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Emission Arte lirica du 21 Janvier 2018

janvier 17th, 2018 par Alain Fauquier


Dmitry Hvorstovsky

Dmitri Aleksandrovitch Hvorostovski est un baryton russe, né le 16 octobre 1962 à Krasnoïarsk en Sibérie.


Il est mort à Londres le 22 novembre 2017 d’une tumeur au cerveau, qui l’avait contraint à suspendre sa carrière malgré un ou deux retours à la scène par le biais du récital, entre 2015 et 2017, jusqu’à une ultime réapparition dans sa ville de Krasnoiarsk le 2 juin 2017.

Ecoutons en hommage à ce grand baryton plein de charme et de charisme viril, mort à 55 ans, un air chanté dans sa langue, le russe, extrait de l’acte III de l’opéra Eugène Onéguine, de Tchaikovski, opéra inspiré du roman en vers du grand écrivain et poète Alexandre Pouchkine (cet opéra a été donné en 2017 à l’Opéra Bastille avec Anna Netrebko).

Le héros, Eugène Onéguine, retrouve Tatiana à l’acte III, cette humble jeune fille qui lui avait écrit qu’elle l’aimait et qu’il avait repoussée à l’époque, faisant mine de flirter avec sa sœur Olga, pourtant fiancée de son ami Lenski ; querelle des deux amis, duel et Onéguine tue son ami Lenski en duel et en sera désespéré.

A l’acte III, il retrouve Tatiana, qui a épousé le Prince Grémine et qui est devenue une très belle femme. Il en tombe amoureux et lui déclare son amour. Tatiana lui dit qu’elle n’a pas cessé de l’aimer mais qu’elle reste fidèle à son époux et elle laisse Eugène Onéguine à son désespoir.

Ce rôle, il l’avait joué à ses débuts à Venise, en 1991, au Théâtre de la Fenice et au Théâtre du Chatelet à Paris en 1992.

Dans cet air, Onéguine réalise qu’il tombe amoureux et s’interroge :

« Se peut-il que ce soit là la jeune et humble Tatiana ? » « Hélas, il n’y a pas de doute, je suis amoureux ! » Et il finit en criant « Partout où je regarde, je ne vois qu’elle ! »

On écoute « Uzhel’ ta samaja Tat’jana… »

Dmitri Hvorostovski est accompagné par le Rotterdam Philharmonic Orchestra, dirigé par le grand chef russe Valery Gergiev (qui est, entre autres, le Directeur artistique du Théatre Mariinski, de son ancien nom le fameux Kirov, à Saint Petersbourg)

Il étudie la musique dans sa ville, depuis l’école de musique pour enfants, où il fera du piano, jusqu’à l’Ecole Supérieure des Arts de Krasnoiark en 1982. Quatre ans plus tard, il obtenait son diplôme et entrait comme soliste à l’Opéra de Krasnoiarsk.

Débutée en Russie dès la fin des années 1980, sa carrière prend un essor international, lorsqu’il remporte le Premier Prix d’un concours national en Union soviétique, avant de remporter en 1988 le Premier Prix du Concours International de Chant de Toulouse en 1989, lorsqu’il remporte le concours BBC Singer of the World Competition, à Cardiff où il interprète en finale Eri tu d’Un ballo in maschera de Giuseppe Verdi.

La même année, il fait ses débuts en Occident, dans le rôle du prince Eletski de La Dame de pique de Tchaïkovski, aux côtés de Martha Mödl (la Comtesse) et de Youri Maroussine (Hermann) à l’Opéra de Nice.

Depuis, Dmitri Kvorostovski s’est illustré sur la plupart des grandes scènes du monde (Metropolitan Opera de New York, Covent Garden de Londres, Wiener Staatsoper, Opéra Bastille, Festival de Salzbourg…, La Scala de Milan, la Fenice de Venise), et avec de prestigieux partenaires (les chanteurs Samuel Ramey, Luciano Pavarotti, Renée Fleming, Roberto Alagna, René Pape, Olga Guryakova, Yvonne Naef, Ramón Vargas, Jonas Kaufmann et Anna Netrebko (La Traviata au Royal Opera House de Londres, le Covent Garden, deux galas à Moscou) ; les chefs James Levine, Nikolaus Harnoncourt, Valeri Guerguiev, James Conlon…).

