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Ecouter Mario Lanza

Leoncavallo : VESTI LA GIUBBA
Dicitencello Vuie
Verdi: OTELLO "Dio mi potevi"
Na sera e maggio
Serenade de Romberg
Leoncavallo: LA BOHEME
Giordano: ANDREA CHENIER














Emission Arte lirica du 14 mai 2017

mai 12th, 2017 par Alain Fauquier


 

Affiche Gedda

Nous rendons hommage aujourd’hui à un artiste d’exception en la personne du grand ténor suédois Nicolaï Geddï, disparu le 8 janvier 2017 à l’âge de 91 ans. Selon sa fille, la soprano Tania Gedda, Nicolai Gedda est mort d’un arrêt cardiaque alors qu’il se trouvait dans sa résidence secondaire suisse de Tolochenaz, une charmante commune située au bord du lac Léman dans le canton de Vaud près de Lausanne.

Pendant de nombreuses années Nicolaï Gedda a eu pour voisins, à Tolochenaz, deux célébrités : l’adorable star britannique Audrey Hepburn (Vacances romaines, My Fair Lady, Charade, Le vent de la plaine… ), ambassadrice de l’UNICEF, décédée en 1993 et enterrée au cimetière de Tolochenaz, et son grand ami, qui fut son partenaire sur les scènes d’opéra, le baryton-basse américano-canadien George London, célèbre notamment pour son interprétation impressionnante de Méphisto dans le Faust de Gounod, décédé en 1985 à New-York. Ami intime et fidèle de Mario Lanza, ils débutèrent ensemble leur carrière en 1947 avec le Bel Canto Trio sous l’égide des Concerts Columbia.

Doté d’une voix de ténor léger à l’étendue phénoménale pouvant monter jusqu’au contre-ré (note rarement atteinte par un ténor), Nicolaï Gedda possédait en outre une stupéfiante maîtrise du chant et un sens infaillible du style musical qui lui permettait de passer avec une facilité déconcertantes de Gluck à Rameau, de Mozart à Beethoven, de l’opéra russe à l’opéra italien ou français. Avec autant de qualités, Nicolaï Gedda semble n’avoir jamais su quelle sorte de ténor il était, tant il s’est essayé avec bonheur à pratiquement tous les répertoires.

A l’exception des catégories pour lesquelles il n’était pas physiquement taillé, à savoir le ténor italien di forza et le Heldentenor (ténor héroïque) allemand, Nicolaï Gedda fut probablement le seul chanteur du XXème siècle à s’être spécialisé dans tout.

Son don exceptionnel pour les langues n’a jamais cessé d’étonner et tient du prodige. Nicolaï Gedda parlait en effet couramment, et sans accent étranger, une douzaine de langues dont le russe, l’allemand, l’anglais, l’italien, le portugais, l’espagnol, le grec, l’hébreu, le latin, le norvégien, le néerlandais, le danois et le français qu’il chantait dans notre langue à la perfection.

On l’écoute chanter, en russe, l’air d’Hermann extrait du 3ème acte de la Dame de Pique de Tchaikovsky : « Qu’est notre vie ? Un jeu ! ».

Son très vaste répertoire comprenait non seulement un nombre impressionnant d’oratorios, de cantates, de messes et d’opérettes mais aussi et surtout une cinquantaine d’opéras dont la diversité dans différentes langues laisse pantois.

Après son premier enregistrement réalisé pour EMI au cours de l’été 1952, il enregistre dans les années 1950-1960 rien moins que La Bohème et Madame Butterfly (Puccini), Manon et Werther (Massenet), Eugène Onéguine (Tchaikovsky), Orphée (Glück), un grand nombre de Mozart, tous les grands Verdi, I Puritani (Bellini), Carmen et Les Pêcheurs de Perles (Bizet), La Chauve-souris (Johann Strauss), Capriccio (Richard Strauss), Boris Godounov (Moussorgski), Guerre et Paix (Prokofiev), Le Barbier de Séville (Rossini), Candide (Bernstein), ainsi que tout Berlioz et de nombreuses œuvres contemporaines. En 2003, à 78 ans, il enregistrait encore Idoménée.

On aurait pu penser qu’un tel éclectisme l’aurait condamné à ne dominer aucun rôle. Mais Nicolaï Gedda a toujours défié les prévisions et il a prouvé qu’il était un expert dans tout ce à quoi il touchait.

S’il ne fût pas toujours convaincant dans le répertoire romantique italien, sa voix superbe et son instinct dramatique très sûr, firent de lui un interprète idéal pour certains rôles comme celui du duc de Mantoue de Rigoletto dans lequel il triompha à Munich en 1966.

De Rigoletto on l’écoute chanter « La donna è mobile »

Nicolaï Gedda s’est révélé un mozartien hors pair et a chanté les opéras de Berlioz comme aucun autre ténor de sa génération, ainsi que l’attestent les enregistrements qu’il a réalisés sous la direction de Colin Davis en 1970 et qui demeurent des fleurons de l’histoire du disque.

Dans ses meilleurs moments, Nicolai Gedda, surnommé « The Knight of the High C » (Le Chevalier du do aigu ou contre-ut) atteignait des sommets de virtuosité, comme le prouve son interprétation époustouflante du Postillon de Longjumeau d’Adolphe Adam.

Lorsque son tempérament s’accordait avec la partition, comme le Palestrina de Pfitzner, il était capable d’une rare profondeur d’interprétation.

Du premier acte de Manon Lescaut de Puccini on écoute Nicolai Gedda chanter en italien le mélodieux air de Des Grieux : « Donna non vidi mai » (Je n’ai jamais vu de femme si belle).

Nicolaï Gedda a triomphé sur les plus grandes scènes d’opéra du monde : Opéra Royal de Stockholm, Covent Garden, Palais Garnier, Scala de Milan, le Bolchoï, le Metropolitan Opera où il débuta en 1957 et où il chanta 350 fois entre 1957 et 1983, …

Il a eu pour partenaires les plus grandes célébrités de son époque, comme Elisabeth Schwarzkopf, Anneliese Rothenberger, Christa Ludwig, Victoria de Los Angeles, George London, Mirella Freni, Boris Cristoff, Beverly Sills, Birgitta Svenden, Robert Merrill, Maria Callas, Mady Mesplé et tant d’autres… Il a chanté sous la direction des chefs les plus prestigieux : Herbert von Karajan, Otto Klemperer, Georges Prêtre, André Cluytens

Extrait d’une autre Manon, celle de Jules Massenet, une version antérieure de neuf ans à celui de Puccini, on écoute Nicolaï Gedda, chanter, en français, l’air du 3ème acte de Des Grieux : « Ah ! Fuyez douce image »

Partout où il passait, la critique était dithyrambique. Sa compatriote, la célèbre soprano wagnérienne Birgit Nilsson, décédée en 2005, disait : « Nicolaï Gedda est  incontestablement le ténor le plus musicien, le plus polyvalent, le plus subtil et le plus nuancé qu’il m’ait été donné de côtoyer, voire que le monde lyrique ait même jamais connu. »

Luciano Pavarotti se plaisait à répéter : « Il n’y a pas de ténor vivant qui ait une aussi grande facilité dans le registre aigu que Gedda. »

Du premier acte de Tosca de Puccini on écoute l’air de Cavaradossi : « Recondita armonia » (Etrange harmonie de contrastes magnifiques)

Nicolaï Gedda est né le 11 juillet 1925 à Stockholm sous le nom de Nicolaj Ustinov. Abandonné à sa naissance par ses parents biologiques (mère suédoise et père russe) qui étaient dans la plus grande précarité, il est recueilli, pour lui éviter l’orphelinat, par sa tante maternelle Olga Gädda et son futur époux Mihail Ustinov dont il prendra le nom. Mihail Ustinov était apparenté au célèbre acteur britannique Peter Ustinov décédé en 2004.

C’est Mihail Ustinov, chef de chorale d’une église orthodoxe, qui donne au jeune Nicolai ses premières leçons de chant. Employé de banque il fait part un jour à l’un de ses clients fortunés de son ambition de devenir chanteur professionnel. Celui-ci lui finance des études de chant avec le ténor wagnérien Martin Oehmann qui avait découvert Jussi Bjoerling.

