paquets de cigarettes égyptiennes par jour pendant près de 25 ans, tout en déconseillant d’ailleurs aux apprentis chanteurs d’en faire autant. Mais un événement va particulièrement mettre ses nerfs à rude épreuve.

Le 18 avril 1906 il est à San Francisco pour chanter Carmen et là, en pleine nuit, à 5h16 du matin, il va avoir la peur de sa vie

La terre tremble: Caruso croit que c’est son valet qui essaye de le réveiller mais c’est en fait l’hôtel qui commence à s’écrouler. Il s’habille en quelques secondes, lui qui mettait une heure avec son valet pour le faire, et tous deux réussissent par miracle à s’échapper.

Par contre l’année d’après il n’échappera pas au séisme qui va ravager sa vie sentimentale.

Déjà à l’automne 1907 sa femme Ada refuse de le suivre aux Etats-Unis pour la nouvelle saison du Met. En mai 1908 son père meurt et Ada met un terme brutal à leur liaison en partant vivre avec leur chauffeur Cesare Romati. Il faut dire qu’Ada était une excellente soprano dramatique qui recevait constamment des critiques plus élogieuses que celles de son mari. Lorsque le succès de Caruso dépassa les frontières, en 1901, il lui défendit tout bonnement de continuer à chanter. « Dans cette maison, c’est moi qui chante. »

En laissant ses enfants et la fortune derrière elle, elle se venge de Caruso et tente de refaire sa vie de femme et d’artiste lyrique, trop tôt terminée à son goût.

Il reste à Caruso son art et sa voix. Mais des problèmes de santé qui ne le quitteront plus vont commencer et s’amplifier: bronchites chroniques, laryngites, malaises et surtout des migraines terribles à répétition.

Extrêmement superstitieux il tente d’éloigner les microbes et le « jettatore » par des offrandes et des prières à la Vierge.

Sa loge était remplie de statues de la Vierge, de médailles pieuses et il ne chantait jamais sans son collier porte-bonheur aux nombreux pendentifs, médailles, corne de corail de Naples.

Sa constitution robuste le sauve provisoirement mais ses ennuis personnels affectent son équilibre psychologique et il continue à fumer cigarette sur cigarette malgré ses angines et ses bronchites.

D’ailleurs il craque et retourne en Italie en avril 1909. A Milan il se fait retirer un nodule sur la corde vocale gauche. Il avait déjà apparemment subi une intervention similaire deux ans plus tôt.

Pourtant ce ne sont pas ces problèmes de santé qui l’empêchent de mener sa carrière. Caruso va continuer à beaucoup chanter, surtout en Amérique du Sud en 1917 et 1919 à cause de la guerre en Europe, mais le climat humide ne lui convient pas et il souffre le martyr.

Caruso tournera deux films sous la direction d’Edward Jose My Cousin en 1918, un film qui eut un faible succès, et The Splendid Romance en 1919, un film qui sera arrêté en cours de tournage.

Caruso avouera n’avoir aucun talent d’acteur. Il recevra néanmoins 200 000 dollars à titre d’indemnisation pour ses frais.

Un rayon de soleil va venir éclairer la vie de Caruso sous les traits d’une jeune américaine de 23 ans sa cadette.

Il a 45 ans et à la surprise générale il se marie en 1918 avec Dorothy Park Benjamin qui lui donnera une fille l’année suivante, Gloria.

Il rêve de s’arrêter et de partir vivre en Italie où il se sentait vraiment chez lui. Il en avait assez d’être « nerveux tout le temps ». Pour lui chaque représentation était une bataille à gagner.

A ce moment il ne lui reste plus que 3 ans à vivre et malgré les douleurs qui le poignardent au côté gauche, il continue courageusement à chanter les représentations prévues et à emporter le public jusqu’à la fin de l’année 1920.

Il va s’évanouir, cracher du sang sur scène et vivre un véritable calvaire. Il donne sa dernière représentation au Met le soir de Noël 1920. Il souffre  d’une attaque de pleurésie et d’une infection généralisée qui va le laisser épuisé. Il va subir pas moins de 6 opérations dans les 3 mois qui suivirent.

Sa santé s’améliorant un peu, il décide de retourner à Naples. Le 17 mai 1921 il embarque à New York à bord du luxueux paquebot « Président Wilson » sans probablement se douter qu’il ne reverrait plus l’Amérique.

Il s’installe dans un hôtel de Sorrente où il pensait retrouver force et santé. Mais, mal soigné, un abcès qui n’avait pas été décelé se développe et il meurt de septicémie le 2 août 1921, à seulement 48 ans, mal soigné comme Lanza.

L’Italie décrète un deuil national et Caruso sera inhumé au cimetière Santa Maria del Pianto de Naples où un énorme mausolée sera érigé. L’acteur de théâtre et de cinéma, Toto, sera inhumé à ses côtés en 1967. En 2009, les deux tombes ont été  profanées.

Pour expliquer les secrets de sa voix Caruso disait avec humilité : « Une ample poitrine, une grande bouche, 90 % de mémoire, 10 % d’intelligence, beaucoup de dur labeur et quelque chose dans le coeur. »

De son vivant, et bien longtemps après sa mort, quantité d’anecdotes le concernant ont été relatées dans la presse « people ».

Certaines, relatives par exemple à ses tenues vestimentaires très élégantes, étaient  avérées : Caruso possédait une vaste garde-robe de costumes trois pièces fabriqués dans des tissus de grande qualité, confectionnés par les couturiers les plus réputés.

Il ne sortait jamais sans un chapeau, des cravates en soie agrémentées d’une perle de valeur, sa canne et ses gants de luxe.

Qu’il ait pu garder un œuf dans sa bouche sans que personne n’en devine la présence, c’est probablement vrai, connaissant son talent comique et la grande dimension de sa bouche.

D’autres anecdotes sont plus ou moins exagérées, voire inventées.

S’il est évident que sa capacité pulmonaire était étonnante et probablement exceptionnelle, dire qu’il pouvait, en inspirant, agrandir son torse de 20 cm, laisse perplexe.

Contrairement à ce qu’affirme le docteur Lloyd, pas plus Caruso que tout être humain ne peut pousser, même de quelques pouces, avec son seul souffle, un piano sur un tapis… ni même sur un parquet ciré ou sol savonné. Eole lui-même l’aurait-il pu ?

Affirmer qu’il pouvait tenir une note pendant au moins 40 secondes, aucun de ses nombreux enregistrements témoigne d’un pareil exploit.

Ce qui n’enlève rien à l’immense talent de l’artiste.

Quant à sa mémoire, si elle était excellente pour retenir 57 rôles, ce qui est en soi un exploit, affirmer qu’il connaissait environ 500 airs, du classique à la chanson populaire et contemporaine, musique et paroles, est probablement là aussi exagéré.

Une personnalité aussi flamboyante, qui a inspiré des générations de chanteurs et soulevé d’enthousiasme le public mondial, ne pouvait laisser indifférents les grands studios hollywoodiens qui voulaient depuis longtemps porter à l’écran « La vie de Caruso ».

Mais il leur fallait trouver le ténor idéal qui incarnerait de façon convaincante, tant au plan de la voix que de la présence à l’écran, ce monstre sacré de l’opéra.

En 1947 la chance sourit à la Metro-Goldwyn-Mayer lorsqu’elle découvre  Mario Lanza, un jeune ténor de 26 ans, doué d’une voix splendide, d’un physique solaire et d’un charisme hors du commun.

En 1951, trente ans après la mort de Caruso, le film  « Le Grand Caruso », une biographie romancée de la vie de Caruso, sort dans les salles avec Mario Lanza dans le rôle de Caruso et se révèle un immense succès mondial.

Mario Lanza y chante pas moins de 26 airs dont 15 arias et duos avec un exceptionnel brio. Il a pour partenaires les plus grandes stars du Metropolitan Opera (Blanche Thebom, Dorothy Kirsten, Jarmila Novotna, Nicola Moscona, Giuseppe Vadengo. Les partitions musicales sont dirigées par le Maestro Peter Hermann Adler.

Ce film deviendra un film « culte » et inspirera la carrière de plusieurs générations de chanteurs (hommes et femmes) dont celle des trois ténors.

