Mario Lanza ténor de légende
Ténor exceptionnel, à la voix incomparable et aux cachets fabuleux, Mario Lanza fut le premier ténor superstar. Dans les années 1950 et bien longtemps après, pour des millions de mélomanes à travers le monde, le nom de Mario Lanza était magique.
Doté de l’une des plus belles, sinon de la plus belle voix naturelle de ténor lyrique et dramatique du 20ème siècle, et peut-être même de tous les temps, Mario Lanza était un artiste fascinant et un chanteur hors pair qui sublimait tout ce qu’il chantait. En 14 ans de carrière il était devenu une immense star planétaire. Il a donné des shows devant des dizaines de milliers de personnes, réalisé en 10 ans plus de 700 enregistrements dont 398 sous le prestigieux Red Seal Label (Sceau Rouge réservé aux plus grands artistes de RCA Victor), vendu des disques par millions, tourné 7 films et triomphé dans plus de 250 concerts.
Mario Lanza dans le rôle de Mario Cavaradossi (Tosca/Puccini),
Extrait du film MGM, Le Grand Caruso, 1951
Avec ses films, dont le mémorable Le Grand Caruso, Mario Lanza a apporté au grand public, plus qu’aucun autre chanteur avant ou après lui, le prestige et le romantisme de l’Opéra. Avec un talent inouï, il a, le premier, gommé la frontière entre la musique classique et la mélodie populaire, remportant dans ce domaine, disques d’or sur disques d’or, face à des crooners de premier plan tels que ses amis Frank Sinatra, Frankie Laine, Dean Martin ou Perry Como.
La voix de Mario Lanza était habitée par une intense passion. Personne n’a jamais chanté avec autant d’âme et ne s’est jamais autant donné dans son chant. Ce qui fera dire au ténor maltais Oreste Kirkop: “Je jense que Mario Lanza mourrait un peu chaque fois qu’il chantait tellement il se consumait dans son chant”.
Chanteur surdoué, charismatique et incroyablement talentueux, Mario Lanza était l’incarnation même du ténor d’opéra, brillant, admiré, adulé, capricieux, imprévisible. Comme Maria Callas (”La Divine”), qui fut l’une de ses plus grandes admiratrices, il déclenchera des scandales retentissants en annulant en dernière minute, pour des raisons qui peuvent sembler des caprices de diva, d’importants concerts comme celui du New Frontier à Las Vegas en 1955, et ce, malgré un cachet exorbitant de 100 000 dollars, soit le double de celui offert à Frank Sinatra quinze jours auparavant. Il estimait que la suite mise à sa disposition par la direction de l’hôtel n’était pas suffisamment spacieuse pour accueillir décemment son couple, ses quatre enfants et leurs deux nurses.
RCA Victor, qui avait signé un contrat avec un inconnu en 1945 (chose unique), mais un inconnu dont il avait décelé l’énorme potentiel, voyait ses ventes de disques et ses bénéfices battre tous les records.
Pour la première fois, un chanteur d’opéra était devenu une des têtes d’affiche les plus payées et les plus convoitées du monde du Cinéma, mais aussi de la Radio et de la Télévision naissante. En cinq ans Mario Lanza gagnera plus de 5 millions de dollars (environ 100 millions de dollars actuels). Des revenus et royalties considérables que seules les industries du cinéma et du disque peuvent offrir à un artiste d’exception et qui sont sans commune mesure avec ce qu’il aurait pu gagner en chantant au Met ou à La Scala. Selon Rudolf Bing, directeur général du Met de 1950 à 1972, et auteur de “5000 Nuits à l’Opéra”, les cachets des plus grandes stars du Met ne dépassaient pas 1000 dollars par représentation.
Derek Mannering, l’un de ses biographes, dira: “Mario Lanza transformait en or tout ce qu’il touchait.”
En 1949, le Maestro Arturo Toscanini proclama haut et fort que “Mario Lanza était la plus grande voix du 20ème siècle”.
Le Maestro Serge Koussevitzky, directeur de l’Orchestre Philharmonique de Boston qui le découvrit alors qu’il avait 19 ans, déclara qu’il avait “Une voix de celle que l’on n’entend qu’une fois par siècle”.