Écoutons Dmitri Hvorostovski dans un de ses grands rôles, Don Carlo, de Verdi, qu’il avait interprété à la Scala en 1992, où il chante et joue le rôle de Rodrigo, ami de Don Carlo ou Don Carlos, fils de Philippe II d’Espagne et petit-fils du Grand Empereur Charles Quint. Philippe II est jaloux de son fils Don Carlos, dont il va épouser la promise, Elisabeth de Valois. Encouragé par le Grand Inquisiteur, il pense que son fils Don Carlos intrigue contre lui et décide de le supprimer, cependant que Don Carlos veut se battre en Flandre, possession de l’Espagne et de l’Empire.

Rodrigo, ami de Don Carlos, sera tué et c’est sa mort, que nous entendons maintenant, air célèbre, où Rodrigo fait ses adieux à son ami « Carlo Mio », lui dit « Sauve la Flandre » ! et expire en disant : « Ah ! Di me… non ti scordar ! » (Ah ! ne m’oublie pas ! ». Don Carlos, lui, n’est sauvé que grâce au spectre de son grand-père, le Grand Charles Quint, qui sort du tombeau pour le conduire en lieu sûr !

Il faut voir Dmitri Hvorostovski sur internet, chanter et jouer cet air  avec Jonas Kauffman, qui joue Don Carlos (qu’il a interprété à Paris en octobre 2017 : Hvorostovski est réellement émouvant, il attrape Kaufmann par le bras et littéralement meurt dans ses bras… et ceci en récital … même pas dans l’Opéra !

Extrait du même CD, le grand aria de l’acte IV de Don Carlos  « Son io, mio Carlo…O Carlo, ascolta”

Le répertoire de Hvorostovski s’étend de l’Opéra russe, qui lui était naturel, à Mozart (le Comte des Noces de Figaro, Don Giovanni) à Giuseppe Verdi (rôle-titre de Simon Boccanegra, le comte de Luna dans Il Trovatore, Renato dans Un Bal masqué, Rodrigo dans Don Carlos, Giorgio Germont dans La Traviata…) et inclut de nombreuses figures de l’opéra russe (le rôle-titre d’Eugène Onéguine et le prince Eletski dans La Dame de pique de Tchaïkovski).

Le chanteur figure sur la liste The Gramophone Hall of Fame publiée par le mensuel londonien Gramophone8.

On l’écoute maintenant dans, extrait de la Traviata, de Verdi, le fameux air « Di Provenza il mar », le grand air du père du héros, (Alfredo Germont), qui presse son fils de s’éloigner de Giulietta, la Traviata, et lui demande qui a « effacé de son coeur la mer et le soleil de sa Provence » natale. C’est seulement là qu’il retrouvera la paix, après avoir quitté la maison familiale, ce qui avait plongé le père et sa maison dans le chagrin et la tristesse. Maintenant il presse son fils de retrouver l’honneur, la raison et sa maison et dit « Dieu m’a guidé » (Dio mi guida) puis, à la fin, Dieu m’a exaucé, « Dio m’esaudi »

Au début de l’été 2015, Khvorostovski annonce l’annulation de tous les concerts programmés après avoir appris qu’il souffre d’une tumeur au cerveau.

Il est soigné à Moscou (Institut de neurochirurgie Bourdenko), à Londres (The Royal Marsden NHS Foundation Trust) et à l’hôpital de Rochester, NY. Son traitement par radiothérapie n’est pas encore terminé quand il remonte sur scène pour donner un récital à l’ambassade de Russie à Londres.

On entendra maintenant Dmitri Hvorostovski chanter un air très connu du Trouvère (Il Trovatore), de Verdi : Tutto è deserto. Il Balen del suo sorriso (CD Philips, Digital Classics, Rotterdam Philharmonic Orchestra, dirigé par Valery Gergiev.

Bien que malade, Dmitri Hvorostovski retrouve son public pour la première fois après l’interruption, le 25 septembre 2015, au Metropolitan Opera.