Le fils cadet de Caruso, Enrico Caruso Junior, dira : « Je ne remercierai jamais assez Mario Lanza pour avoir redonné, avec un spectaculaire éclat, une seconde vie à mon père. »

Très conscient de l’hommage exceptionnel que Mario Lanza a rendu à son père, Enrico Caruso Jr écrira dans sa biographie My Father and My Family, parue en 1990 chez Amadeus Press :

« C’est Mario Lanza qui a fait le succès du film. Avant Mario Lanza et après Mario Lanza, aucun ténor n’aurait pu incarner avec un tel talent vocal et une telle justesse de jeu, la vie de mon père. Mario Lanza est né en même temps qu’une douzaine de très grands ténors. Sa voix naturelle innée est parfaitement placée, avec un timbre splendide, un infaillible instinct musical manifestement absent chez la majorité des autres grands ténors. Sa diction parfaite n’était égalée que par Giuseppe Di Stefano. Sa façon de se donner entièrement dans son chant, son phrasé toujours juste et somptueux, des qualités avec lesquelles peu de chanteurs sont nés et que d’autres n’atteindront jamais. Nous ne devons pas oublier que Mario Lanza excelle aussi dans le double registre de la musique classique et de la musique populaire, un résultat bien au-dessus du talent exceptionnel de mon père. »

Pavarotti dira : « Depuis que Mario Lanza est mort, Caruso n’a plus de successeur, il n’a que des apôtres. »

Alfredo Kraus, à qui nous avons rendu hommage le 17 février, disait à ses élèves : « Si Mario Lanza n’avait pas existé, le monde moderne n’aurait jamais connu l’existence du Grand Caruso. »

Insertions musicales :

 E lucevan le stelle, Tosca, Puccini

M’appari tutt’amor, Martha, Flotow

Di quella pira,  Il Trovatore, Verdi

Un di all’azzuro spazio, Andrea Chenier, Giordano

La Donna è mobile, Rigoletto, Verdi

Amor ti vieta, Fedora, Giordano

O Paradiso, L’Africaine, Mayerbeer

Vesti la giubba, I Pagliacci, Leoncavallo

La Danza, Rossini

La Fleur que tu m’avais jetée, Carmen, Bizet

Mattinata, Leoncavallo

Par Mario Lanza : Vesti la giubba, Leoncavallo

Catégorie Accueil / Home, Evénements, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage à la diva Rosa PONSELLE

juin 8th, 2015 par Alain Fauquier


Dimanche 14 juin 2015 à 9h30

sur Aligrefm (93.1) ou aligre-cappuccino.fr

 

Michel Goti,
présentateur de l’émission Cappuccino,

et ses invités,

La soprano Floria Rosimiro,
Marcel Azencot et Alain Fauquier,
de l’Opéra Club Mario Lanza,
ont rendu hommage à la diva

ROSA PONSELLE

On dit de la diva Rosa Ponselle, à qui nous rendons hommage aujourd’hui, qu’elle fut la soprano la plus douée de l’histoire de l’opéra ; que sa voix, d’une exceptionnelle richesse, en fit l’une des plus grandes cantatrices de tous les temps et qu’elle fut le modèle dont s’inspira Maria Callas.

Pour Enrico Caruso, Tullio Serafin et Maria Callas, elle fut même la plus grande de toutes.

Lorsque Rosa Ponselle fit sa première apparition sur la scène du Metropolitan Opera à 21 ans, dans le rôle de Léonora de La Force du destin de Verdi, aux côtés de Caruso, elle fit une telle sensation qu’elle laissa le public en larmes et les critiques à court de superlatifs.

Elle fut d’emblée reconnue comme la soprano absolue : une voix d’or pur, au timbre sombre et chaud, à la ligne de chant irréprochable et à l’agilité époustouflante. L’homogénéité du timbre, son mordant, la souplesse du vibrato et la beauté du phrasé sont tels que, si elle l’avait voulu, Rosa Ponselle aurait pu chanter tout le répertoire.

Après avoir entendu Rosa Ponselle au Met dans La Traviata, la cantatrice allemande Lotte Lehmann se tourna vers Géraldine Farrar, cantatrice et actrice américaine, et lui demanda : « Comment fait-elle pour avoir une voix comme celle-là ? » Ce à quoi Farrar répondit : « Je ne connais qu’un seul moyen : passer un contrat avec Dieu et travailler, travailler, travailler ! »

En réalité Dieu fut un facteur plus déterminant dans l’histoire de la soprano la plus douée de l’histoire, que la sueur et les larmes.

Cette Caruso en jupons, comme on disait, est partie de rien. Issue d’une famille d’immigrés italiens originaires de Caiazzo, dans la région de Naples. Rosa Ponselle naît sous le nom de Rosa, Maria PONZILLO, le 22 janvier 1897 à Meriden, dans le Connecticut. Son père est boulanger et à la maison on n’apprécie pas particulièrement la musique.

Dès l’enfance, elle avait une grande voix, et d’ailleurs, dans le chœur de sa paroisse, on lui disait toujours de chanter moins fort. Sa tessiture était de trois octaves selon son propre témoignage. Son visage présentait déjà les traits de l’archétype du chanteur, avec des rondeurs et des résonateurs naturellement structurés.

C’est pourtant sa sœur aînée, Carmela, âgée de 18 ans qui va l’entraîner sur la voie du chant. C’est elle, en effet, qui a l’idée d’exploiter sa voix de mezzo dans des théâtres et cafés-concerts de petites villes.

Rosa va la suivre docilement et chanter avec elle, notamment au « Café Malone » de New Haven, où elles chantent des airs d’opéra et des chansons napolitaines en s’accompagnant au piano.

Elles vont finir par chanter à Broadway et même par partir en tournée avec les Marx Brothers, qui en sont à leur début et acquièrent une solide réputation.

Les sœurs Ponzillo suivent les cours de Romano Romani, un protégé de Giacomo Puccini et de Pietro Mascagni, avant d’être coachées par William Thorner qui est aussi le coach de nombreuses célébrités, dont le baryton Victor Maurel.Cinq mois plus tard, Rosa Ponzillo prend le nom de Rosa Ponselle.

Au début de l’année 1918, Victor Maurel, subjugué par la voix de Rosa Ponselle, la présente à Enrico Caruso. Impressionné lui aussi, Caruso la présente à Gatti-Casazza, le directeur du Metropolitan Opera. Gatti-Casazza l’écoute lui aussi et l’engage à l’essai pour une saison, dans le rôle de Léonore, pour la première de La force du  destin de Verdi.

Gatti-Casazza lui dit : « C’est la première fois que j’engage une artiste américaine sans qu’elle ait fait au préalable ses preuves en Europe. Si vous réussissez, vous ouvrirez les portes à d’autres chanteurs américains. » Imaginez un peu la pression !

Rosa Ponselle débute le 15 novembre 1918 aux côtés de Caruso avec un trac fou qui ne la quittera jamais. Ce jour là, sa mère, sa sœur et son professeur doivent même unir leur efforts pour la traîner jusqu’au théâtre ! Malgré son immense succès, ou peut-être à cause, de son immense succès, le trac l’envahira avant chaque représentation.

Certains la verront tourner parfois pendant plus d’une heure autour du Met avant de se décider à prendre l’entrée des artistes.

Après cette Force du destin triomphale, Rosa Ponselle travaille notamment les œuvres de Verdi, son auteur préféré. Elle chante Ernani, Luisa Miller, Don Carlos, Aida, Il trovatore, La traviata, qui lui valent des acclamations au Met et au Covent Garden à Londres en 1930.

Le répertoire de Rosa Ponselle s’enrichit avec Cavalleria rusticana de Mascagni, Andrea Chénier de Giordano La Gioconda de Ponchielli et La Vestale de Spontini représenté au Mai Musical Florentin en 1933.

Si Ponselle n’a jamais chanté Puccini ou Wagner c’est, dit-on, par égard pour ses collègues sopranos, qui ne sont pas pour elle des rivales, mais des amies qu’elle respecte.

La réalité est peut-être moins chevaleresque, car il semblerait plutôt qu’elle ait eu peur des aigus. Elle avait, en effet, souvent demandé à ce que les rôles soient transposés dans une tonalité plus basse. Demande peut-être simplement due au trac et à la peur de l’échec devant le public.

Rosa Ponselle triompha durant dix-neuf saisons au Met, où elle mit son art vocal au service d’un répertoire de 23 rôles, pas plus.

Elle est surtout célèbre pour son interprétation de Norma, mais se distingua également dans Ernani, Don Carlos, La Gioconda, André Chénier, Guillaume Tell, Cavalleria Rusticana, La Traviata et Don Juan.

Le seul rôle dans lequel elle ne fut, que presque parfaite, est Carmen de Bizet, produit en 1935.

Bien que les critiques reconnaissent sa voix idéale, nombre d’entre eux estiment qu’elle n’a pas le tempérament qui convient au personnage complexe de Bizet. Le public en revanche est totalement sous le charme.

Après le départ du Met de Gatti-Casazza, en mai 1935, Rosa Ponselle essuie un refus de la nouvelle direction du Met pour monter Adrienne Lecouvreur de Cilea.

Furieuse, elle démissionne du Met et fait ses adieux au public en pleine gloire et en pleine possession de ses moyens, le 17 avril 1937, alors qu’elle chante Carmen à Cleveland. Elle a seulement 40 ans.

Cette même année, elle met un terme à sa vie sentimentale tumultueuse en épousant le fils du maire de Baltimore, et se retire dans sa résidence, la « Villa Pace », qui est devenue, depuis, le « Musée Rosa Ponselle ». Elle donnera des concerts pendant encore quatre ans.

Après son divorce en 1950, Rosa Ponselle prend la direction du Civic Opera de Baltimore en 1951 et enseigne le chant chez elle, à la Villa Pace jusqu’en 1974. Parmi ses plus célèbres élèves figurent: Sherrill Milnes, Plàcido Domingo, Beverly Sills, Samuel Ramey, Leontyne Price, Louis Quilico….

Rosa Ponselle est décédée à 84 ans le 25 mai 1981 à Baltimore. Sa sœur Carmela, mezzo-soprano, ne chanta qu’une seule fois avec elle dans La Gioconda de Ponchielli. Elle est morte le 13 juin 1977 à New York.