Après avoir peaufiné sa technique et son art à l’Académie Royale de Musique de Suède, Nicolaï Gedda fait ses débuts sur scène le 8 avril 1952 à l’Opéra Royal de Stockholm dans le rôle de Chapelou du Postillon de Longjumeau d’Adolphe Adam qu’il chante en suédois.

Extrait du 4ème acte de Mireille de Charles Gounod, on écoute l’air célèbre de Vincent : « Anges du paradis »

Dans une autobiographie rédigée en anglais : « Nicolaï Gedda, my life and art » (Ma vie et mon art) il considère que ses deux mariages – le premier avec la pianiste franco-russe Nadia Sapounoff Nova, décédée en 2016 et mère de sa fille Tania Gedda, elle-même cantatrice et professeur de chant, et le second avec Anastasia Caraviotis, d’origine grecque décédée en 2007 et mère de son deuxième enfant Dimitri,– se sont soldés par un « désastre » affectif et financier.

En 1977 il rencontre Aino Sellemark qui l’aidera à rédiger son autobiographie et qui deviendra sa troisième épouse en 1997.

Dans sa biographie Nicolaï Gedda révèle souffrir de fréquents accès de dépression et dévoile combien un trac incontrôlé transforme chacune de ses prestations en un calvaire dont il s’efforce de ne rien laisser transparaitre.

Ce trac qui accompagne et perturbe souvent la vie des grands artistes, n’est pas sans nous rappeler celui dont souffraient deux autres grandes personnalités du chant, Franco Corelli et Rosa Ponselle à qui nous avons rendu hommage en 2014 et 2015.

De l’opérette Paganini composée en 1926 par Franz Lehar pour le grand ténor autrichien Richard Tauber, on écoute, extrait du deuxième acte : « Girls were made for love and kiss » enregistré par Nicolaï Gedda en 1977.

Avec Nicolaï Gedda disparait l’un des ténors les plus marquants du XXème siècle. Un artiste d’exception, doté d’une voix d’une impressionnante musicalité et d’une maitrise exemplaire de la nuance et des subtilités du phrasé.

Nicolaï Gedda était non seulement un grand chanteur mais il était aussi un travailleur acharné. Il suffit pour s’en convaincre d’imaginer ce que peut  représenter en journées de travail l’étude d’autant de partitions.

Nicolaï Gedda peut effectivement se prévaloir du record mondial du nombre d’enregistrements réalisés (environ 200 en studio et en live), toutes catégories confondues. C’est extraordinaire !

Il a aussi donné de nombreux récitals et concerts dont plusieurs avec sa fille Tania Gedda, concerts que l’on peut voir et entendre sur Youtube.

Honoré par de nombreuses distinctions il a reçu en 2010 la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur.

Pour terminer ce trop court hommage on l’écoute chanter en italien l’air de Riccardo extrait du premier acte de Un Ballo in maschera de Verdi : « Di’ tu se fedele »

 

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Emission Arte lirica du 23 avril 2017

avril 19th, 2017 par Alain Fauquier


 

 Affiche opera veriste portrait

 Le vérisme (ou verismo) est un mouvement intellectuel de la fin du 19ème siècle en Europe, qui a touché la littérature et l’opéra, tant en France qu’en Italie.

L’idée principale est de choisir comme héros des personnages de la vie ordinaire et non pas des dieux mythologiques ou des rois et des empereurs, plutôt des paysans ou des villageois ou des « bourgeois » que de prétendus êtres supérieurs ou de légende.

En littérature, on trouvera le phénomène littéraire du naturalisme, avec Zola, Maupassant, et leur précurseur sur ce terrain, Balzac : description précise de la vie et de la psychologie de personnes vraies, si l’on peut dire, phénomène de réalisme culturel qu’on retrouve aussi en Angleterre et en Russie.

En Italie, le grand homme c’est Giovanni Verga qui prônait ce mouvement d’hommage « aux vaincus de la terre » (Ai vinti dalla terra »), aux vraies valeurs, simples et « rustiques », au travail, au coutumes anciennes, à l’honneur, qui souvent mène à la vengeance et à la mort etc…, qui sont les deux ingrédients principaux de l’opéra, qu’ils s’agisse des dieux ou de ce qu’il est convenu d’appeler les « grands de ce monde » ou « les petites gens »…

A l’opéra, c’est l’Italie qui a pris la tête du mouvement avec des compositeurs qui, pour n’avoir pas la stature de Verdi ou de Wagner, sont d’excellents musiciens, aux opéras connus et joués régulièrement à travers le monde : qu’on songe à Pagliacci (drame de la jalousie dans une troupe de comédiens ambulants), Cavalleria Rusticana, (drame de la jalousie dans un village) ou même à certains opéras de Puccini et leurs personnages « bourgeois », comme la Traviata et les personnages « réels » qui l’entourent ou ceux de la Bohème, un poète, une petite ouvrière ou brodeuse, une aubergiste etc… : les noms eux-mêmes, le plus souvent des prénoms, sont ceux de la vie de tous les jours, Mimi, Musette, Rodolfo, Colline, Nedda, Santuzza, Canio, Silvio, Alfredo (Germont)…

Ces compositeurs célèbres sont Ruggero Leoncavallo (1892- Pagliacci), Pietro Mascagni (1890) Cavalleria Rusticana) et, bien que n’étant pas seulement classables comme compositeur « vériste », Puccini lui-même.

Commençons notre écoute musicale par le véritable « Manifeste » du vérisme qui ouvre I Pagliacci : c’est le fameux « PROLOGUE » où le baryton se présente au public et lui expose que le spectacle mettra en scène des êtres de chair et de sang, comme l’auteur lui-même, et des sentiments qui sont ceux de la nature humaine.

Le PROLOGUE commence par « Si puo ? Si puo ? »

« poique siam uomini di sangue et d’ossa »

« E que di quest’orfano mondo

« Al pari di voi, spiriamo l’aere »,

« parce que nous sommes des hommes de chair et de sang

« et que, de ce monde orphelin,

« tout comme vous nous respirons l’air » !

Sachons que le livret est de Leoncavallo lui-même, qui était l’auteur de tous ses livrets sauf un opéra posthume dont la composition complète lui est d’ailleurs discutée.

Il a aussi collaboré au livret de Manon Lescaut, de Puccini.

Leoncavallo avait une belle plume et avait fait des études de lettres à l’université de Bologne où il avait eu pour professeur Giosué Carducci, un des plus grand poètes italiens du 19ème siècle.

Il a aussi écrit pour Caruso, premier interprète de Pagliacci, la fameuse chanson « « Mattinata » si aimée des ténors.

Revenons au Prologue de Pagliacci : c’est une introduction originale et magnifique,  texte et musique.

En effet, le Prologue se présente comme une personne: « Je suis le Prologue » : « Io sono il Prologo » « Si puo ? Si puo ? » nous est chanté par le grand Sherill Milnes, grand baryton américain.

Cet enregistrement réunissait Placido Domingo, Montserrat Caballé, MIlnes et Barry Bac Daniel, autre baryton

Poursuivons avec Paillasse et le grand air de cet opera, celui  où Canio, le héros interprété par le ténor, prend la résolution de se venger d’avoir été trompé par sa femme Nedda, qui interprète Colombine dans leur petite troupe de comédiens de « Commedia de’ll Arte », cependant que lui-même joue le Pierrot (« Pagliaccio »).

Mais Canio nous explique qu’il ne veut plus être le Pierrot de la Comédie italienne, à qui on vole sa Colombine et qui reçoit des coups de bâton pendant que le public rit ! Avec lui, ça ne se passera pas comme ça ! il l’a déjà dit dans le premier air, plein de menace et qui installe tout le drame :

Cet air annonce en quelque sorte tout le programme de l’opéra, qui finira mal puisqu’il va poignarder sa femme Nedda (Colombine) et Arlequin-Silvio, qui lui vole sa femme !

Écoutons Jussi Bjorling chanter sa menace :« Un tal gioco credete mi….”

Mais dans le grand air de « Pagliacci », il a pris sa résolution : « Recitar ! … Vesti le giubba » (Agir !!!) : l’aria qui a fait la fortune de Mario Lanza !