Maria Callas lui rendra un suprême hommage en déclarant en 1973 à Giovanni Viglione que “Mario Lanza était le successeur de Caruso, et que son plus grand regret était de n’avoir jamais eu l’opportunité de chanter avec la plus belle voix qu’elle eut jamais entendue”.
Placido Domingo dit: “Mario Lanza était le plus romantique des ténors lyriques. Sa voix avait un immense impact dramatique. Elle pour moi est la référence absolue”.
Pourtant, comme le souligne le musicologue Matthew Boyden, auteur de nombreux guides sur la musique classique et l’opéra, “Ni le talent, ni la vie, ni la carrière de Mario Lanza ne seront jamais salués par le monde de l’opéra dont le snobisme est, en l’espèce, impardonnable”. Son nom est systématiquement omis des ouvrages de référence, dictionnaires d’opéra et autres (v. cependant le Baker’s Dictionary of Opera, qui fait référence, et traite normalement de Mario Lanza comme du grand ténor qu’il était). Placido Domingo, Luciano Pavarotti et José Carreras dénonceront, eux aussi à différentes occasions, l’ingratitude, la jalousie et le snobisme du monde de l’opéra envers un artiste aussi talentueux.
Le critique Charles Osborne écrira dans une étude intitulée “The Art and Voice of Mario Lanza “: S’il avait vécu ailleurs qu’à Hollywood, où à une autre époque, ou les deux, Mario Lanza aurait été un sérieux rival pour Corelli ou Gigli, où même Caruso. J’ai entendu sur de grandes scènes d’opéra et par de célèbres ténors, Nessun dorma… et Di quella pira, nettement moins bien chantés.”
Mario Lanza et le ténor Richard Tucker qui faisait ses débuts au Covent Garden de Londres avec Tosca le 14 janvier 1958, deux jours avant le mémorable récital de Lanza au Royal Albert Hall.
Comme l’avait remarqué en 1956 l’acteur Vincent Price (grand amateur d’opéra), Mario Lanza était en avance sur son temps. En utilisant les moyens de communication de notre temps (le cinéma et le disque), Mario Lanza allait faire découvrir l’art du bien chanter à bien plus de spectateurs que ne le fit l’illustre Enrico Caruso au cours des dix-huit années où il sillonna le globe. Il allait démontrer avec un exceptionnel brio que l’on pouvait chanter l’opéra au cinéma, et qu’un ténor d’opéra pouvait aussi chanter l’opérette et la musique de variété et remporter dans ces domaines un immense succès.
Mario Lanza, Joan Fontaine et Vincent Price, Sérénade, 1955/1956
Certains critiques d’Art lyrique, dont les noms sont aujourd’hui oubliés, ont dédaigné, voire en méprisé Mario Lanza, au motif qu’il chantait l’opéra au cinéma, et qu’à ce titre même il ne méritait pas le titre de chanteur d’opéra. Ce qui revient à dire que Van Gogh n’était pas un peintre au motif qu’il n’a jamais exposé ni vendu un seul tableau de son vivant! Ce n’était probablement qu’un peintre d’atelier, comme Lanza n’était qu’un ténor de cinéma! Quelle aberration! L’expression “Ténor de cinéma” n’a pas de sens: on est ténor ou on ne l’est pas. Mario Lanza avait pourtant prouvé à l’occasion d’innombrables concerts dans lesquels il chantait souvent sans micro, que son extraordinaire voix remplissait sans efforts de vastes auditoriums, et qu’il chantait l’opéra mieux que tout autre.
D’autres, probablement ceux qui ne l’ont jamais écouté, ont déclaré qu’il serait vite oublié. Plus de cinquante ans après sa mort, on voit la limite de leur jugement: le nom de Mario Lanza est toujours d’actualité tandis que le leur figure en bas de page dans des ouvrages spécialisés. Mais la critique n’est-elle pas la rançon de la gloire?
Roberto Alagna, interviewé par Marc Olivier Fogiel le 8 février 2010 sur Europe 1, au sujet de son parcours professionnel, de son éclectisme et de son très grand succès (Ses albums “Sicilien” et “Roberto Alagna chante Luis Mariano” se sont vendus chacun à 500 000 exemplaires, ce qui est remarquable pour un artiste classique), soulignera que les “inconditionnels” qui considèrent encore aujourd’hui qu’un chanteur d’opéra ne doit pas se commettre en chantant des chansons de variété, et que l’opéra doit toujours se chanter dans un théâtre, ne sont plus qu’une infime minorité.