En 1984, fut créée à Baltimore dans le Maryland la « Fondation Rosa Ponselle » destinée à encourager et aider les jeunes chanteurs.

Insertions musicales :

Ernani ! involami : Ernani, Verdi

Ritorna Vincitor : Aïda, Verdi

Surta e la notte : Ernani, Verdi

Casta Diva : Norma, Bellini,

O Nume tutelar : La Vestale, Spontini

Catégorie Accueil / Home, Evénements, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage à Ezio PINZA

mars 20th, 2015 par Alain Fauquier


Dimanche 10 mai 2015 à 9h30

 

sur aligrefm (93.1)

et www.aligre-cappuccino.fr

 

Michel Goti, présentateur de l’émission Cappuccino,
et ses invités, la soprano Floria Rosimiro,
Marcel Azencot et Alain Fauquier,
de l’Opéra Club de Paris Mario Lanza,
ont rendu hommage à

EZIO PINZA

qui fut l’un des plus grands artistes de l’histoire du Met
et la plus grande basse italienne du 20ème siècle.

Contrairement aux ténors qui ont toujours le premier rôle à l’opéra : celui de l’amoureux romantique, du héro ou du libertin licencieux, les basses, en raison de leur registre vocal grave, sont vouées à des rôles de pères, de patriarches ou de prêtres.Elles ne sont que très rarement les stars de la représentation. La basse italienne Ezio Pinza, à qui nous rendons hommage aujourd’hui, n’est-elle pas l’exception qui confirme la règle ?

Ezio Pinza était effectivement une star adulée dans le monde entier. Partout où il chantait, il était ovationné. Comme le rappelle le ténor Giacomo Lauri-Volpi dans son livre Voix parallèles : « Ezio Pinza était doté d’une voix d’une extraordinaire beauté ; d’une voix d’une grande puissance émotionnelle, volumineuse et sonore ; d’une voix d’une rare souplesse, au timbre de velours. »

Le critique musical Jean Cabourg ajoute : « Le chant de Pinza était un jeu de pleins et de déliés ; une calligraphie vocale impeccable, conquise sur un timbre d’une rare texture. »

Outre une voix magnifique, PINZA possédait un look de jeune premier. Sa personnalité était attrayante et il était aussi élégant que spirituel et charismatique. Acteur né, il pouvait jouer tous les rôles, comiques, tragiques ou romantiques.

Dès lors, on comprend aisément que sa carrière, qui dura 40 ans, se soit développée avec un fantastique succès, non seulement à l’opéra, mais aussi à Broadway et à Hollywood.

Ezio Pinza avait une voix de basse-chantante, au timbre plus clair et plus souple que celle d’une basse profonde ; une voix comparable à celle d’un baryton-basse. C’est ce qui explique en partie son succès dans le rôle de Don Juan dont nous venons d’entendre un extrait.

Les enregistrements que nous avons sélectionnés pour cette émission, ont tous été réalisés entre 1927 et 1930, à un moment où Pinza, âgé de 38 à 40 ans, a réalisé les meilleurs enregistrements de basses de tous les temps.

Ce sont tous des enregistrements « Victor », du nom du fabriquant du fameux phonographe électrique le « Victrola », vendu par milliers d’exemplaires dans le monde. The Victor Talking Machine Company sera absorbée en 1929 par RCA pour devenir RCA VICTOR.

Ezio PINZA est né 18 mai 1892 à Rome. Son prénom de baptême est Fortunato. Un prénom qui lui a sans doute porté chance, mais qu’il changea plus tard en Ezio.

Passionné de vélo il veut faire une carrière de coureur cycliste. Mais son père, dit-on, ravi par la voix chaude, volumineuse et expressive de son fils, l’encourage à se tourner plutôt vers le chant qu’il étudie aux conservatoires de Ravenne et de Bologne,

PINZA fait ses débuts à Soncino (prés de Cremona) dans le rôle d’Oroveso de Norma. La première guerre mondiale l’oblige à cesser temporairement ses activités et il passe la guerre dans les Dolomites italiennes. Promu capitaine, et marié, il reprend sa carrière de chanteur en 1919.

Après quelques petits rôles dans André Chénier et Le Trouvère, PINZA est engagé dans la troupe du Théatre Costanzi de Rome, où il se fait une bonne expérience du grand répertoire avec La force du destin, La Gioconda, Le Barbier de Séville, Aida, Rigoletto, Thaïs de Massenet, Salome de Strauss, Tristan et Isolde…. En 1921 il est remarqué par Toscanini qui l’engage pour chanter le rôle de Pogner dans sa production des Maîtres chanteurs de Nurernberg à la Scala.

A la Scala, PINZA chante de nombreux rôles, dont  le père dans Louise de Charpentier, Pimen dans Boris Godounov, Henrich dans Lohengrin, Raimondo dans Lucia di Lammermoor….

Jusqu’en 1926 il se produira également à Naples, à Turin, en Allemagne et en Suisse. Il gravera durant cette période, de nombreux airs pour la branche italienne de « La voix de son maître ».

L’année 1926 marque l’arrivée de PINZA au Met de New York, dans le rôle du prêtre de La Vestale de Spontini. C’est le début d’une histoire d’amour avec la grande scène américaine qui durera jusqu’en 1948. Il en sera la première basse incontestée.

Bien que le rôle qu’il ait le plus chanté soit Ramfis dans Aïda (77 représentations), son image est indissociable de Don Giovanni, qu’il incarne pour la première fois en 1929.

PINZA chantera 612 fois au Met et fera aussi plusieurs saisons à Rome, Naples, Vérone, Florence et dans d’autres grandes villes italiennes. Il était vénéré en Amérique du sud, notamment au Colón et à Rio.

Il chanta aussi en Europe, principalement à Londres, Vienne et Salzburg. Sa carrière totalise 853 représentations (dont 241 en tournée), dans 51 rôles différents, plus 74 concerts ou galas.

Ezio PINZA était un grand séducteur. Partout où il passait  il faisait, dit-on, des ravages. On raconte qu’il rendit folle d’amour Elisabeth Rethberg qui était la plus grande soprano allemande de son temps, à tel point que sa femme obtint le divorce, avec une petite fortune à la clé.

PINZA aura pour partenaires les plus grands noms de son temps: Amelita Galli-Curci, Rosa Ponselle, Elisabeth Rethberg, Giovanni Martinelli, Beniamino Gigli, Lawrence Tibbett, Giuseppe De Luca, Grace Moore, Leonard Warren, Jarmila Novotna, Raoul Jobin, Bidú Sayão, Salvatore Baccaloni

 Il chantera sous la direction des plus grands chefs, dont Toscanini, Walter et Serafin.

Lorsqu’il quitte le Met en 1948, ce n’est pas pour prendre sa retraite, mais pour entreprendre une nouvelle carrière à Broadway où il est engagé à 56 ans pour tenir le rôle principal de la comédie musicale South Pacific de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein.

Le 7 Avril 1949, jour de la première de South Pacific, au Majestic Theatre de Broadway, PINZA obtient un triomphe.

La mélodie qu’il interprète « Some Enchanted Evening » est sur toutes les lèvres et PINZA passe du rang d’idole à celui de célébrité nationale.

Trois jours après la première de South Pacific, PINZA est engagé par la Metro-Goldwyn-Mayer pour tourner, dès la fin de ses engagements à Broadway, dans des comédies musicales dont il sera la star.

PINZA fera partie des nombreux chanteurs: Caruso, Gigli, Martinelli, Louis Armstrong, Dean Martin, Liberace, Perry Como…  qu’avec beaucoup d’humour Mario Lanza imitait à s’y méprendre.

Alors qu’il tournait Le Grand Caruso, LANZA aperçu, un matin en arrivant au studio, PINZA entrain de se maquiller. D’une loge voisine dans laquelle il s’engouffra, il entonna « à la Pinza » : « Some Enchanted Evening ». Ce qui lui valut en retour un retentissant : « LANZAAA ! fils de p. où es-tu ? », suivi des applaudissements de PINZA et des personnes qui se trouvaient autour d’eux.

Les deux chanteurs se vouaient mutuellement affection et admiration.

A Hollywood, Ezio PINZA tournera en 1950 deux comédies musicales : Mr Imperium (Laisse-moi t’aimer) avec Lana Turner et Strictly Dishonorable (Absolument malhonnête) avec Janet Leigh, qui sortiront en salle en 1951.

Malheureusement pour PINZA, le succès de ses deux films fut éclipsé par le triomphe sans précédent du film de Mario Lanza Le Grand Caruso qui sortait simultanément sur les écrans.

En 1953, PINZA tournera un 3ème et dernier film Tonight We Sing , avec Roberta Peters, Anne Bancroft et le violoniste Isaac Stern. L’histoire de ce film est la vie romancée de la grande basse russe Feodor Chaliapine.

PINZA chante en Russe un extrait de Boris Godunov de Moussorgsky, ce qui fut le clou du film..

La MGM avait envisagé de réaliser deux  films avec  Pinza et Lanza. L’un basé sur une pièce de théâtre de Sacha Guity « Deburau », dans lequel les deux chanteurs auraient convoité la même femme, Ava Garner.

L’autre film prévoyait de réunir Pinza, Lanza et Presley. Pinza aurait tenu le rôle du père dans une famille de célèbres chanteurs, Lanza et Presley auraient été ses deux fils.