Et malgré le meurtre avec préméditation qui se prépare, on souffre pour « Canio-Pagliaccio » dont le cœur est brisé et dont la jalousie a empoisonné le cœur : « Ridi del duol che t’avelenna il cuore », « Ris de la douleur qui t’empoisonne le cœur » !

Et Mario Lanza est bouleversant, comme homme trompé qui rit et pleure à la fois !

Et après avoir tué sa femme et son amant devant les yeux du public de son propre spectacle, il tire le rideau et conclut : « É finita la commedia ! »

Passons à l’autre fameux opéra vériste, : Cavalleria Rusticana, qu’on pourrait traduite par «Chevalerie paysanne »: la « chevalerie » ou le « sens de l’honneur », existe partout et dans tous les milieux, c’est la signification de cet opéra, mais là, en, Sicile, il finit dans le sang…

Cavalleria Rusticana est, comme Pagliacci, un opéra en un acte unique et habituellement les mêmes chanteurs interprètent les deux opéras à la suite, après l’entracte depuis que la tradition en a été instaurée au Metropolitan Opera de New York, en 1895, car les deux opéras ne faisaient que deux actes à eux deux.

Cet opéra est de Pietro Mascagni (1863-1945), auteur d’un autre très grand succès d’opéra, l’Amico Fritz (l’Ami Fritz) d’après le roman d’Erckmann et Chatrian, opéra où s’illustra Tito Schipa et au total de 15 opéras et d’œuvres instrumentales.

Cavalleria Rusticana fut même dirigé par Gustav Mahler à Budapest, ses œuvres instrumentales eurent un grand succès, et il eut une très belle carrière de son vivant (il est mort en 1945, quelques jours avant la victoire des Alliés sur le nazisme).

Revenons à Cavalleria : Nous sommes en Sicile, le héros, Turridu est aimé de Santuzza (qu’il appelle aussi Santa), mais au retour de l’armée il retrouve son ancienne fiancée, Lola, mariée au charretier Alfio. Leur liaison reprend, aux dépens d’Alfio, le mari, et de Santuzza, la fiancée, jeune femme désespérée, qui se confie à Mamma Lucia, mère de Turridu.

Puis après une dispute avec Turridu, elle le dénonce à Alfio et le regrette immédiatement, car elle connaît l’issue : l’honneur du mari trompé se lave dans le sang et de fait, et pour résumer, les deux hommes vont se battre en duel mais ils s’embrassent d’abord selon la coutume. Ce baiser (baiser de la mort ?) a lieu dans l’auberge de Mamma Lucia après une chanson à boire.

Avant le duel, Turridu fait jurer à sa mère que s’il ne revenait pas du duel, elle se considère comme la mère de Santuzza (Santa) à qui il avait juré de « la conduire à l’autel » et c’est le grand air de cet opéra : « Mamma, quel vino e generoso… ».

Cet air est un régal pour un ténor en raison de l’émotion de la situation et de la prière que Turridu fait à sa mère : il lui demande de le bénir « comme ce jour où il est parti soldat » et qu’elle lui promette d’être une « une mère pour Santa » « si io non tornasi », si je ne devais pas revenir ».

Puis l’orchestre joue le fameux INTERMEZZO de Cavalleria Rusticana, quelques minutes magnifiques et graves, passage aussi connu que le grand air, sinon plus.

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Emission Arte lirica du 19 mars 2017

février 15th, 2017 par Alain Fauquier


Affi.Traviata-portrait

La Traviata est sans doute l’œuvre la plus populaire et la plus universellement représentées, toujours à l’affiche partout dans le monde, dans les opéras et les festivals. C’est l’opéra le plus accessible de Verdi et peut-être même de tout le théâtre lyrique. Aussi, on a peine à croire aujourd’hui que lors de sa création à La Fenice le 6 mars 1853, La Traviata connut un échec retentissant qui n’aura d’équivalent que le fiasco de Carmen de Bizet en 1875.

Tiré de la pièce d’Alexandre Dumas fils, La Dame au Camélia, l’histoire de La Traviata se déroule à Paris, sous le Second Empire, aux alentours de 1850. La courtisane Violetta Valéry aime et est aimée d’Alfredo Germont. Mais le père du jeune homme va la convaincre de mettre un terme à cette liaison qui déshonore leur famille. Elle décide de se sacrifier au nom de son amour, avant de mourir dans les bras de son amant, rongée par la tuberculose. C’est donc l’histoire d’un amour bouleversant et purificateur. On écoute Montserrat Caballé dans un extrait du grand air de Violetta du premier acte : « Sempre libera » (c’est pour lui que mon âme).

L’héroïne de La Traviata a réellement existé. Il s’agit d’Alphonsine Plessis, fille d’un colporteur de l’Orne, qui allait devenir à 16 ans l’une des plus illustres courtisanes du 19e. Cette jolie fille arrive à Paris à 14 ans et elle subvient vite à ses besoins en monnayant chèrement ses charmes. Elle ne va pas tarder à devenir la reine des nuits parisiennes et se rebaptise Marie Duplessis, ça sonne mieux.

Elle rencontre Alexandre Dumas fils avec qui elle va vivre une passion ; mais Marie est malade depuis plusieurs années : elle est rongée par la tuberculose et elle mourra à 23 ans à peine, ruinée et endettée. Marie est enterrée à Paris, au cimetière Montmartre. A sa mort elle entre dans l’histoire mais Dumas fils va très vite la faire entrer dans la légende. Marie Duplessis devient Marguerite Gautier qui va devenir Violetta Valéry.

Verdi se passionne pour cette histoire qui connaît un succès prodigieux et fait scandale. Dans sa Traviata Verdi ne dénonce pas, ne condamne pas : il observe. Violetta veut simplement être aimée : sa fragilité, son amour fou, sa quête d’absolu rappellent les élans du romantisme, quant à ses doutes et à sa lucidité, ils sont résolument modernes.

Violetta est une femme moderne, c’est même l’une des figures de femme les plus adultes de tout le répertoire lyrique. C’est une femme blessée et lucide qui va trouver sa rédemption dans l’amour et la mort. A ce propos je cite Dumas fils : « pour la femme à qui l’éducation n’a pas enseigné le bien, Dieu ouvre presque toujours deux sentiers qui l’y ramènent […] la douleur et l’amour ».

Violetta va suivre ces deux sentiers : l’amour d’abord, celui sincère d’Alfredo, la douleur ensuite quand au 2e acte le père de ce dernier vient lui demander de se sacrifier.

Nous vous proposons justement d’écouter un extrait du célèbre duo « Ah ! Dite alla giovine » entre Violetta et Germont-père au 2e acte. C’est le pivot du drame où le père d’Alfredo vient justement demander à Violetta de se sacrifier pour que son fils puisse épouser une femme de bonne famille.

Le désir de changer de vie de Violetta fait d’elle un élément perturbateur qu’il faut éliminer, mais par amour elle va accepter ce sacrifice: entrée « dévoyée » au 1er acte, elle sort en martyr au dernier. Verdi est un grand dramaturge, on peut même dire que c’est le Shakespeare italien : il pense musique et en même temps il pense théâtre. La Traviata est l’aboutissement de toutes ses recherches passées et le point de départ d’une nouvelle esthétique.

Verdi ne va pas se contenter de ne retenir que l’intrigue, il va approfondir ce qui fait la nouveauté de la pièce et accentuer son côté passionné. A propos de passion, écoutons Nicolai Gedda chanter sa joie de vivre « quasi in ciel » auprès de sa chère Violetta, dans le très enlevé « Dei miei bollenti spiriti ».

Non seulement Verdi ose mettre en scène un sujet de son époque mais en plus il s’agit d’un pur drame bourgeois, loin des grands péplums héroïques auxquels le public était habitué. C’est une révolution dans le monde de l’opéra.

Le dernier acte de Traviata confirme le triomphe de cette nouvelle manière de Verdi, née avec Luisa Miller et dans laquelle l’analyse psychologique prend le pas, avec le drame et l’émotion profonde, sur la violence. Il faut souligner que c’est d’ailleurs le seul opéra tragique de Verdi dans lequel la violence ne joue aucun rôle.

Nous vous proposons d’écouter Maria Callas qui a été la Traviata du siècle, dans l’ « Addio del passato », un des airs les plus émouvants qui soient, au moment où Violetta évoque un passé heureux auquel elle dit adieu à tout jamais.