Dans son livre “Je ne suis pas le fruit du hasard” (Grasset, 2007), Roberto Alagna déclarera que Luciano Pavarotti, en apparaissant dans des shows qui n’étaient pas consacrés à la musique classique, a contribué à rajeunir l’image de l’opéra. Il dira lui aussi combien il a été “impressionné et touché au coeur” en découvrant, alors qu’il était adolescent, la voix somptueuse et le charisme de Mario Lanza dans le film Le Grand Caruso.
Derek Mc Govern, dans un article récent intitulé “Mario Lanza: A Radical Reassessement” montre que l’attitude des critiques musicaux envers Mario Lanza est entrain de changer radicalement. Il cite notamment la stupéfaction de l’éminent musicologue William Park en écoutant la prouesse vocale de Lanza chantant l’Improvviso d’André Chénier: “Je ne pouvais simplement pas en croire mes oreilles, superbe diction, beauté de la voix, incroyable phrasé, en bref une magnifique interprétation de cet aria pouvant être classée parmi les meilleures”. A croire que lui aussi ne l’avait jamais écouté!
On peut écouter une excellente interprétation de cet improvvisio d’André Chénier dans le CD de concerts et de répétitions vendu avec la biographie d’Armando Cesari “Mario Lanza, An American Tragedy”.
Avec ses films Mario Lanza a inspiré plusieurs générations de chanteurs dont “Les Trois Ténors” qui déclareront: “Si Mario Lanza n’avait pas fait de films cela aurait été une perte pour les générations suivantes”.
Roberto Alagna dit: “C’est en voyant des films comme Le Grand Caruso, tourné par le ténor superstar Mario Lanza que j’ai pris le virus de l’opéra.”
Du 2 Juin au 2 Juillet 2010, la BBC a diffusé une très intéressante série de six émissions intitulée “What Makes a Great Tenor?“ (Qu’est-ce qui fait un Grand Ténor ?), ces émissions étaient présentées par l’une des stars actuelles de l’opéra, le ténor mexicain Rolando Villazon. Lors de la première émission, Rolando Villazon rappela d’emblée que Mario Lanza fut le premier ténor superstar. Présentant des clips de ses films, dont Le Grand Caruso, dans lequel, dira-t-il, “Un Grand Ténor joue le rôle d’un autre Grand Ténor”, il rappela que Mario Lanza a inspiré toute une génération de chanteurs, dont le Grand Placido Domingo qui relate lui-même son admiration pour Lanza.
L’histoire de la vie de Mario Lanza est tout aussi remarquable que celle d’Enrico Caruso. C’est l’histoire flamboyante et tragique d’une voix sublime et d’un destin hors du commun.
Mario Lanza eut un étrange destin
Né avec une voix d’une beauté incomparable et soigneusement préparé pour chanter l’opéra sur les plus grandes scènes lyriques, il allait devenir célèbre dans le monde entier en chantant l’opéra au cinéma. A l’issue du premier des trois concerts mémorables qu’il donna dans le fameux Hollywood Bowl de Los Angeles le 27 août 1947 où il remplaça au pied levé le ténor Ferruccio Tagliavini, Louis B. Mayer, Président de la toute puissante Metro-Goldwyn-Mayer, grand amateur d’opéra, enthousiasmé par la voix éblouissante du jeune ténor lui propose un contrat tel qu’aucun artiste n’aurait jamais osé refuser et l’engage trois jour plus tard. D’une certaine manière, son destin avait basculé par la prison dorée qu’il allait trouver au cinéma.
Grâce à un physique séduisant, à la splendeur de sa voix, et à son talent inné d’acteur, il allait incarner à l’écran, et d’inoubliable manière, la vie du Grand Caruso. Le fils cadet de Caruso, Enrico Caruso Jr. le remerciera pour avoir donné avec ce film, une seconde vie à son père.
Trop tôt disparu, en plein succès et à la fleur de l’âge (38 ans, en octobre 1959), Mario Lanza laisse une partie importante de sa vie à jamais inachevée.
Un demi-siècle après sa mort, sa légende est plus que jamais vivante. Ses films sont toujours diffusés à la télévision dans le monde entier. Le 10 Août 2010, TCM a diffusé aux Etats-Unis son premier film, That Midnight Kiss.