Malheureusement aucun de ces deux films ne verra jamais le jour.

De 1951 à 1953, PINZA aura sa propre émission de radio: « The Ezio Pinza Show », dans laquelle il invitera, comme le fit Lanza avec « The Mario Lanza Show », des vedettes de variété comme Rosemary Clooney (la tante de George), et des célébrités, comme la star Zsa Zsa Gabor ou le harpiste Harpo Marx.

Jusqu’en 1955 PINZA fera de multiples apparitions à la télévision américaine et donnera de nombreux concerts et galas. La plus grande basse-chantante du XXème siècle décédera à 64 ans, le 9 Mai 1957, d’un accident vasculaire cérébral alors qu’il se trouvait à Stamford dans le Connecticut.

Insertions musicales :

Finch’han dal vivo : Don Giovanni, Mozart

Le veau d’or : Faust, Gounod

Si la rigueur et la vengeance : La Juive, Halévy

Air du Tambour Major : Le Caïd, Ambroise Thomas

Ah Del Tebro : Norma, Bellini

O Tu Palermo : Les Vêpres siciliennes, Verdi

Vecchia Zimarra : La Bohème, Puccini,

Catégorie Accueil / Home, Evénements, Hommages, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage à Giulietta SIMIONATO

janvier 29th, 2015 par Alain Fauquier


Dimanche 15 Mars 2015

de 9h30 à 10h30

 SIMIONATO 3

Michel Goti, présentateur de l’émission Cappuccino,
sur Aligrefm (93.1) et www.aligre-cappuccino.fr
et ses invités,
la soprano Floria Rosimiro,

Marcel Azencot et Alain Fauquier,
de l’Opéra Club de Paris Mario Lanza,
rendront hommage à l’immense cantatrice
que fut Giulietta Simionato, disparue en 2010.

 

Giulietta Simionato fut sans conteste la plus grande mezzo-soprano italienne de son époque. Sa voix puissante, chaude et sensuelle, résonne encore aux oreilles de toutes celles et de tous ceux qui l’ont un jour entendue sur une scène d’opéra ou dans l’un de ses nombreux enregistrements, et qui en ont gardé un inoubliable souvenir.

Giulietta Simionato possédait tout ce dont une cantatrice peut rêver : une voix pleine et riche ; un timbre éclatant, chaleureux et sensuel ; une voix puissante et souple ; une tessiture très étendue qui lui permettait d’interpréter tous les rôles du répertoire du bel canto. Les rôles comiques lui convenaient aussi bien que les rôles tragiques.

Sa technique était sans faille. Les critiques loueront sa vive intelligence du chant et ses dons de comédienne dont beaucoup de grands chanteurs sont souvent dépourvus.

En dépit d’autant d’atouts, « LA » Simionato (c’est ainsi que la diva sera appelée, au même titre que La Callas ou La Tebaldi), mettra du temps à s’imposer et à faire éclater son talent.

Née à Forti, près de Bologne, en Emilie-Romagne, le 12 mai 1910, Giulietta Simionato étudie le chant  à Rovigo, près de Venise, puis à Milan, et chante en public dès 1927.

En 1933, Giulietta Simionato remporte, face à 385 concurrents, au Théâtre Communal de Florence, un concours de chant qui deviendra la même année le Mai musical de Florence, devant le maestro Tullio Serafin qui fait parti du jury.

C’est un triomphe et elle débute officiellement deux ans plus tard, à 25 ans, dans la création de l’Orséolo de Pizzetti au Théâtre communal de Florence. Elle participe aussitôt à des tournées à Malte, en Tunisie, et en Libye.

Giulietta Simionato a 26 ans, en 1936, lorsqu’elle est engagée à La Scala de Milan où elle fait ses débuts. Ayant refusé, contrairement à certaines de ses rivales de collaborer au régime fasciste, elle reste cantonnée à des rôles secondaires, et devra attendre les années 1940 pour devenir l’une des vedettes les plus en vue de la célèbre scène milanaise.

En 1947 elle triomphe dans le rôle-titre de Mignon d’Ambroise Thomas, chanté en italien, ce qui lui vaut les plus grands éloges de la critique.

Giulietta Simionato chante alors sur toutes les grandes scènes italiennes, Rome, Florence, Turin…, ainsi qu’à la radio italienne (RAI).

Après la guerre, elle se produit en France, notamment à Lyon et à Toulouse, puis au Festival d’Édimbourg en 1947, dans le rôle de Chérubin des Noces de Figaro.

Les vingt années qui suivent sont celles d’une carrière exemplaire.

De retour en Italie, elle se spécialise peu à peu dans les grands rôles de mezzos verdiens, comme Azucena (Le trouvère), Ulrica (Un Bal masqué), Preziosilla (La force du destin), Eboli (Don Carlos), Amneris (Aida).

Giulietta Simionato participe aussi à la renaissance de Rossini, en chantant Isabella de L’Italienne à Alger) ; Rosina du Barbier de Séville), ou Cenerentola de Cendrillon.

Elle ajoute à son répertoire les grandes mezzos de l’opéra français, comme Carmen (qu’elle chantera plus de 200 fois), Dalila, Charlotte. Ses autres rôles notoires incluent Laura de La Gioconda et la Princesse de Bouillon dans Adriana Lecouvreur.

Dans les années 1950, Giulietta Simionato participe à la renaissance du bel canto aux côtés de Maria Callas avec de triomphales prestations en Adalgisa (Norma) et Giovanna Seymour (Anna Bolena). Elle fut aussi une interprète accomplie de Bellini et Donizetti.

Sa carrière s’épanouit comme l’une des plus prestigieuses de son temps.

Elle chante également les opéras de Cimarosa et de Mozart et participe en 1962, auprès de Joan Sutherland, à de triomphales reprises de Semiramide et des Huguenots à La Scala.

Parallèlement, elle se produit à Vienne, Salzburg, Paris, Londres, Chicago, New York, Mexico, Buenos Aires…

Giulietta SIMIONATO a pour partenaires les plus grands chanteurs de son temps avec qui elle réalisera de mémorables enregistrements: Gigli, Maria Carniglia, Gino Bechi, Del Monaco, Callas, Bergonzi, Tebaldi, Merrill, Vickers, Corelli, Raimondi

Elle chante sous la direction des chefs les plus prestigieux : Alberto Erede,Tullio Serafin, Mario Rossi, Herbert Von Karajan, pour n’en citer que quelques uns.

En 1966, à 56 ans, Giulietta Simionato se retire alors qu’elle est encore en pleine possession de ses moyens.

Un an auparavant, le 18 novembre 1965, elle avait épousé Cesare Frugoni, un brillant professeur de médecine, alors âgé de 84 ans, qui fut le médecin particulier de Mussolini.

Le 1er février 1966, pour marquer le 30e anniversaire de ses débuts à la Scala, elle chante le rôle modeste de Servilia dans La Clémence de Titus, de Mozart, à la Piccola Scala.

La Simionato fut longtemps une cantatrice « empêchée ».

Longue à s’imposer, elle était devenue l’une des plus grandes cantatrices du XXème siècle.

Elle est morte le 5 mai 2010, soit une semaine avant d’atteindre son 100e anniversaire.

Outre de nombreuses enregistrements, on peut voir Sur YouTube, deux interviews : l’une émouvante, réalisée le 16/09/77, dans laquelle elle rend hommage à son amie Maria Callas qui vient de disparaitre ; l’autre dans laquelle elle expose avec enthousiasme sa méthode de chant : « Il mio metodo di canto ».

Insertions musicales :

BIZET : Carmen, la habanera

ROSSINI : Le Barbier de Séville, Una voce poco fa

VERDI: Don Carlos, O don fatale

VERDI : La Force du destin, Rataplan

ROSSINI, Tancrede : Di Tanti palpiti

 

 

 

Catégorie Accueil / Home, Evénements, Hommages, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage à Carlo Bergonzi sur Radio Aligre

novembre 21st, 2014 par Alain Fauquier


Affiche Bergonzi

Hommage à Carlo BERGONZI

“Le Maître de Chant”

 

Ce 14 décembre 2014, nous allons nous intéresser à un artiste hors du commun mais qui présentait tous les aspects du commun et de l’homme ordinaire.

Cet homme a une place à part parmi les grands interprètes de l’opéra et du chant en général : il s’agit de Carlo Bergonzi, qui vient de nous quitter cette année 2014, le 25 juillet, à l’âge de 90 ans à Milan.

Il était né le 13 juillet 1924 à Polisene, près de Parme.

Ce fut un des grands ténors du 20ème siècle.

Sa carrière se déroula entre la fin de la deuxième guerre, 1948 où il fit ses débuts, et les années 1980, soit une très longue carrière rendue possible par un sa grande technique et maîtrise du chant et tout le monde sait que la technique économise la voix et permet de durer.

Carlo Bergonzi fut un véritable maître, un exemple, une référence pour tous ceux, et les plus grands, qui eurent l’honneur de chanter avec lui et pour tous ceux qui aspirent à chanter ou à perfectionner leur technique et leur style.

Pour preuve et pour exemple le ténor Salvatore Licitra, à qui nous avons consacré une émission, et qui fut l’élève de Carlo Bergonzi, dont il apprit l’élégance, la simplicité, le respect de la ligne mélodique, du texte et de sa poésie, en un mot le respect de la musique et du compositeur.