Avec La Traviata, Verdi fait un constat social sans concession. Il n’a jamais traité aussi directement les problèmes sociaux et moraux de son époque lorsqu’il a composé Luisa Miller, Stifelio et La Traviata. Et avec elle on va donner pour la première fois le beau rôle à une « cocotte », à une « traviata » c’est à dire une dévoyée, une corrompue, une femme qui s’est écartée du droit chemin et qui est d’autant plus scandaleuse qu’elle est censée être contemporaine des spectateurs.

A peine plus d’un an après avoir sombré à la Fenice, mythique théâtre de Venise, c’est la revanche, toujours à Venise mais au San Benedetto. Nous sommes le 6 mai 1854, et cette fois, c’est un triomphe incontestable. Le public est versatile et Verdi le savait aussi : il ne s’exaltait jamais d’un succès ni ne se désolait d’un échec.

Cette fois la presse et le public acclament le chef d’œuvre qui après Rigoletto et Le Trouvère conclut en beauté une trilogie écrite en seulement deux ans, entre 1851 et 1853. Ecoutons le très joyeux chœur des Zingarelle.

Sans doute avait-il eu le temps à la fois de s’accoutumer à un style si nouveau et de mesurer leur ingratitude envers l’une de ses plus grandes idoles. Et il faut dire que l’orchestre avait fini par mieux comprendre la musique et que la reprise avait – enfin – bénéficié d’interprètes hors pair.

On écoute pour terminer, le dernier duo de l’acte 3. C’est le moment où Alfredo et Violetta sont dans les bras l’un de l’autre : ils oublient la mort qui menace Violetta. Ils vont quitter Paris pour se retirer dans un lieu calme où plus rien ne pourra les séparer : « Mia Violetta… Parigi, o cara, noi lasceremo » (Nous quitterons Paris, ô ma bien aimée.)

 Nous vous proposons un enregistrement rare réalisé par Mario Lanza et la soprano canadienne Frances Yeend lors d’un concert triomphal au Hollywood Bowl de Los Angeles le 27 août 1947. Le Hollywood Bowl orchestra est dirigé par le grand maestro de Philadelphie Eugene Ormandy. Le lendemain de ce concert Mario Lanza sera engagé par la MGM pour chanter l’opéra au cinéma avec un immense succès.

 Extrait musicaux:

 Sempre libera : Montserrat Caballé
Ah ! Dite alla giovine : Renata Scotto & Renato Bruson
Dei miei bollenti spiriti : Nicolai Gedda
Addio del passato : Maria Callas
Chœur des Zingarelle
Mia Violette… Parigi, o cara : Mario Lanza & Frances Yeend
Libiamo ne’lieti calici :Renata Scotto & Alfredo Kraus

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Emission Arte lirica du 29 Janvier 2017

janvier 29th, 2017 par Alain Fauquier


Affi.Voix d'hier-portrait

« Voix d’opéra d’hier et d’aujourd’hui »

Pour commencer cette émission nous avons choisi de vous faire écouter un chœur : le magnifique et célèbre chœur des forgerons, appelé aussi « chœur de l’enclume », du début du 2ème acte du Trouvère de Verdi.

Dans le camp des gitans, les forgerons frappent l’enclume au rythme de la musique qui est typiquement verdienne, à la fois vive et grandiose. Cet air de l’enclume est interprété ici par le chœur et l’orchestre de la Scala de Milan dirigés par Riccardo Muti.

Nous allons entendre la grande basse bulgare Boris Cristoff qui fut l’une des plus grandes basses du 20ème siècle et qui était aussi, pour la petite histoire, le beau-frère du grand baryton italien Tito Gobbi.

Extrait du 2ème acte des Vêpres siciliennes de Verdi, Boris Cristoff chante « O tu Palermo ». Un vibrant récitatif dans lequel Procida, le chef des patriotes siciliens, salue sa chère patrie. Une aria qui est devenue le passage le plus célèbre de l’opéra.
Le Philharmonia Orchestra est dirigé par Wilhem Schüchter.

A la fin du 1er acte de La Traviata de Verdi, après le départ d’Alfredo et des autres invités, Violetta songeuse avoue que pour la première fois son cœur est touché : « Ah, fors’è lui che l’anima » (c’est pour lui que mon âme).

Puis soudain, comme s’il ne pouvait y avoir d’amour durable pour une femme comme elle, elle change de ton et se lance dans le brillant « Sempre libera » (Toujours libre) que nous allons entendre par la divine Maria Callas. Une grande prouesse vocale et un grand moment d’émotion.

Dehors, la voix d’Alfredo chante le refrain : « Di quell’amor ». C’est le grand ténor espagnol Alfredo Kraus à qui nous avons consacré une émission en février 2016 qui lui donne la réplique. L’orchestre du Teatro Sao Carlos de Lisbonne est dirigé par Franco Ghione.

On écoute maintenant, extrait de Faust de Charles Gounod, le brillant et célèbre air des bijoux : « Ô Dieu ! Que de bijoux ! » que chante Marguerite au 3ème acte. C’est l’un des airs les plus éclatants du répertoire se soprano coloratur.

Cet air est interprété par la belle et très talentueuse soprano roumaine Angela Gheoghiu, devenue star internationale de l’art lyrique en 1994 à l’issue de sa prestation triomphale de La Traviata à Covent Garden. Spectacle retransmis en direct à la télévision.

Elle est accompagnée par le Royal Philharmonic Orchestra dirigé par Marco Armiliato.

Monserrat Caballe est l’une des plus grandes Divas du 20ème siècle. Surnommée « la superba » en raison de sa voix magnifique et de ses remarquables interprétations du répertoire belcantistes et lyrico-dramatique, cette immense cantatrice espagnole est aujourd’hui âgée de 83 ans.

On écoute Monserrat Caballé dans l’air du 2ème acte de Madame Butterfly de Puccini, le fameux «  Un Bel di Vedremo » (Un beau jour nous verrons).

Dans cette aria, Butterfly évoque avec entrain la joie qu’elle aura lorsqu’elle et Pinkerton se reverront. L’Orcherstre philharmonique de Strasbourg est dirigé par Alain Lombard.

Par Robert Alagna, qu’on ne présente plus, nous allons entendre le magnifique et très populaire aria : « Traduire… Pourquoi me réveiller au souffle du printemps » du 3ème acte de Werther de Jules Massenet. Une aria dans laquelle Werther chante l’histoire d’un amour tragique contée dans le livre qu’il vient d’ouvrir.

On peut dire de Roberto Alagna qu’il y a bien longtemps qu’un ténor français n’avait pas réalisé une aussi longue et aussi complète carrière. Non seulement il a pratiquement tout chanté, mais Il est aussi le seul ténor français à s’être produit sur les grandes scènes internationales. Il est accompagné ici par le London Symphony Orchestra dirigé par Sir Antonio Pappano.

Extrait de l’opéra Gianni Schicchi de Puccini on va écouter le célèbre et mélodieux « O Mio babbino caro » (O Mon cher père) chanté par la mezzo-soprano autrichienne d’origine russe, Anna Netrebko qui fait partie de la génération actuelle des grandes cantatrices. Elle est accompagnée par l’orchestre symphonique de Milan est dirigé par Claudio Abbado.

Qualifié de star du chant de première ampleur par le New York Daily News, après son récital à New York en 1990, le baryton russe Dmitri Hvorostovsky a volé de succès en succès. Il est aujourd’hui une star mondiale incontournable.

Extrait de l’acte II de La Traviata de Verdi, on l’écoute chanter l’air de Germont « Di Provenza il mar il suol » dans lequel il s’efforce d’adoucir la peine de son fils. L’orchestre philharmonique de Rotterdam est dirigé par Valéry Gergiev.

Nous terminons ce programme avec Mario Lanza qui chante, extrait du 3ème acte de Tosca de Puccini, le très beau « E lucevan le stelle ed olezzava la terra » (Quand les étoiles brillaient et que la terre embaumait).