La légende commence en 1921, l’année où disparaît Enrico Caruso, le roi des ténors, et où naît Mario Lanza.
On peut imaginer que Caruso lui-même a communiqué à Lanza cette étincelle surnaturelle qui fait qu’une voix se renouvelle pour la continuité de la musique. Signe du destin ? Le prêtre qui le baptise s’appelle… Caruso.
Mario Lanza est né dans cette maison 636 Christian street,
dans le quartier populaire et pittoresque du sud de Philadelphie
que l’on surnomme “Little Italy” (la Petite Italie)
Sa mère, Maria Lanza, a 16 ans et son père, Antonio Cocozza, 27 ans. A cette époque, Mario Lanza s’appelle Freddie, et c’est plus tard, que pour des raisons professionnelles, il prendra le nom de jeune fille de sa mère, et le prénom masculinisé de celle-ci. Son grand père, le patriarche Salvatore Lanza, tient un négoce de spécialités italiennes.
A la maison, même si on n’a pas beaucoup d’argent, on possède une importante collection de disques d’opéra en souvenir des soirées magiques où triomphait Caruso. Alors, le jeune Freddie se met à écouter. A écouter et écouter encore les disques de son chanteur préféré, Caruso. On raconte qu’à l’âge de 7 ans, il écoutera, comme fasciné, jusqu’à 24 fois de suite un disque de Caruso sans bouger de son siège. Puis un jour, à l’âge de 16 ans, il déclare à ses parents qu’il ne veut pas devenir avocat, comme le souhaite sa mère, mais chanteur d’opéra. Et pour appuyer ses dires Freddie leur chante “Ch’ella mi creda” de La Fille du Far West de Puccini. Ses parents découvrent alors, interloqués, la voix magnifique du jeune Freddie. Son père qui s’y connait quelque peu en voix, dira qu’il en a pleuré d’émotion en entendant la beauté et la puissance de sa voix.
Il a été l’un des plus grands ténors. Sans doute la plus belle voix jamais entendue.
En l’écoutant, on sent chez Mario Lanza, cette flamme grandiose et fragile qu’on appelle le génie. Car c’est plus que du talent. Il sait être tour à tour violent, âpre, suave ou profondément mystique. Sa façon d’attaquer les chants avec passion et puissance, et son magnétisme purement physique, lui donnaient une emprise fascinante sur son auditoire. Sa virtuosité dépassait le cadre de sa formation et de sa finesse vocale. Lanza était la voix, mais aussi l’émotion. Car cet homme ne faisait pas que chanter. Il vivait ce qu’il chantait. Jamais personne n’a chanté avec tant d’âme. Sam Weiler, son premier imprésario, dira: “Mario Lanza mettait plus de coeur dans une seule note que tous les autres chanteurs réunis”.
Durant le tournage de Serenade, son film le plus riche en séquences d’opéra, Mario Lanza recevra une proposition du producteur Mike Todd, époux d’Elisabeth Taylor, qui souhaitait réaliser un film d’opéra avec son nouveau procédé “Todd-AO” (immense écran et son stéréophonique). Mais Mike Todd devait décéder en mars 1958 dans un accident d’avion.
De Novembre 1958 à Septembre 1959, Mario Lanza enregistre pour RCA Victor, dans les studios Angelico du Vatican et de Cinecitta, plus de 60 titres qui donneront naissance à de magnifiques albums: The Desert Song, A Cavalcade of Show Tunes, The Vagabond King, Younger Than Spring Time, The Merry Widow, Rose Marie, The Firefly, Christmas Carols…
Il enregistre aussi en décembre 1958 et Juin 1959 deux véritables “must”: le premier, intitulé simplement Mario, est un album de chansons traditionnelles napolitaines, chantées dans le dialecte napolitain, et Mario Lanza sings Caruso favorites (Mario Lanza chante les airs préférés de Caruso), un album de chansons traditionnelles italiennes. Ces deux albums deviendront des best-seller.
Le 10 septembre 1959, à Cinecitta, Mario Lanza enregistre magnifiquement “The Lord’s Prayer ” de Malotte (Le Notre Père). “La plus belle version qu’il ait jamais chanté dans toute sa vie” dira Callinicos sidéré. Ce sera le dernier air enregistré par Mario Lanza. Malheureusement cet enregistrement ne sera jamais retrouvé dans les coffres de RCA.