Pour ce programme, disons tout de suite que pour un artiste à part nous avons choisi un programme à part, au cours duquel nous aurons des airs qu’on nous donne assez rarement à écouter à la radio et à la télévision, qu’il s’agisse d’opéra ou de grandes mélodies poétiques ou populaires.

Il y aura certes Verdi, Puccini, à l’interprétation desquels Carlo Bergonzi a apporté une contribution de référence, mais à l’Opéra club de Paris-Mario Lanza, nous avons pensé à des œuvres moins jouées et à des mélodies magnifiques même si moins connues.

Des générations de chanteurs se sont inspirées de Carlo Bergonzi pour comprendre ce qu’étaient le phrasé, la ligne mélodique, la maîtrise du souffle, la subtilité, le respect des mots de la musique, la musicalité.

Cet immense ténor avait d’abord été un baryton.

Carlo Bergonzi étudia d’abord avec de grands professeurs et fit ses débuts en 1948 comme baryton dans « le Barbier de Séville » à l’opéra de Lecce.

Il chanta même avec le légendaire ténor italien Tito Schipa dans « l’Elixir d’Amour », de Gaetano Donizetti. Il remplaça aussi Tito Gobbi dans une représentation du « Rigoletto », de Verdi mais la représentation fut décevante.

Mais l’artiste devait admettre qu’il n’était pas né pour chanter dans ce registre médian, celui du baryton, et que sa voix était celle d’un ténor.

Caruso avait eu la même mésaventure en commençant comme baryton.

Il lui fallut alors retravailler sa voix et travailler un nouveau répertoire, celui des ténors.

Et en seulement trois ans, en 1951, il faisait son second début comme ténor à l’opéra de Bari  (ville de naissance de Licia Albanese à laquelle nous avons consacré une émission) et ce nouveau début, il le faisait dans un rôle très difficile et qui demande beaucoup à la voix, celui « d’André Chénier » de Giordano pour la musique et Luigi Illica pour le livret.

Alors, après le public de 1951, découvrons-le à notre tour dans ce rôle !

C’est l’un des trois grands airs les plus chantés de cet opéra (où Mario Lanza faisait merveille, soit dit en passant) : ici André Chénier est en prison, la prison Saint-Lazare, il va être exécuté par les révolutionnaires de la Terreur, et notamment Robespierre, et il compose un dernier poème :

Comme l’année 1951 était ce que l’on appelle le petit anniversaire de la mort de Verdi (mort en 1901), soit 50 ans plus tôt, la radio italienne engagea Carlo Bergonzi pour une série d’émissions consacrées à des opéras moins connus de Verdi.

Déjà la réputation de son chant était grande et on parlait de son raffinement rare, de son style exemplaire, de son goût impeccable, tout ceci  hérité du grand Tito Schipa, sur les enregistrements duquel il se forma.

Dans le cas de ces deux hommes, la technique, le style, l’élégance, la qualité de la diction avaient fini par compenser les moyens relativement limités de la voix.

Entendons-nous ! Les deux voix étaient magnifiques mais elles n’avaient rien de phénoménal, si l’on peut dire, ni d’exceptionnel,  ni par leur étendue ni par leur puissance. Mais elles étaient particulières, la voix de Schipa était légèrement voilée, « sfumata », disait-on.

Quant à celle de Bergonzi, en elle-même et en timbre, elle semblait n’avoir rien d’exceptionnel, mais l’intelligence du texte, la musicalité inscrite dans cet homme, son élégance morale et vocale (pas d’excès, respect de la partition et du texte) tout ceci faisait un ensemble inoubliable.

C’était l’époque des voix avant tout, par rapport à aujourd’hui où le physique nous fait presque oublier que l’opéra, c’est le chant et pas un concours de beauté.

Bergonzi, pas grand acteur, pas magnifiquement beau, même s’il n’était pas vilain, faisait passer l’émotion et le jeu par la voix, par de subtils changements, de l’émotion et une maîtrise du souffle incomparable, qui permet beaucoup de choses.

Schipa, sur qui nous espérons faire une émission, et Bergonzi, ces deux voix avaient fini par conquérir ou acquérir une harmonie parfaite.

La réputation de Carlo Bergonzi dépassa peu à peu les frontières de l’Italie et ce furent les engagements dans les plus grands opéras du monde, Scala de Milan (1953), Opéra de Chicago (1955), Metropolitan Opéra de New York (1956), Londres (Covent Garden, 1962) etc…

Carlo Bergonzi était le partenaire légendaire des plus grands artistes de notre temps, Maria Callas, Renata Tebaldi, Montserrat Caballe, Leontyne Price, Fiorenza Cossotto, Renata Scotto, Shirley Verrett, Birgit Nilsson, Giulietta Simionato, Joan Sutherland, pour ne parler que de quelques unes des étoiles féminines de l’Opéra de notre temps ; puis tous les grands chefs, Gavazzeni, Sir Georg Solti, sir Richard Bonynge, Herbert Von Karajan, Tullio Serafin, mentor de Callas, Rafael Kubelik, Nello Santi, Erich Leinsdorf au Metropolitan de New York etc…

En résumé, faut-il dire qu’il a eu l’honneur de chanter avec les plus grands ou que les plus grands ont eu l’honneur de chanter avec lui ?

Mais revenons à Verdi, le préféré de Bergonzi. Verdi qui, disait-il, exige une voix de ténor mâle et virile pour ses personnages :

Verdi était tout pour lui !

Sur ses vieux jours, Bergonzi s’aidait avec une canne dont le pommeau était la tête de Verdi.

Il est vrai qu’il vivait près de Busseto, la ville de Verdi et que l’auberge qu’il avait ouverte avec ses fils, et l’académie de musique où l’on venait du monde entier pour entendre ses leçons, s’appelait « I due Foscari », les deux Foscari, du nom d’un opéra de Verdi.

Il est vrai aussi que son grand-père, marchand de fromage (d’ailleurs comme son père et lui-même dans sa jeunesse, dans le commerce de la famille), que son grand-père donc, s’était rendu un jour chez Verdi pour lui vendre ses fromages.

Bergonzi se souvenait encore du choix de fromages de Verdi mais surtout du dialogue entre son grand père et le grand homme ! L’illustre compositeur, gloire nationale de l’Italie, avait demandé à son grand-père : «Savez-vous qui je suis? Dois-je toujours payer ?» Le grand-père Bergonzi répondit : «Je sais parfaitement qui vous êtes, maestro Verdi, mais vous vendez votre musique pour vivre et moi je vends mes fromages pour vivre ! Alors vous devez payer ! «

Et Verdi paya, comme le raconta Bergonzi au musicologue américain de la compilation qui vient d’être publiée chez RCA juste après le décès du grand ténor, « The Great Carlo Bergonzi ».

Mais Bergonzi, était aussi un maître dans Puccini dont il avait chanté les plus grands rôles, La Bohème, Madame Butterfly, Tosca, Manon Lescaut.

Carlo Bergonzi, c’était aussi le « bel canto », les grandes mélodies poétiques italiennes, celles qui se rapprochent le plus des lieder allemands de Schubert ou de Schumann, c’est-à-dire de courtes mélodies dans lesquelles on sculpte dans la poésie et dans les mots en gardant la ligne de chant, et où les nuances et les subtilités sont plus importantes que la force et la puissance.

On vient de le dire, en dehors de l’Opéra, Carlo Bergonzi excellait dans la mélodie (et le récital).

Insertions musicales :

Io Ti Sento : (mélodie) TOSTI

La dolcissima effigie : Adrienne Lecouvreur, CILEA

Come un bel di di Maggio : André Chénier, CILEA

Ah ! Si ben mio : Il Trovatore, VERDI

Parmi veder le lagrime : Rigoletto, VERDI

Ma se m’è forza perderti : Un Ballo in Maschera, VERDI

Donna non vidi mai : Manon Lescaut, PUCCINI

Addio Fiorito Asil : Madame Butterfly, PUCCINI

O del mio amato ben : (mélodie) Stefano DONAUDI

Vaga luna che inargenti : (mélodie) BELLINI

Catégorie Accueil / Home, Evénements, Hommages, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage à Franco Corelli sur Radio Aligre

septembre 17th, 2014 par Alain Fauquier


Affiche Corelli

 Avec le ténor italien Franco Corelli, nous rendons hommage aujourd’hui au dernier prince de l’âge d’or. Doté d’une voix chaleureuse, ample, riche et profondément poignante, d’un souffle souverain et d’un physique séduisant, Franco Corelli restera à bien des égards, pour ceux qui l’ont vu et entendu sur une scène d’opéra, l’incarnation du ténor idéal, aussi beau à voir qu’à entendre.

Franco Corelli avait effectivement tout pour lui : un physique de jeune premier, grand et d’allure athlétique (il mesurait 1,88 m); une personnalité fascinante qui apportait de la crédibilité aux personnages romantiques qu’il incarnait, et une voix de toute beauté. Herbert von Karajan qui le dirigea à Salzbourg lors d’une représentation mémorable du Trouvère en 1961 avec Price et Simionato, dira de Corelli qu’il avait: « Une voix héroïque, sombrement sensuelle et mystérieusement mélancolique, mais une voix de tonnerre et d’éclairs, de feu et de sang ! ».