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Emission Musica Maestro du 22 Janvier 2017

janvier 29th, 2017 par Alain Fauquier


Musica Maestro 22 janvier 2017

PROGRAMME

 RICARDO CASSINELLI

La Danza (Rossini)

Granada (Lara)

MARIO LANZA

Canta pe ‘me (De Curtis)

A Vucchella (Tosti)

FERRUCCIO TAGLIAVINI

Musica proibita (Gastaldon)

Ideale (Tosti)

GINO BECHI

Il Tango delle campinere (Bixio)

CARLO BERGONZI

Torna piccina mia (Buti)

I’Te vuria vasa (Di Capua)

 GIUSEPPE DI STEFANO

Nuttata ‘e sentimento (Capolongo)

VLADIMR ATLANTOV

Mattinata (Leoncavallo)

Un amore cosi grande (Ferilli)

Tu ca nun chiagne (De Curtis)

Torna (Valente)

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Emission Arte lirica du 18 décembre 2016

décembre 13th, 2016 par Alain Fauquier


Affi Arte lirica du 18 déc 2016

 

C’est Noël dans huit jours, et nous continuons la tradition de faire entendre des chants de Noël, en étendant le thème à des chants de foi.

On va constater que les chants de Noël, classiques ou modernes, ne sont pas que des mélodies mièvres ou des comptines pour enfants, et les voix que nous entendrons montrent, mieux qu’un long discours, que ces grands artistes aiment cette musique et lui donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Commençons par l’ex enfant de chœur, Mario Lanza qui chante « The First Noël », « le Premier Noël », extrait d’un disque « BMG » intitulé « Joy To the World », « Joie pour le Monde »

Passons maintenant à la grande contralto américaine, Marian Anderson, première chanteuse noire à chanter au Metropolitan Opera de New York et à briser la barrière de la ségrégation raciale (elle chantera pour Eleanor Roosevelt devant le Lincoln Mémorial, pour l’intronisation du président Kennedy en 1961, et elle restera un exemple pour les grandes cantatrices noires américaines qui lui ont succédé, Leontyne Price, Shirley Verrett, Jessye Norman etc…

Fille de Philadelphie, la ville de naissance de Lanza, elle a, comme lui , sa plaque de bronze au sol de l’Avenue où se trouve l’Opéra. Elle meurt en 1993.

Marian Anderson a chanté sous la baguette des plus grands, Toscanini, Eugène Ormandy, prestigieux chef du Philharmonique de Philadelphie, Pierre Monteux, Dimitri Mitropoulos etc… Elle chantait l’opéra (par exemple le Bal Masqué de Verdi), l’oratorio, le lied, c’est à dire le poème chanté allemand, et le Negro Spiritual

On l’écoute dans « AWAY IN A MANGER »

On ne le sait pas toujours, mais Martin Luther a écrit et composé de la musique religieuse et au moins le fameux air, inspiré du psaume 46 du roi David, « une redoutable forteresse est mon Dieu », ici chanté en anglais par Placido Domingo.

Cette composition, à l’origine en langue allemande, remonte aux années 1527/1529.

La soprano américaine Benita Valente, nous chante « joy to the world ».

Cette soprano américaine, née en 1934, a eu une longue et belle carrière, chantant l’opéra, les lieder, l’oratorio et la musique de chambre.

Les grands festivals, le Metropolitan Opera, l’ont demandée, où elle chanta la Flûte Enchantée, de Mozart, le Mariage de Figaro, Rigoletto, de Verdi.

Elle a récolté de nombreux grands prix, notamment en musique de chambre avec le prestigieux « Quartet Juilliard »

Elle chanta aussi en Europe et depuis sa retraite, à Philadelphie, elle enseigne dans tous les États Unis et les grandes écoles de musique où ses master classes sont très courues (Juilliard, Curtis School of Music à Philadelphie, Festival de Marlboro etc…)

Benita Valente est accompagnée des chanteurs de Philadelphie, « The Philadelphia Singers »

On ne présente pas Luciano Pavarotti, n’est- il- pas, un des plus illustres ténors du siècle ?

On ne parlera donc pas aujourd’hui de l’homme et de sa carrière hors du commun et on en restera au chant religieux. Ce n’est pas un chant de Noël qu’il va chanter, c’est le fameux « ingemisco », extrait du Requiem de Verdi.

Revenons au chant de Noël, avec le fameux « Silent Night », chanté par les Ambrosian Singers, un choeur très connu qui siège à Londres, et a été fondé après la Seconde Guerre Mondiale.

Les Ambrosian Singers accompagnent des chanteurs solistes, des comédies musicales, des opéras et ont chanté avec les plus grands chanteurs et cantatrices du monde et les plus grands chefs d’orchestres.

Et maintenant, une chanson de Noël et pas un « chant » de Noël, quelque chose de plus intime, de moins grave, de plus « musique de variété » au sens le plus noble de cette musique, avec des artistes inégalables, NAT « KING » COLE et FRANK SINATRA, pour notre plaisir, une chanson qui parle marrons qui grillent dans le feu, du froid qui pince dehors, de Noël en famille avec des jouets pour les enfants et qui dit « Merry Christmas To You ».

C’’est la chanson de Noël dans les pays anglo-saxons, États-Unis, Angleterre, dans les maisons, sur les radios, dans les magasins …

Cette chanson s’appelle d’ailleurs « La Chanson de Noël »  « the Christmas Song », tous l’ont chantée, y compris le grand Bing Crosby

Ses auteurs en 1945 sont Bob Wells et Mel Tormé (lui même très célèbre chanteur Outre Atlantique)

Chanson enregistrée d’abord par le NAT KING COLE TRIO (de jazz) en 1946.

Gloire universelle de cette chanson

Après le « cocooning » de « CHRISTMAS SONG », retour au chant de foi, avec le grand baryton américain Leonard Warren, qui chantera l’« AGNUS DEI » de Georges BIZET

Warren était un grand baryton à la voix particulière, émouvante et un peu torturée. star du Métropolitan Opera de New York, il chanta les pus grands rôles, depuis l’opéra vériste comme « PAGLIACI » jusqu’à VERDI et le rôle de IAGO, dans OTELLO, et avant dans RIGOLETTO, où il remplace l’illustre Lawrence TIBBETT. il aura tous les grands rôles du répertoire et triomphera dans MACBETH de VERDI avec la sublime diva autrichienne Leonie RYSANEK, encore au Métropolitan, version qui fut enregistrée sous la baguette de Erich LEINSDORF.

il chantera dans les plus grandes salles du monde (New York, Chicago, San Francisco, Scala, Mexico, Buenos Aires etc…) et sa voix fait merveille, du sol grave au si bémol aigu.

il meurt, foudroyé par une crise cardiaque sur la scène du Met à New York à 48 ans en 1960. il chantait… « la FORCE DU DESTIN » !

Ici, nous l’écoutons chanter à Moscou en plein guerre froide l’AGNUS DEI, GEORGES BIZET.

Venons-en maintenant à une autre grande voix, celle de Rosa Ponselle, qui nous chantera l’Ave Maria de Schubert .

Cette soprano, américaine d’origine italienne, est une artiste illustre, morte à Baltimore en 1981, qui fut une des plus grandes cantatrices de l’histoire du chant, voix d’une exceptionnelle richesse.

En 1918, Enrico Caruso la présente au directeur du Metropolitan Opéra de New York le fameux Gatti Casazza quI l’engage pour une saison pour chanter « La Force du Destin » avec Caruso, le directeur qui l’engage à l’essai, lui dit : « c’est la première fois que j’engage une artiste américaine sans qu’elle ait fait au préalable ses preuves en Europe : » « Si vous réussissez, vous ouvrir les portes à d’autres chanteurs américains ».

Elle va faire plus que réussir ! Rosa Ponselle chanta avec les plus grands, aussi honorés de chanter avec elle, comme Caruso, notamment dans « la Force du Destin »

Rosa Ponselle : Ave Maria, de Franz Schubert

Nous écouterons encore cette année la grande voix de Enrico CARUSO, chanter « Ô Holy Night »  « Nuit Sacrée, « Nuit Divine «  , en réalité c’est le fameux « Minuit Chrétiens », qu’il enregistre ici en… 1916 !

Pardon pour la qualité de l’enregistrement, mais la grande et émouvante voix nous parle par dessus le temps !

Minuit Chrétien a été mis en musique en 1847 par Adolphe Adam, le compositeur du « Postillon de Longjumeau » sur le texte d’un négociant en vins qui était… anticlérical !