Son agenda pour l’année 1960 était bien rempli : 2 nouveaux films en préparation Granada et Laugh, Clown, laugh (Trois autres films lui étaient proposés pour 1961 dont This is my Man avec la célèbre chanteuse Caterina Valente); 3 concerts géants en Afrique du Sud, 1 concert en Israël, 1 concert en Hongrie et 1 concert en URSS. L’ouverture de la Scala de Milan avec Tosca, assortie d’un contrat de 2 ans lui était proposée par le Maestro Victor de Sabata qui ne cessait de le solliciter; l’ouverture de l’Opéra de Rome avec Paillasse, proposée par Ricardo Vitale était décidée: les répétitions devaient avoir lieu en Janvier 1960. Otello à l’Opéra de San Francisco était aussi envisagé. Gaetano Merola, directeur artistique de l’Opéra de San Francisco, qui l’avait entendu à Hollywood, ne cessait lui aussi de le solliciter.
Simultanément, RCA lui propose d’enregistrer en “stéréo” (nouveau procédé de l’époque), des opéras complets.
Malheureusement, de ces projets il ne sera rien. Mario Lanza disparaîtra brutalement le 7 octobre 1959, foudroyé par un arrêt cardiaque dans une clinique romaine. Il avait seulement… 38 ans.
Mario Lanza était une légende de son vivant. Il est devenu aujourd’hui un Mythe, un Ténor Culte qui traverse les époques. Sa popularité ne cesse de se développer depuis plus de 50 ans et son extraordinaire voix reste inégalée.
Roland L. Bessette écrit dans sa biographie “Mario Lanza, Tenor in Exile”: “Lanza était un prodige. Rosati, Koussevitzky, Adler, Schipa, Björling, Tucker, London, Merrill, Corelli, Bergonzi, Kraus, Kirkop, Melton, Albanese et bien d’autres de son temps, l’admiraient pour la façon dont il s’investissait complètement dans son chant, la beauté de sa voix glorieuse et sa puissance. Aucun ténor depuis ne peut ignorer Mario Lanza”.
Nombreux ont exprimé l’influence que Mario Lanza a eu sur eux, comme les ténors José Carreras, Placido Domingo, Luciano Pavarotti, Roberto Alagna, Jerry Hadley, Enrico Di Giuseppe, Ramon Vargas, Richard Leech, Dominic Mantuano, Vincenzo La Scola, Andrea Bocelli, Joseph Calleja, Aaron Caruso, Michael Sommese, Sam Vitale, Daniel Rodriguez, Frank Tenaglia, Rolando Villazon, Anthony Kearns… les barytons Ruggero Raimondi, Leo Nucci, Tom Krause, Dimitri Hvorostovsky, Thomas Allen… les sopranos Renée Fleming, Angela Gheorghiu, Olivia Stapp, June Slobodian… Le Roi du Rock Elvis Presley et les crooners Al Martino, Eddie Fischer déclarèrent eux aussi que Mario Lanza avait eu une grande influence sur leur propre style.
Frank Stallone, acteur et chanteur américain, frère de Sylvester Stallone, regrettera en 1981 de n’avoir pas pu interpréter à l’écran le rôle de Mario Lanza dans un film qui devait lui être dédié. Il considère lui aussi que Mario Lanza avait “la plus belle voix naturelle jamais entendue” et dit qu’il est le seul chanteur capable de lui tirer les larmes des yeux.
Salvatore Adamo déclarera lui aussi avoir été inspiré par Mario Lanza: ” … mais ma voix ne m’a pas permis de faire carrière à l’opéra.” Avec plus de 100 millions de disques vendus dans le monde et sa longue carrière, ce grand artiste, compositeur-interprète de belles chansons de variété, n’a sans doute pas à le regretter.