 Avec autant d’atouts, il n’est guère surprenant que Franco Corelli soit devenu l’idole des grandes scènes d’opéra. Malheureusement, tout au long de sa carrière il souffrira d’insatisfaction chronique. Jamais content de lui, il sera en permanence rongé par le doute et l’anxiété. Ses amis et collègues disaient qu’il souffrait le martyre avant d’entrer sur scène. Matthew Boyden, musicologue à la BBC, écrit  dans son livre sur l’histoire de l’opéra: « Son manque d’assurance fera de Corelli une figure tragique de l’opéra ».

Franco Corelli est né en 1921, une année bénie des Dieux pour l’opéra qui verra naitre trois ténors de premier plan: Mario Lanza, le 31 janvier ; Franco Corelli, le 8 avril et Giuseppe Di Stefano le 24 juillet. Franco Corelli nait à Ancône, capitale de la région des Marches, sur l’Adriatique, dans une famille modeste (son père était ouvrier de chantiers navals). Pour la petite histoire, son prénom de naissance n’était pas « Franco », mais « Dario », et ce n’est que plus tard qu’il changera de prénom.

Inspiré par Caruso et Gigli, Franco Corelli avait chanté dans sa jeunesse en tant qu’amateur, mais il n’avait jamais envisagé de réaliser une carrière de chanteur professionnel. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur agronome obtenu à l’Université de Bologne, il travaillait comme géomètre pour l’administration locale.

Fortement encouragé par ses amis, il se décide à entreprendre des études de chant au conservatoire de Pesaro. Mais, après quelques mois, il estime que les résultats ne sont pas ceux qu’il espérait et il préférera travailler en autodidacte avec les conseils du ténor Giacomo Lauri-Volpi.

Franco Corelli se donne à fond dans son travail, s’impose une discipline rigoureuse, une discipline quasi monacale même, marquée en permanence par l’autocritique. Son perfectionnisme est tel qu’il en devient obsessionnel.  Contrairement à Mario Lanza, sa voix n’est pas placée de naissance, et il lui faudra 6 ans d’efforts et de travail acharné pour parvenir à la positionner idéalement. Il lui faudra encore 3 ans de plus pour pouvoir attaquer un contre-ut à pleine voix.

Ses efforts seront récompensés : son timbre particulièrement sombre s’allégea, lui permettant d’aborder certains rôles parmi les plus enlevés du répertoire de bel canto. Ce long travail de préparation explique aussi ses débuts relativement tardifs. Il a en effet 30 ans en 1951 lorsqu’il remporte le Concours du Mai Musical de Florence et fait ses débuts le 26 août 1951 au festival de musique de Spoleto où il interprète Don José dans Carmen. Il recueille un immense succès pour la puissance et l’amplitude de sa voix.

Aussitôt sollicité par plusieurs théâtres lyriques italiens, Franco Corelli choisit de débuter sa carrière avec des œuvres variées : en plus du répertoire standard, on a pu l’entendre dans des opéras tels que Guerre et Paix de Prokofiev, Iphigénie en Aulide de Gluck ou Giulietta e Romeo de Riccardo Zandonai qu’il chante en 1953 à l’Opéra de Rome ; opéra de Rome dont il devient rapidement un membre permanent avec un répertoire étendu de quelques 30 rôles.

En avril 1953, Franco Corelli chante pour la première fois avec Maria Callas dans Norma et il la retrouvera à nouveau en 1954 à l’occasion de ses débuts à La Scala dans une production très applaudie de La Vestale de Gasparo Spontini. Les apparitions qu’ils effectueront ensemble par la suite feront partie de la légende. La première apparition de Corelli hors d’Italie a lieu en 1957 à Covent Garden où il triomphe dans La Tosca de Puccini, avec pour partenaire la grande soprano dramatique croate Zinka Milanov.

En 1958, il épouse la fille d’une basse de Milan, Loretta di Lelio, elle-même soprano qui devient son agent. Le 27 janvier 1961, Franco Corelli et Leontyne Price font conjointement leurs débuts au Met de New York, dans le Trouvère de Verdi. La même saison, Corelli et Birgit Nilson remettent Turandot de Puccini au répertoire de l’opéra new-yorkais. Cette production fut un grand succès personnel pour Corelli qui sera invité à ouvrir la saison suivante dans le rôle d’André Chénier (sans doute l’une de ses plus grandes réussites).

En 10 saisons Corelli chantera au Met 15 rôles dont 368 fois le célèbre « Cielo e mar » de la Gioconda de Ponchielli. Spécialiste des rôles héroïques italiens et français, il se produit en Europe, en particulier à La Scala de Milan et au Festival de Salzbourg sous la baguette d’Herbert von Karajan.

En dépit de sa présence héroïque sur scène, Franco Corelli souffrait d’un trac terrible, nous l’avons dit, un trac qui lui desséchait la bouche et l’obligeait à avoir en permanence dans sa main un mouchoir mouillé pour s’humidifier régulièrement la langue. A l’entracte il se verrouillait dans sa loge ! La soprano Renata Scotto disait : « On devait le pousser sur scène ! » Lors d’une représentation de Don Carlos au Met, il n’a jamais voulu entrer sur scène et il a fallu baisser le rideau. Une autre fois, lors d’une représentation au Met de Cavaleria Rusticana, il fit irruption dans la loge de Leonard Bernstein, pour lui déclarer, paniqué, égaré, l’air perdu : « Maestro, je ne me sens pas bien, je ne peux pas entrer en scène, je vais ruiner la représentation ! »

 « Humeur, caprice ? Non, mais trac, fragilité d’artiste ; sentiment exaspéré de sa responsabilité, de ce qu’on attendait de lui », écrit le critique André Tubeuf. Lors d’une Tosca à Nice, Suzanne Sarrocca se demandait s’il allait finir par revenir. Malgré les applaudissements du public, il considérait ne pas être à la hauteur, probablement en raison de sa formation autodidacte. Certains critiques le jugeaient précieux et peu fiable, capable de déclarer forfait à la dernière minute sur un coup de tête ou en raison de son trac, mais son charisme était tel que personne ne lui en tint jamais rigueur.

S’il lui arrivait d’être excentrique (il venait répéter dans un manteau pourri de quasi-clochard, et pouvait même refuser d’entrer en scène si ses cachets, de plus en plus exorbitants, ne lui étaient pas versés en argent liquide qu’il fourrait dans des sacs à provision), son comportement peu orthodoxe n’en contribua pas moins à faire de lui sa légende, rappelle encore André Tubeuf.

Corelli s’illustra mémorablement aussi dans deux opéras français qui semblaient avoir été écrits spécialement pour lui : Roméo et Juliette et Werther. Son Roméo était un solide gaillard passionné et viril, et il lui conférait certaines des plus belles sonorités entendues à l’opéra. Le rôle de Werther lui convenait à la perfection, sensible, romanesque et vulnérable.

En raison de son physique de jeune premier, Corelli était surnommé « Cuisses d’or » par la troupe du Metropolitan Opera. On raconte que les sopranos tournaient de l’œil pendant les duos d’amour, que les choristes se mettaient à bredouiller, que les musiciens de l’orchestre se levaient à l’issue des représentations pour l’ovationner avec le public. Pourtant, aucun de ses confrères ne lui manifesta la moindre jalousie, la plupart étant trop flattés de pouvoir se produire à ses côtés.

A la fin de sa carrière, Corelli était devenu un personnage faustien, un homme doué d’un talent surnaturel, mais condamné à l’insatisfaction perpétuelle. Les enregistrements qu’il nous a laissés donnent une idée de l’enthousiasme quasi animal qu’il pouvait susciter, de l’intensité de ses aigus et de sa prodigieuse tenue du souffle.

Sa diction molle et aspirée (on a l’impression qu’il chante avec une patate chaude dans la bouche ou que sa langue le gène), lui valut de nombreuses critiques. Cette mauvaise prononciation pouvait passer au second plan sur une scène d’opéra, mais elle devient vite omniprésente et franchement insupportable lorsque l’on écoute successivement plusieurs de ses enregistrements.

Ce défaut mis à part, on peut dire que dans les rôles qu’il maitrisait parfaitement : André Chénier, Le Trouvère, Werther, Carmen, Paillasse, La Force du Destin, Aïda, Franco Corelli était tout simplement insurpassable. En 1973 et 1974 il donne une série de concerts avec Renata Tebaldi et cesse de chanter sur scène en 1976 alors qu’il n’a que 55 ans.  Il meurt à Milan le 29 octobre 2003, à l’âge de 82 ans.

Extraits diffusés :

Ah, non mi ridestar : Werther, Massenet

Addio fiorito asil : Madame Butterfly, Puccini

La mia letizia infondere : Les Lombards, Verdi

Amor ti vieta : Fedora, Giordano

Recondita armonia : Tosca, Puccini

Nessun dorma : Turandot, Puccini

Come un bel di di Maggio : André Chénier, Giordano

No ! Pagliaccio non son !, Paillasse, Leoncavallo

Cielo e mar : La Gioconda, Ponchielli

Salut demeure chaste et pure : Faust, Charles Gounod

 

Catégorie Accueil / Home, Hommages, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage au ténor Jussi Björling sur Radio Aligre

mai 6th, 2014 par Alain Fauquier


Dimanche 25 mai 2014

9.30 – 10.30

 Hommage au ténor

Jussi Björling 

Jussi Björling

Star du Metropolitan Opera de New York,
le ténor suédois Jussi Bjöerling
fut l’un des chanteurs les plus adulés
et les plus doués de l’histoire de l’opéra.