Son activité artistique reprend. Il se produit notamment aux côtés de la mezzo-soprano lettone Elīna Garanča au Palais d’État du Kremlin le 29 octobre 2015 ainsi qu’ au Carnegie Hall à New York pour un récital incluant la musique de Glinka, Rimsky-Korsakov et Richard Strauss en février 2016.

On l’écoute de nouveau dans l’opéra italien, Verdi encore, et les grands rôles, ici Macbeth, Acte IV où Macbeth, qui a pris la couronne dans le sang, poussé par sa femme l’ambitieuse Lady Macbeth, vitupère contre ceux qui veulent l’écarter et le tuer : « Perfides ! Qui vous unissez contre moi »« Perfidi !All’anglo contra me v’unite ! … Pieta, rispetto, amore»

En automne 2016, Khvorostovski annule sa participation à la représentation de Simon Boccanegra prévue le 30 septembre sur la scène de l’opéra de Vienne pour suivre une chimiothérapie. Après ce traitement, il apparaît sur la scène du Vieil opéra de Francfort le 16 octobre 2016, donne un récital au Théâtre du Châtelet le 12 novembre 2016, mais ne sera pas présent dans Don Carlos au Théâtre Bolchoï le 7 et le 10 décembre 2016.

Sur son site, l’artiste dit rencontrer des difficultés à trouver son équilibre à cause de la maladie et renoncer pour cette raison aux représentations pour une durée indéterminée.

Revenons aux œuvres en langue russe pour l’écouter chanter un extrait d’une composition de Tchaikovski, IOLANTHE, où, comme dans Eugène Onéguine, le héros chante les leouanges de sa bien aimée :

Kto Mozhet

« Qui peut se comparer à ma Mathilda, lumineuse des lumières qui  brillent dans ses yeux sombres ; Comme des étoiles dans des cieux d’automne » et le héros finit sur ces mots : « Elle brûle comme le vin ! »

Dmitri Hvorostovski livre une prestation remarquable le 27 mai 2017 à Saint-Pétersbourg, à l’occasion de la célébration du 314e anniversaire de la ville.

Le 2 juin 2017, il apparaitra encore dans sa ville natale, Krasnoïarsk, où il interprète l’air du Démon de l’opéra Le Démon d’Anton Rubinstein et la cavatine d’Aleko de l’opéra Aleko de Sergueï Rachmaninov, accompagné par l’orchestre symphonique de Krasnoïarsk.

Il est fait, à l’issue même du concert, au rang de citoyen d’honneur de la ville de Krasnoïarsk. Il était temps, car il rendait l’âme le 22 novembre 2017, à Londres où il était soigné pour ses derniers jours.

Une tragédie…

Selon ses dernières volontés, son corps a été incinéré et ses cendres placées dans deux urnes. La première a été inhumée le 28 novembre 2017 à Moscou, au cimetière de Novodevitchi, cimetière prestigieux de Moscou, véritable Panthéon, où sont enterrés, pour ne parler que des artistes, la légendaire basse russe Fedor Chaliapine, le grand compositeur Dmitri Chostakovitch, le poète Maiakovski, l’illustre ballerine Maximova, l’immense violoniste David Oistrakh, Serge Prokofiev, Alexandre Scriabine, le grand Rostropovitch, Anton Tchekov etc…

Dmitri Hvorostovski méritait que ses cendres reposent là…

Mais comme il était attaché à sa ville natale, et toujours selon ses volontés, la seconde urne est inhumée à Krasnoïarsk.

Nous terminerons, ici à Capuccino, par une interprétation émouvante, un hommage de Hvorostovski à l’Italie : il s’agit d’un poème de Pétrarque, illustre esprit et poète italien du Quatorzième Siècle, un de ses célébrissimes « Sonnets », une œuvre rare sur le plan musical.

La musique est de Frantz Liszt.

Ce sonnet 123 s’intitule « I vidi in terra angelici costumi… »

CD ONDINE – DMITRI HVOROSTOVSKI (SHOSTAKOVICH – LISZT)

 

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