L’influence de Mario Lanza a eu un impact bénéfique sur les salles d’opéra. Comme le relate Roland L. Bessette : “Quand Lanza émergea des concerts au cinéma, de nombreuses salles d’opéra aux Etats-Unis fonctionnaient avec une audience réduite, ce qui les obligeait, pour maintenir leur équilibre financier, à solliciter des subventions. Le grand public a découvert l’opéra avec les 3 premiers films de Lanza et sa façon de chanter, avec passion et puissance. Personne n’avait jamais imaginé que l’on pouvait chanter l’opéra de cette manière. Avec Lanza les salles d’opéras ont recommencé à se remplir, et cela dure depuis presque 50 ans. Les enfants et petits-enfants de ceux qui ont découvert l’opéra à travers Mario Lanza, sont ceux qui remplissent aujourd’hui les salles d’opéra”.
Plus de cinquante ans après sa mort, dès que l’on parle de grandes voix, le nom de Mario Lanza est systématiquement prononcé.
Dans son livre paru en 2010 aux Editions Grosvenor House Ldt, Surrey, Royaume Uni intitulé: “Great Tenors of the Twentieth Century from Caruso to Pavarotti” (Les Grands Ténors du 20ème siècle de Caruso à Pavarotti), l’auteur Anne Krikler, après avoir étudié et comparé plus de trente grandes voix, dont celles de Pavarotti et de Lanza, conclut que pour elle il n’y a aucun doute possible, Mario Lanza arrive en tête du palmarès des plus grandes voix du 20ème siècle; sa voix était en outre la plus belle de toutes.
Régulièrement des hommages lui sont rendus à travers le monde:
Pour n’en citer que quelques uns: le 15 mars 1984, au Royal Albert Hall de Londres, José Carreras a rendu à Mario Lanza un vibrant hommage en lui dédiant un concert intitulé “With A Song in my Heart“, dans lequel il interprète ses plus célèbres chansons et airs d’opéra favoris. José Carreras renouvela cet hommage en 1994 avec une série de concerts autour de monde dédiés à Mario Lanza. Il patronne The Mario Lanza Educational Foundation à Londres.
Mario Frangoulis, le célèbre ténor grec qui remporta le prix Maria Callas et qui fut l’élève de Carlo Bergonzi et d’Alfredo Kraus, dira: “Mario Lanza communiquait plus que tout autre ses sentiments et répandait la générosité de son coeur à des millions d’admirateurs dans le monde, ce qui le transformait en icône, en parfait héros romantique. Il pouvait avec l’immense beauté et la richesse de sa voix, apaiser, tranquilliser, réconforter les foules… Mario Lanza restera à jamais dans nos coeurs comme l’homme qui a ouvert les portes de la musique à de très nombreux jeunes chanteurs.”
Mario Frangoulis lui a rendu de nombreux hommages notamment en lui dédiant un album intitulé “Passione”, “Mario Frangoulis sings Mario Lanza” (Sony music), et en 2006 un concert à Athènes.
Mario Frangoulis assis devant l’un des pianos de Mario Lanza
(Photo Bob Dolfi, Lanza Legend)
Aaron Caruso, jeune ténor américain d’origine sicilienne et excellent musicien, qui chanta notamment “l’Ave Maria” dans la Cathédrale Saint Patrick de New York en présence de plus de 2000 Sapeurs-Pompiers, policiers et du Maire Giuliani après le 11 Septembre, a dédié à Mario Lanza un CD intitulé “Mario’s Song”, dont il a écrit les paroles en collaboration avec Bob Dolfi, co-fondateur avec Damon Lanza de The Lanza Legend et Membre d’honneur de l’Opéra Club de Paris Mario Lanza.
Le 17 août 2006 à Rome, le talentueux ténor Gian Luca Terranova rendit un magnifique hommage à Mario Lanza lors du “Festival Mario Lanza 2006″.
Le 28 juillet 2002 à l’opéra de Palerme et 28 juin 2007 à Rome, sur le site mythique des Thermes de Caracalla, le ténor Vincenzo La Scola a rendu lui aussi à Mario Lanza, en présence de Placido Domingo, un hommage retentissant en interprétant ses plus célèbres chansons et ses airs d’opéra favoris lors d’un concert intitulé “Arrivederci Roma”.
Le 13 janvier 2005, au Lincoln Center de New York, en présence des enfants de Mario Lanza, Ellisa et Damon, de deux vedettes de cinéma, Ann Blyth et Jane Powell, et de quatre stars du Metropolitan Opera de New York, Lucine Amara, Elaine Malbin, Licia Albanese et Richard Leech, le “Metropolitan Opera Guild’s Opera News” a organisé un Gala en hommage au grand ténor américain intitulé: “Be My Love, The World of Mario Lanza“.