Michel Goti et ses invités,
la soprano Floria Rosimiro,

Marcel Azencot et Alain Fauquier
co-fondateurs de
l’Opéra Club de Paris Mario Lanza,
ont rendu hommage à cet illustre chanteur.
 
Sur Aligrefm 93.1
& www.aligre-cappuccino.fr

Jussi Björling avait l’une de ces voix que l’on reconnaît instantanément, une voix qui ne pouvait être nullement confondue avec aucune autre voix au monde !

Cet homme, petit et bien planté, au beau visage et aux yeux clairs et tristes, était, d’après André Tubeuf, « une colonne de son », et d’après Walter Legge, fondateur du London Philharmonia Orchestra, producteur de disques chez EMI et « promoteur » de Herbert Von Karajan, Björling était l’homme au « ring and golden glow unlike any other in the world » (« une voix à la couleur d’or, qui résonne comme aucune autre dans le monde  »).

Et ce qu’il disait de Björling était vrai, comme cela est vrai de toutes les grandes voix : chacune est unique, et sonne comme aucune autre, miroir d’une âme unique.

Johan Jonathan (« Jussi », comme l’avait appelé sa grand mère finlandaise) Björling est né à Borlänge, paroisse de Stora Tuna, en Suède, le 5 février  1911. Sa famille était une famille de musiciens et très jeune, le jeune Jussi et ses deux frères reçurent de leur père David, ténor et professeur de chant, une solide formation musicale et vocale.

Leur père David constitua avec ses enfants le « Quartette Masculin Björling ». Jussi  commença à y chanter à l’âge de quatre ans et demi et les concerts se succédèrent, notamment dans les églises partout en Suède.

Compte tenu de son jeune âge, on lui faisait chanter « « Donnez-moi les Ailes d’un Ange », « Give me Angel’s Wings ».

Les tournées de concerts en Suède durèrent 11 ans, et le quartette familial donna environ 900 concerts.

A l’âge de 15 ans, Jussi Björling était déjà un chanteur chevronné, presque un vétéran !

Ce quartette chantait bien sûr en Suédois, mais aussi en allemand, en italien, en français, en anglais.

David Björling décida de donner un coup d’accélérateur à la carrière de son quartette familial et de partir hors de Suède.

Et ce fut le départ avec ses enfants pour les Etats-Unis en 1919.  Au total, leur quartette donna  en Amérique plus de 100 concerts et procéda même à des enregistrements.

La voix de ce garçon de 15 ans avait évolué mais gardé cette clarté de cristal, ce fameux « cristal triste ».

Alors avec son expérience de 11 ans de chant, son père lui fit chanter le fameux aria M’appari de l’opéra Martha, de Von Flotow.

Après la mort du père, le quartette des frères Bjorling cessa de se produire et Jussi fut accepté à l’École royale d’opéra de Suède alors dirigée par le baryton John Forsell qui fut un maître sévère mais également le protecteur de Jussi.

Après quelques apparitions dans des rôles secondaires, il lui fit faire son début à l’Opéra Royal de Stockholm le 20 août 1930 dans le rôle de Don Ottavio dans le Don Giovanni de Mozart. Il avait 19 ans !

Mozart, servi par Jussi Björling ! Mozart aurait sans doute beaucoup aimé !

Après ses débuts à l’opéra en Suède, Jussi se produisit au Danemark voisin, à Copenhague, à l’été 1931. De là, en Tchécoslovaquie, puis en Allemagne, puis à l’Opéra de Vienne. Il chantait aussi beaucoup en récital.

En 1937, en route pour les Etats-Unis, il s’arrête à Londres et donne son premier récital au Royaume Uni, puis aux Etats-Unis, donne des concerts, notamment à la radio dont trois depuis le Carnegie Hall sous l’égide de General Motors !

Puis ce fut Rigoletto et la Bohème, à l’Opéra de Chicago, puis en 1938, La Bohème au Metropolitan Opera de New York, grand début au Met, de Jussi Björling.

En 1939, le grand ténor fit son début à Covent Garden, c’est-à-dire à l’opéra royal de Londres. C’était dans Le Trouvère,  de Verdi.

 En 1940 il ouvrit la saison du Metropolitan de New York pour la première fois, dans une production du Bal Masqué. 

Puis vint la guerre, pendant laquelle Jussi Björling resta dans son pays, avec une exception pour aller chanter en Italie en 1943 le rôle du Trouvère (Il Trovatore) à Florence.

A l’automne de 1945, Jussi Björling retourna aux Etats-Unis pour une tournée de huit mois puis l’opéra de San Francisco, celui de Chicago etc.

Il se produisit aussi, et de plus en plus, en récital et en concert, avec de nombreuses apparitions à la radio ou à la télévision, précisément dans les programmes diffusés par les grandes compagnies américaines, et notamment le programme intitulé « L’Heure du dimanche soir » sponsorisé par le constructeur automobile Ford  ou encore « la Voix de Firestone » etc.

Mais bien entendu, comme il vivait en Suède, avec sa femme Anna Lisa, elle-même soprano, et leurs trois enfants, il chantait également dans son pays, où il était une gloire nationale, et aussi dans les autres pays de Scandinavie où il jouissait d’une énorme popularité.

Toutefois, sa carrière internationale le conduisait principalement aux Etats-Unis, mais aussi en Italie, notamment à Milan à la Scala, (Rigoletto), puis à Londres, à Covent Garden en 1960 (année de sa mort), où il interpréta une fois de plus la Bohême, sans oublier enfin de nombreux récitals – il aimait beaucoup les récitals – dans de nombreux pays, et notamment au Royaume-Uni dans les années 1950.

Il fit même une longue tournée en Afrique du Sud en 1954.

Son répertoire d’opéra et d’opérette comprenait pas moins de 55 rôles, dont certains qu’il abandonna au fur et à mesure de sa gloire grandissante, comme le rôled’Arnold, de Guillaume Tell, ou du compte Almaviva,  dans le Barbier de Séville.

Après la guerre, son véritable répertoire effectif se réduisit à une douzaine de rôles qu’il continua de chanter dans le monde entier, où on le réclamait : Aïda, Le Trouvère, le Bal Masqué, Rigoletto, la Bohême, Tosca, Cavalleria Rusticana, et Pagliacci, pour le répertoire italien, et  Faust  et Roméo et Juliette, pour l’opéra français.

Plus tard il ajouta Manon Lescaut, de Puccini, et Don Carlo de Verdi, ce dernier rôle qu’il interpréta avec son ami américain l’immense baryton du Metropolitan, Robert Merrill, avec qui il avait beaucoup chanté.

Jussi Björling est mort jeune, dans sa cinquantième année à Stockholm, le 9 septembre 1960, d’une défaillance cardiaque survenue, semble-t-il dans son sommeil.

Il fut l’une des plus grandes voix du XXème siècle, voix extraordinairement typée, dorée, claire et presque transparente, voix triste aussi d’une âme insatisfaite et tourmentée.

Il avait aussi connu et admiré Mario Lanza, autre âme tourmentée, mort un an avant lui, et ils avaient au moins un ami commun, le grand baryton Robert Merrill, qui, lui semblait-il, exprimait la joie de vivre !

Insertions musicales :

E il sol dell’anima : Rigoletto, Verdi

Standchen : Franz Schubert 

La Fleur que tu m’avais jetée : Carmen, Bizet 

M’appari : Martha, Von Flotow

Il mio tesoro : Don Giovanni, Mozart

Che Gelida  Manina : La Bohème, Puccini

Di Quella Pira : Il Trovatore, Verdi

Addio alla madre : Cavalleria Rusticana, Mascagni

Ah ! Lève-toi soleil : Roméo et Juliette, Gounod

Catégorie Accueil / Home, Evénements, Hommages, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage à Renata Tebaldi sur Radio Aligre

janvier 26th, 2014 par Alain Fauquier


Dimanche 9 mars 2014

9h30 / 10h30

 

Sur aligrefm 93.1
et www.
aligre-cappuccino.fr

 

Hommage à la Diva
Renata TEBALDI

Dans la rubrique  Arte lirica,
 
de l’émission dominicale Cappuccino,
Michel Goti et ses invités,
la soprano Floria Rosimiro,

Marcel Azencot et Alain Fauquier
co-fondateurs de
l’Opéra Club de Paris Mario Lanza,
ont rendu hommage
à la grande soprano italienne Renata Tebaldi

Chanteuse préférée des amateurs d’opéra italiens, la Grande Renata Tebaldi était réputée pour avoir la plus belle voix de soprano du XXème siècle.

Si Maria Callas fut sans conteste la plus grande tragédienne de sa génération, sa grande rivale Renata Tebaldi n’avait que sa voix pour enflammer le public. Mais quelle voix !

Si Renata Tebaldi était dépourvue du génie dramatique de Maria Callas ou de l’agilité vocale de la plupart de ses consoeurs, sa voix en revanche n’était que splendeur, somptuosité et pureté.