Ce chant est interprété en introduction à la messe de minuit.

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Emission Arte lirica du 16 octobre 2016

octobre 17th, 2016 par Alain Fauquier


 Affiche Arte lirica du 16 octobre 2016

Nous avions annoncé comme programme Victoria de Los Angeles, la grande, l’illustre cantatrice espagnole.

Nous tiendrons parole, mais partiellement car il nous a semblé qu’une émission par artiste, sauf exception, limiterait nécessairement le nombre de belles voix à écouter ;

Alors il nous a semblé préférable de donner à entendre plusieurs voix par programme, pour montrer la variété des voix humaines et démontrer que la notion de beauté vocale recouvre une immense diversité : chaque voix est celle d’une personne et l’expression d’une vie et il y a autant de voix que de personnes.

Après, on aimera plus ou on aimera moins telle ou telle voix. C’est humain.

Alors commençons par la princesse du jour, Victoria de Los Angeles, une des cantatrices les plus aimées de la deuxième moitié du vingtième siècle, née à Barcelone, le 1er novembre 1923, une voix d’une exceptionnelle beauté.

Elle a chanté, dans les plus grandes salles du monde (Espagne, Scala, Metropolitan, Londres Covent Garden, Paris, l’opéra italien, français, allemand, Mozart, les zarzuelas espagnoles, les lieder, poèmes chantés allemands, les chansons traditionnelles espagnoles et même… auvergnates !

On l’écoute dans un des grands airs de « Madame Butterfly », de Giacomo Puccini, Acte II, « un Bel Di vedremo »

Elle a chanté avec les plus grands, honorés de chanter avec elle, (à ses débuts, avec Benjiamino Gigli, en 1947, puis Bjoerling, Di Stefano, NicolaÏ Gedda, Dietrich Fischer-Diskau, Elisabeth Schwartzkopf et d’autres encore, et les plus grands chefs, Sir Thomas Beecham, par exemple).

On disait de sa voix que c’était celle d’un ange, et son comportement était simple, directe, et aristocratique, avec un rapport immédiat et chaleureux avec le public. Le public l’adorait. Elle est morte le 15 janvier 2005.

Nous allons l’entendre dans un extrait de « I Pagliacci » de Ruggero Leoncavallo « Quel fiamma » (« Quelle flamme »)

Victoria de Los Angeles avait chanté avec Giuseppe Di Stefano, que le grand baryton Tito Gobbi, à qui nous avons consacré une émission, appelait « le céleste ténor lyrique ».

Di Stefano est un des plus grands ténors de la seconde moitié du 20 ème siècle, carrière faite entre la fin de la Guerre, 1945, et le début des années 1960, avec un arrêt prématuré de sa splendide carrière : le tabac, l’asthme l’ont emporté sur une magnifique voix et il dut même annuler sa dernière tournée de concerts avec Maria Callas, sa grande amie et partenaire ((et même plus).

Il avait commencé à chanter avant la Seconde Guerre Mondiale dans des cafés, des églises, des théâtres, les grands airs d’opéra et les chansons traditionnelles italiennes et napolitaines. Il arriva après la Guerre, son évasion d’un camp de prisonnier, la reprise de ses études de chant, aux plus grandes maisons d’opéra du Monde, Scala de Milan, Covent Garden à Londres, Metropolitan de New York, Paris, Chicago, San Francisco, Mexico, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Johannesbourg, Festival de Vérone etc…

Il faudrait une émission spéciale pour un homme spécial et une voix spéciale, très claire et pure, pour celui que Mario Lanza adorait et à qui il écrivit, depuis l’Italie même : « Pippo, je crois qu’il y a toi et moi ».

Pavarotti et Carreras l’adoraient aussi, comme ils adoraient Lanza. Ces sympathies et admirations réciproques de grands chanteurs sont très émouvantes…

Di Stefano  est mort en Italie le 3 mars 2008 des suites d’une agression, fin 2004, dans sa propriété au Kenya.

Écoutons le chanter un air de la Bohème de Leoncavallo, l’auteur de I Pagliacci, le très beau « Testa adorata ».

Et à propos de ce très bel air, nous vous avons réservé une petite surprise. Nous vous proposons de le réentendre par Mario Lanza.

 Vous verrez, c’est aussi très beau et très émouvant et cela nous rappelle une petite anecdote : un jeune couple d’Italiens, il y a trois ans ou quatre ans, rencontrés chez un disquaire du Quartier Saint Michel- Saint Germain, à la Chaumière à Musique : lui cherchait Testa Adorata, par Mario Lanza et quand il l’a trouvé , il s’est écrié « AH ! » et il a dit à sa petite amie en Italien : « Quand tu entendras ça, tu sauras ce que c’est de chanter » ! Agréable petit souvenir !

 Retour aux cantatrices, une autre grande Mirella Freni.

Du point de vue biographique, il faut savoir que Mirella FRENI est une amie d’enfance de Luciano Pavarotti. Leurs mères travaillaient toutes les deux dans une même fabrique de cigarettes à Modène. Ce sont donc véritablement des amis d’enfance qui ont eu la chance extraordinaire de faire carrière au même moment, et de faire la carrière internationale que l’on connaît, et de jouer souvent ensemble.

Mirella Freni a été découverte à l’âge de 10 ans dans un radio-crochet par Beniamino Gigli, qui lui a conseillé de cesser de chanter pour ne pas abîmer sa voix. Elle commença à prendre les cours de chant à partir de 17 ans.

Elle commence à se produire à 19 ans dans sa ville natale de Modène dans le rôle de Micaela de Carmen, de Georges Bizet, mais elle s’arrêtera assez vite pour épouser son professeur de chant, le chef d’orchestre Leone Maggiera, dont elle aura un enfant.

Sa vraie grande carrière débutera à Turin en 1958, dans la Bohème, de Puccini, où elle a le rôle de Mimi, puis reconnaissance internationale pendant la saison 1958-1959 au festival de Glyndebourne, dans le rôle d’Adina de l’Éflixir d’Amour de Donizetti, sur une mise en scène de Franco Zefirelli.

Sa carrière décolle et elle chantera sur les plus grandes scènes du monde, avec les plus grands chefs et particulièrement avec Herbert Von Karajan, avec lequel elle aura une véritable coopération musicale, et dont elle sera une des cantatrices préférées.

De même au Metropolitan Opéra de New York, où en 2005 elle fêtera le 40e anniversaire de ses débuts au Metropolitan Opéra et le 50 ème anniversaire de ses débuts à l’Opéra lors d’une soirée d’hommage sous la baguette et sur l’invitation du chef James Levine.

Elle sera une des plus grandes interprètes de Mimi de La Bohème, et de Cio Cio San de Madame Butterfly, tant vocalement que dans son jeu d’actrice.

Chose extraordinaire, elle interprète Jeanne d’Arc jeune dans l’opéra La Pucelle d’Orléans, à l’âge de 70 ans à l’Opéra National de Washington le 11 avril 2005.

Elle avait créé, avec son second mari, épousé en 1981, le grand chanteur basse bulgare Nicolaï Ghiaurov, un Centre international de Bel Canto à Vignola.

Écoutons Mirella Freni, non pas dans le rôle de Mimi, mais dans celui de Desdémone dans Otello, de Verdi

Desdémone sent qu’elle sera tuée par Otello, son mari jaloux, et elle chante « l’Ave Maria »

Venons-en maintenant à une autre grande voix, celle de Franco Corelli, un des plus grands ténors des années 50.

Ce fut un chanteur impressionnant, par sa grande taille, son physique d’acteur de cinéma (il était absolument magnifique) ainsi que par sa voix exceptionnelle.

Né à Ancona, en 1921, la même année que Mario Lanza, il est mort à Milan en 2003.

il commença des études d’architecte naval et ce n’est qu’à l’âge de 23 ans, ce qui est relativement tard, qu’il s’orienta vers l’étude du chant. Mais il commença par se former seul, à l’écoute des disques des grands anciens, et notamment de Caruso.  Il fut cependant accepté au Centre Lyrique Expérimental de Spolète, il prend des cours et il gagne le Concours du Mai Musical de Florence et commença à se produire à partir de 1951, notamment dans le rôle de Don José, de Carmen, de Bizet, au Teatro Nuovo de Spolète.