En 2009, a l’occasion du Cinquantenaire de sa mort, de très nombreux concerts d’hommage ont eu lieu (Voir rubrique Evénements)… et cela continue en 2010, et d’autres encore en 2011.
On dénombre une vingtaine de biographies, dont l’une rédigée en japonais par Takeo Hayano (Titre français: “Avez-vous jamais entendu Mario Lanza?”), et la dernière : “Sublime Serenade”, rédigée en anglais par David Bret (parue en2009).
Le ténor américain Daniel Rodriguez lui dédie tous ses concerts à travers le monde.
Des associations et Fan clubs continuent à fleurir à travers le monde, y compris en Russie, Chine, Australie, Nouvelle Zélande et Japon.
Les sites internet dédiés à Mario Lanza ne cessent de se multiplier.
A Philadelphie, sa ville natale, un Boulevard et un Parc portent son nom, outre un Musée, une monumentale peinture murale, une plaque de bronze sur le trottoir de l’Académie Nationale de Musique (le plus ancien opéra des Etats-Unis) à quelques mètres du Kimmel Center, qui abrite, entre autres trésors musicaux, l’illustre Orchestre Philharmonique de Philadelphie (dont le chef, non moins illustre, Eugene Ormandy, avait dirigé le Hollywood Bowl Orchestra en 1947 pour le concert historique qui révéla définitivement Mario Lanza et entraina quasiment le jour même son engagement par Metro Godwyn Mayer !)
En Juillet 2004, la ville de Pavie (Italie) a donné elle aussi le nom de Mario Lanza à l’un de ses plus beaux parcs municipaux.
Le 7 octobre, jour de son décès à Rome, a été déclaré par le Conseil Municipal de Philadelphie “Jour Mario Lanza”. A Los Angeles, le Hollywood Walk of Fame a deux étoiles à son nom sur le trottoir. Il y a, à Philadelphie un Institut Mario Lanza et à Londres une Fondation Mario Lanza qui financent la carrière de jeunes chanteurs.
Son étoile de “star du 7ème Art” est située 6821 Hollywood Boulevard.
Celle du “Chanteur” se trouve 1752 Vine street, face au Capitol Record Building
où il enregistra pour RCA Victor
Le 31Janvier 1998 la ville de Palm Springs a inauguré une quatrième étoile à côté de celle de Frank Sinatra 123 North Palm Canyon, en présence du Conseil Municipal, de nombreuses personnalités et d’admirateurs.
A Londres en janvier 2006, où une plaque commémorative fut déposée devant le Royal Albert Hall.
Les grands professionnels qui l’ont connu et entendu et les plus grands artistes de notre temps, ceux “qui savent”, n’ont jamais cessé de lui rendre hommage:
“La voix de Mario Lanza est un vrai bonheur pour l’Opéra”
Maestro Zubin Mehta
“Si Mario Lanza avait abandonné le cinéma pour se consacrer à l’opéra, aucun ténor n’aurait jamais osé se comparer à lui”
Maestro Peter Herman Adler
“Sa voix était sensationnelle, pas seulement magnifique, sensationnelle. Depuis que Mario Lanza est mort Caruso n’a plus de successeur, il n’a que des apôtres”
Luciano Pavarotti
“Mario Lanza était le plus romantique des ténors lyriques. Sa voix avait un immense impact dramatique. Elle est pour moi la référence absolue”.
Placido Domingo
“La voix magnifique de Mario Lanza a embelli la vie de millions de personnes dans le monde, dont la mienne. Il a inspiré ma carrière et ma vie.”
José Carreras
“Sa mort fut une tragédie pour le monde de l’opéra, même si celui-ci n’en a toujours pas pris conscience”
Matthew Boyden, critique d’art lyrique à la BBC
“Si Mario Lanza n’avait pas fait de films, cela aurait été une perte pour les générations suivantes”
Les Trois Ténors
“Si Dieu a une voix, il l’a probablement transmise à Mario Lanza”
Jeff Rense, biographe
“S’il n’y avait pas eu Hollywood, je suis convaincu que Mario Lanza aurait éclipsé Caruso”
Armando Cesari, Biographe
Alain FAUQUIER