Une voix splendide qui avait une émission cristalline de soprano lyrique pur, évoluant au fil des années, vers le spinto. (Un terme qui s’utilise aussi pour les voix de ténors et qui désigne une voix « poussée », à mi-chemin entre le lyrique et le dramatique).

Lorsqu’il évoque la voix de Tebaldi, le critique musical André Tubeuf utilise l’expression de « voix de lait et de lumière. »     

Le musicologue Matthew Boyden relève, dans son livre sur l’Histoire de l’Opéra, que Tebaldi fut la preuve vivante que le public place la beauté de la voix au dessus de tout le reste, et nombreux sont ceux qui pensent qu’elle ne fit pas d’émule parce qu’elle était elle-même « l’œuvre de Dieu ».

En l’écoutant on est immédiatement transporté par la beauté de son timbre et l’émotion qu’il transmet.

Renata Tebaldi nait le 1er février 1922 à Pesaro, une ville portuaire située sur le bord de la mer Adriatique dans la région des Marches, d’un père violoncelliste et d’une mère infirmière.

Après avoir appris très jeune le piano à Parme, elle entreprend des études de chant au Conservatoire de Mantoue, puis se perfectionne de 1940 à 1943 au conservatoire de Milan avec la soprano Carmen Melis qui fut l’élève de Puccini et qui chanta avec Caruso au Royal Opera House de Londres en 1913.

Après seulement quatre ans d’études, elle débute en 1944 dans le rôle d’Elena de Méphistophélès d’Arrigo Boito, au Théâtre municipal de Rovigo.  Puis elle se produit à Parme et à Trieste dans  des représentations d’Otello de Verdi.

En 1946 Renata Tebaldi est auditionnée par Arturo Toscanini qui cherche une soprano pour la cérémonie de réouverture de la Scala.

Immédiatement conquis par le timbre sublime de la jeune Renata qui n’a que 24 ans, Toscanini lui accorde l’honneur, malgré son inexpérience, de tenir la vedette du concert d’ouverture de la Scala le 11 mai 1946.

Après ces débuts très prometteurs, Renata Tebaldi va mener une carrière internationale tout en devenant, entre 1949 et 1955, la première soprano lyrico-dramatique de la Scala.

Renata Tebaldi va se produire sous la direction des plus grands chefs de son temps : Victor de Sabata, Francesco Molinari-Pradelli, Georg Solti, Herbert von Karajan, Carlo Maria Giulini, Karl Böhm, Fausto Cleva, Alberto Erede, James Levine…

En 1949 elle chante à Lisbonne Don Giovanni et Falstaff.

En 1950, au Covent Garden de Londres elle chante Desdémone dans Otello, puis Aïda à l’opéra de San Francisco.

En 1951 elle se produit à l’Opéra de Paris et à l’église de la Madeleine où elle chante Jeanne d’Arc de Verdi.

Le 31 janvier 1955 Tebaldi fait ses débuts avec Otello au Metropolitan Opera de New York où elle se produira régulièrement jusqu’en 1972 dans de très nombreux rôles : Desdémone (c’était son héroïne préférée jusqu’à la fin de sa carrière car, selon ses propres mots, elle incarne l’innocence, la douceur et la victime de l’amour et de la jalousie, qui ne connaissent pas de loi), Mimi, Tosca, Butterfly, Minnie, Maddalena… Soit plus de 250 représentations.

A partir de 1956 elle chantera aussi à l’opéra de Chicago.

Parallèlement, elle signe un contrat d’exclusivité avec la firme Decca, avec qui elle va graver quelque 27 intégrales d’opéras dont une douzaine qui feront date dans l’histoire du disque, comme La Bohème en 1951 et 1958 ; Madame Butterfly en 1951 et 1958 ; Otello en 1964 et 1961 ; La Traviata en 1954 ou André Chénier en 1957.

On ne peut pas faire une émission sur « La Tebaldi » sans évoquer la rivalité qui l’opposait à « La Callas » et qui faisait souvent la « une » des médias.

Cette rivalité, même si Maria Callas a contribué à l’alimenter en déclarant notamment à un journaliste que la comparer à Tebaldi c’était « comparer du champagne à du Coca-Cola », la comparaison entre les deux divas n’avait aucun sens, tant les personnalités et les voix étaient différentes.

Cette polémique exacerbée par les Médias et la Presse people avait débuté en avril 1950 lorsque Renata Tebaldi, souffrante, fut remplacée au pied levée par Maria Callas lors d’une représentation d’Aïda.

A cette époque, la mode veut que l’on sacrifie la beauté vocale sur l’autel de la force dramatique. Mais ceux qui rejettent cette vision réaliste de l’opéra considèrent que la voix somptueuse de Tebaldi est l’instrument idéal au service du compositeur et de la musique.

En réalité les deux divas s’admiraient réciproquement : Callas écoutant avec délectation les enregistrements de Tebaldi, et Tebaldi allant assister avec ravissement aux répétitions de Callas.

En octobre 1955, de passage à Los Angeles où elle donne une représentation d’Aïda au Shrine Auditorium, Renata Tebaldi exprime le souhait de rencontrer Mario Lanza à qui, comme Maria Callas et beaucoup d’autres, elle voue une grande admiration.

Admiratrice de Mario Lanza, Renata Tebaldi se fait conduire à Hollywood, plus précisément à Burbank, dans les studios Warner Bros où elle est accueillie sur le plateau du film « Serenade » par le producteur  Henry Blanke, le maestro Ray Heindorf, directeur musical de la célèbre compagnie et bien sûr par Mario Lanza.

La rencontre est chaleureuse. Les deux stars du bel canto se congratulent et s’embrassent ; des photos immortalisent ce moment. On présente à la soprano des séquences chantées du film (des rushes) dont « Nessun dorma » de Turandot.

Très impressionnée et émue, Renata Tebaldi déclare à Mario Lanza, les larmes aux yeux : « Vous avez la plus belle voix de ténor que j’aie jamais entendue ».

Lanza l’invitera chez lui dans sa magnifique villa de Palm Springs.

Accompagné au piano par le maestro Giacomo Spadoni, Mario Lanza chantera pour elle et les amis qu’il avait invités pour la circonstance.

A l’issue de cette rencontre, Tebaldi dira : « Mario Lanza a la voix d’un ange, mais lorsqu’il chante à pleins poumons, ça décoiffe ! (He split the wind). Il m’a proposé de chanter avec lui dans un film. Bien que très honorée j’ai dû décliner sa proposition car je craignais qu’une cure d’amaigrissement n’altère ma voix. Néanmoins nous avons projeté de nous retrouver pour chanter ensemble André Chénier. »

Malheureusement leurs emplois du temps respectifs ne permettront pas la réalisation de ce qui aurait pu être une merveilleuse rencontre pour la postérité.

A partir de 1963, alors qu’elle n’a que 41 ans, la voix de Tebaldi commence à s’altérer, la contraignant à revoir sa technique et son répertoire. Son grave s’est élargi et ses aigus se sont durcis ; le timbre de sa voix est devenu plus dramatique et a perdu de son moelleux, ce qui ne l’empêchera pas d’enchainer les triomphes comme dans La Gioconda et La Fanfiulla del West.  

Sa dernière prestation sur une scène d’opéra a lieu en janvier 1973 au Met de New York avec Desdemone d’Otello sous la baguette de James Levine.

Etrangement, c’est dans ce même rôle et sur cette même scène qu’elle avait fait ses débuts 17 ans plus tôt.

Au cours des trois années qui vont suivre, Tebaldi va donner des récitals dont un au Royal Albert Hall et une série de concerts en 1973 et 1974 avec le ténor Franco Corelli.

En 1975 elle donne deux récitals à l’Espace Cardin à Paris et en 1976 un concert à la Scala au bénéfice des victimes du tremblement de terre du Frioul. Afin de préserver sa santé déclinante, elle arrêtera sa carrière à 56 ans et donnera un récital d’adieu le 23 mai 1978 à la Scala de Milan.

Elle disparaîtra 26 ans plus tard le 19 décembre 2004 à Saint-Marin à l’âge de 82 ans.

Extraits diffusés :

Gianni Schicchi, Puccini: O mio babbino caro

Tosca, Puccini: Vissi d’arte, vissi d’amore

La Wally, Catalani : Ebben ?… Ne andro lontana

La Gioconda, Ponchielli : Suicidio !

Aïda, Verdi : Ritorna vincitor !

Il Trovatore, Verdi : Tacea la notte placida

La Fanciulla del West, Puccini : Una partita a poker!

La regata veneziana, Rossini : Anzoleta avanti la regata

Catégorie Accueil / Home, Découvertes, Evénements, Hommages, On a fait | Pas de commentaires »

Hommage à Licia Albanese sur Radio Aligre

janvier 4th, 2014 par Alain Fauquier


DIMANCHE 26 JANVIER 2014
de
9.30 à 10.30

sur aligrefr 93.1
et aligre-cappuccino.fr

Michel Goti et ses invités,
la soprano Floria Rosimiro,
Marcel Azencot et Alain Fauquier
co-fondateurs de
l’Opéra Club de Paris Mario Lanza,

rendront hommage à

Licia Albanese