Puis les engagements arrivèrent, Rome, la Scala de Milan, où il fit l’ouverture de la saison 1954/1 955 avec Maria Callas. Puis ce furent les plus grande scène du monde et les plus grands rôles comme dans Aïda, André Chénier, Carmen, la Force du Destin, Norma, Tosca, le Trouvère, Turandot, les Puritains. Il devait devenir ainsi populaire au Metropolitan opéra de New York, auquel il revenait à chaque saison jusqu’en 1974 chantant avec les plus grandes Léontine Price, Birgit Nilsson, et les plus grands chefs d’orchestre.

Voix exceptionnelle et trac exceptionnel : il fallait le pousser sur scène !

On l’écoute dans un de ses grands rôles : Andrea Chénier, de Giordano, « Come un bel di di Maggio »

Parlons maintenant d’un grand baryton, l’américain Robert Merrill, du Métropolitan Opera de New York, né à Brooklyn en 1917 et mort en 2004 à Nouvelle Rochelle.

On peut le lier à Victoria de Los Angeles, avec qui il chanta et enregistra I Pagliacci,  mais aussi avec Lanza, avec qui il s’était lié d’amitié et qu’il présenta à son professeur de chant en lui disant : « Écoutez cette voix, vous n’en reviendrez–pas !». Son ami Frank Sinatra l’appelait pour des conseils de chant, quand il avait des difficultés avec certains airs.

 Sa voix de baryton était somptueuse et lui permit d’interpréter, près de 30 ans les grands rôles du répertoire au Metropolitan, qui était devenu sa maison, et où il avait pour collègue, partenaire et… concurrent, un autre très grand baryton, Léonard Warren !

Mais il chanta aussi au palais Garnier, à Paris, au Royal opéra de Londres, Covent Garden, à Chicago, San Francisco etc.

Il fit aussi des incursions dans les comédies musicales, et notamment dans « Le Violon sur le Toit »

Voix de bronze, splendide et infatigable, une aisance extraordinaire et le sentiment que le chant était la chose la plus facile qui soit.

Le temps nous manque pour parler plus de cet extraordinaire chanteur et de l’écouter  encore et encore : un grand baryton Verdi qui chanta notamment Otello, Le Bal Masqué, Le Trouvère, La Force du destin, Pagliacci, Don Carlos, Le Barbier de Séville, André Chénier, La Traviata Il chanta avec les plus grands et sous la baguette des plus grands, Toscanini, Georg Solti, Erich Leinsdorf, Thomas Schippers, etc…

Nous vous proposons de l’écouter dans un extrait du Trouvère (IL Trovatore de Verdi : « IL Balen del suo sorriso »

Nous avons le plaisir de vous présenter maintenant un grand ténor, le canadien Ben Heppner, un géant qui chante merveilleusement aussi bien le répertoire Wagnérien (c’est des grands interprètes actuels de Wagner, c’est le type même de ce qu’on appelle le heldentenor, le ténor puissant pour ce répertoire et c’est l’un des plus demandés au monde) que les mélodies françaises et italiennes.

l a la puissance, la beauté du timbre, une voix reconnaissable et il est capable d’une grande douceur comme dans les mélodies françaises, qu’il a enregistrées, ou les mélodies de Tosti, et nous avons voulu vous en donner un bref aperçu avec « Io Ti Sento » extrait d’un album intitulé iDEALE, qui regroupe les plus belles mélodies de Tosti

On ne présente plus Placido Domingo, probablement le plus illustre chanteur vivant du monde depuis la mort de Pavarotti,: ténor au plus large répertoire qui soit (Tout Verdi, y compris Othello, tout Puccini, le répertoire vériste italien, comme I PagliacciI ou Cavalleria Rusticana, Tchaikovsky (Eugène Oneguine), Wagner (rarissime pour un chanteur « du Sud »); aujourd’hui il chante à son âge comme baryton (ex : aujourd’hui le rôle Rigoletto, baryton, alors que ténor, il chantait le rôle du Duc de Mantoue).

Mais aussi chanteur de zarzuelas, mais aussi chef d’orchestre, mais aussi Directeur d’Opéra (Washington etc…).

Alors ne nous donnons pas le ridicule d’essayer de résumer sa carrière, il y en aurait pour des heures.

Rappelons que c’est un des plus grands admirateurs de Mario Lanza, sur lequel ii a fait la présentation du Film « Mario  Lanza, The American Caruso » et écrit la préface d’une des multiples biographies écrites sur Lanza.

Donnons-nous le plaisir de l’écouter dans un extrait de l’opéra « Adriana Lecouvreur », le fameux air « L’Anima ho Stanca » : (J’ai l’âme fatiguée).

Enfin présentons pour la première fois Jonas Kaufmann, star mondiale allemande de l’Opéra. Répertoire vaste (opéra italien, français, allemand). On a fait remarquer que le 14 avril 2010, JK est devenu le premier ténor allemand depuis 103 ans à chanter Tosca, le rôle du héros masculin, Mario  Cavaradossi.

Depuis, il chante le répertoire d’un ténor lyrique et même spinto : on trouve chez lui l’opéra français, italien allemand (particulièrement Wagner, Lohengrin) Andrea Chenier, I Pagliacci, Cavalleria Rusticana, Fedora, Adriana Lecouvreur de Cilea, que nous venons d’entendre par Domingo, Carmen, Don Carlo, Manon Lescaut etc….

Un autre extrait de Adriana Lecouvreur, de Cilea, « La dolcissima effigie »

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Journée LANZA 2016 en Belgique

septembre 21st, 2016 par Alain Fauquier


Notre ami Léo D’Hulst, vice-président de l’Association Belge des Amis de Mario Lanza nous informe que la Journée « Lanza » 2016 se déroulera comme de coutume, à l’hôtel « De Notelaer » de Bornem  le samedi 8 octobre à 13h00.

 Cette journée sera essentiellement consacrée aux films de Mario Lanza.

Rudolf Steuns, président de l’association, fera un exposé basé sur le livre de Bill Ronayne, une référence dans le monde de Lanza, « The Films of Mario Lanza »; Une traduction en français de son exposé sera remise aux participants qui ne maîtrisent pas la langue néerlandaise.

En préambule à la journée « Lanza » un hommage sonore de 13 minutes environ sera rendu à la soprano et actrice Ann Blyth, aujourd’hui âgée de 88 ans, qui fut la merveilleuse partenaire de Mario Lanza dans le film : « Le Grand Caruso ».

Les participants auront ainsi l’occasion de l’entendre chanter des extraits du « Prince Etudiant » en solo et en duo avec Mario Lanza ainsi qu’un montage de « Kismet » - And This Is My Beloved - toujours avec notre Mario.

Pour clôturer cette journée « Lanza » un court extrait d’un concert d’hommage au ténor Luciano Pavarotti, qui nous a quitté il y a plus de 9 ans, sera présenté. Organisé à Monte-Carlo en août dernier ce concert a été diffusé sur France 3. Plusieurs jeunes ténors de talents français et étrangers dont Joseph Calleja  y ont participé.

La surprise vint cependant de l’invité d’honneur, le ténor Andrea Bocelli (57 ans), qui à cette occasion a rendu un hommage à Mario Lanza en interprétant « Be My Love » puis dans le final nous entendrons la version « studio » de cette mélodie interprétée par son créateur : Mario Lanza.

Nous ne doutons pas que cette « Journée Lanza 2016 » sera comme les précédentes, particulièrement amicale et attrayante.

Léo D’Hulst rappelle que plusieurs évènements importants se succèderont dans les prochaines années :

En 2018 : l’ABAML fêtera ses vingt ans d’existence;

En 2019 : ce sera le 60ème anniversaire de la disparition de Mario Lanza;

En 2021 ; nous fêterons le 100ème anniversaire de la naissance de Mario Lanza

 

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Hommage à Luciano Pavarotti au Châtelet

septembre 5th, 2016 par Alain Fauquier


 

BELCANTO, The Luciano Pavarotti Heritage

Au Théâtre du Châtelet  les 14 et 15 octobre 2016

Apres New York, Berlin, Vienne… la jeune génération des chanteurs d’opéra italiens minutieusement sélectionnés par The Luciano Pavarotti Heritage revient à Paris pour rendre un nouvel hommage au Maître absolu du belcanto.

Au fil des années, Luciano Pavarotti a marqué l’histoire et s’est imposé dans le genre en chantant les plus grands airs du Belcanto, technique de chant fondée sur la beauté du son et la virtuosité.

Avec émotion et passion, 12 talentueux chanteurs d’opéra choisis et confirmés par Nicoletta Pavarotti en personne et The Luciano Pavarotti Heritage, rendent hommage à la légende du Belcanto italien.

Tout au long de ce spectacle, six tableaux thématiques se succèdent et retracent l’histoire du Belcanto mêlant, danse, chants traditionnels napolitains et chants contemporains internationaux.

C’est aux côtés des chanteurs lyriques que défilera une succession de ballets accompagnés d’un orchestre. Des performances uniques et originales qui offriront poésie et rêveries dans cet hommage vibrant au Belcanto et à son maître : Luciano Pavarotti.

Direction artistique : Franco Dragone
Mise en scène : Gianfranco Covino
Direction musicale et arrangements : Pasquale Menchise
Chorégraphe : Vittorio Biagi

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Hommage à Enrico Caruso

mars 22nd, 2016 par Alain Fauquier


Affiche CARUSO

Ténor mythique par excellence, on peut dire de Caruso qu’il est la plus grande et la plus durable légende de l’histoire de l’opéra et qu’aucun autre chanteur n’a à ce point hanté l’imaginaire du public.

C’était une vraie star : par exemple à New York, où il a réalisé la majeure partie de sa carrière, il avait une réelle emprise sur la ville et l’inconscient collectif.

Son nom était devenu une référence populaire, synonyme d’art et il était familier aussi bien au chauffeur de taxi, qu’au policier ou à l’homme de la rue et il était plus célèbre que le Maire lui-même.

Cela s’explique par la voix, bien sûr, connue pour son étendue, sa puissance, la chaleur de son timbre, mais pas seulement, car la majorité de ses admirateurs n’avait jamais mis les pieds à l’opéra et n’avait même pas l’intention de le faire.

Il y avait donc autre chose et c’est sa personnalité qui y était pour beaucoup.

Caruso était quelqu’un d’attachant, qui avait énormément de charme. Et puis c’était aussi et peut-être surtout, quelqu’un de profondément humain, simple et généreux. On raconte qu’il a offert un jour son manteau à un mendiant qui tremblait de froid devant son hôtel.

Les enregistrements que nous allons entendre ont été réalisés entre 1902 et 1913. Ils ont tous fait l’objet d’un traitement numérique très soigné pour les débarrasser de leurs scories et les orchestres d’origine ont été remplacés par un orchestre moderne, le Vienna Radio Symphony Orchestra dirigé par Gottfried Rabl.

Caruso était un bon vivant qui avait beaucoup d’humour : il adorait faire des blagues et des facéties en tout genre et pas seulement à ses amis, mais aussi à ses partenaires…

On raconte que quand il a chanté La Bohème avec Nellie Melba il lui a placé une saucisse brûlante dans les doigts, avec la complicité des coulisses. Il adorait se déguiser, faire le clown, faire des grimaces, faire des imitations. Il adorait aller au cirque et à la fin il ne manquait jamais d’aller saluer les clowns.

Il détestait les mondanités mais par contre il avait énormément d’amis à qui il donnait des surnoms et avec qui il était très généreux. Caruso gérait bien son argent mais adorait le distribuer : après sa mort on découvert qu’il subvenait aux besoins de 120 personnes et que sa famille au sens large lui coûtait à elle seule 80 000 $/an.

On a parlé de sa voix, de sa personnalité mais sa célébrité est aussi liée à la magie nouvelle du disque dont il est l’uns des pionniers: c’est lui qui en a fait décoller l’industrie et en échange le disque le lui a bien rendu puisqu’il a alimenté son mythe.

Caruso a enregistré énormément, environ 260 disques, du bel canto au vérisme, couvrant une période allant de 1902 à 1920. Cet héritage inestimable a contribué à garder la légende vivante.

Même s’il est plus connu comme le grand ténor du Met de New York où il a régné pendant 17 ans, Caruso a triomphé aussi sur les plus grandes scènes d’opéras du monde.

Au Met il chantera 37 rôles sur 57 et participera à 607 représentations sur les 832 organisées par la New York City Opera Company. Grace à ses innombrables tournées aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique Sud et en Europe, il est devenu le premier phénomène mondial du chant et le premier multimillionnaire du monde de l’opéra

C’est aussi la première vedette qui va bénéficier d’une véritable médiatisation à l’américaine.

L’Amérique attirait les plus grands artistes et elle leur donnait en un soir ce qu’ils auraient gagné en un mois ailleurs. Inutile de préciser que les cachets de Caruso ont largement dépassé tous ceux des ses confrères de l’époque, auxquels il faut ajouter les soirées privées chez les riches américains qui lui rapportaient énormément.

Sans oublier les disques qu’il a enregistrés dès son arrivée en 1902 et dont on estime qu’ils lui ont rapporté des sommes considérables.

A sa mort, sa fortune était estimée à 50 millions de francs, l’équivalent de 7,6 millions d’euros.

Caruso est né à Naples le 27 février 1873 de Marcellino et Anna Caruso. Contrairement à la légende il n’a pas connu la misère. Son père était mécanicien dans une grande firme et il subvenait correctement aux besoins de la famille, même s’il avait un petit penchant pour le vin.

D’ailleurs, Caruso lui-même n’hésitait pas à en abuser parfois pour vaincre son trac avant de monter sur scène, ce qui lui avait valu quelques surnoms affectueux « d’ubriacone » ou de « Volpi  » au début de sa carrière. Aux Etats-Unis, il préférera boire une gorgée de whisky.

Son père est hostile à cette vocation de chanteur, mais sa mère qui croit en-lui va l’encourager à poursuivre dans cette voie. Elle mourra malheureusement trop tôt pour le voir célèbre.

Etant convaincu qu’il mourrait de faim, son père, insiste pour qu’il fasse son apprentissage de mécanicien et ce fut à l’usine qu’il découvrit son second talent : le dessin et la caricature.

Il avait un don pour l’auto-ironie et il s’est immortalisé dans de nombreuses auto-caricatures (Don José dans Carmen, Canio, dans I Pagliacci, Manrico dans le Trouvère). D’ailleurs à New York ses dessins paraissaient régulièrement dans le journal préféré des immigrés italiens « La follia ». Il dessinait tout le temps, sur les nappes, les menus au restaurant.

Entre 15 et 18 ans il chante pour quelques lires des chansons populaires napolitaines aux mariages et surtout à la terrasse des cafés. Et c’est justement à cette occasion qu’il va faire une rencontre décisive.

Nous sommes en 1891. Le jeune et riche baryton Eduardo Missiano l’entend et insiste pour qu’il rencontre son professeur de chant, Guglielmo Vergine.

Mais la première audition devant le maître se passe mal, Vergine trouve que sa voix est « trop petite et ressemble au vent qui souffle sous les fenêtres ».

Il va quand même finir par le prendre comme élève. Les trois premières années de sa formation se passent uniquement en exercices et ce n’est qu’au bout de trois ans qu’il commence à travailler le répertoire.

Après des débuts un peu difficiles fin 1884 à cause de son émotivité, il persévère et chante son premier opéra en 1885.

Ce sera L’Amico Francesco de Morelli et puis le premier rôle dans Cavalleria Rusticana, Faust, Rigoletto et La Traviata.

En 1896 et 1897 il continue à développer son répertoire. À cette époque, il ne possède pas encore le contre-ut et sa voix se brise parfois sur les notes hautes. Il avait même dit à Puccini : « ne vous attendez pas à ce que je chante le contre-ut » dans l’air de Rodolphe de La Bohême. Il faudra à Caruso 11 ans de travail pour transformer sa voix de baryton en voix de ténor et atteindre les notes aigues qui ne deviendront stables et brillantes que vers 1901-1902.

En 1897 la vie de Caruso va prendre un tour nouveau. Ce sera, selon ses propres dires, la fin de la première période de sa vie d’artiste.

Il a pris de l’assurance, il est bien payé, et puis cet été là c’est le début de sa plus grande histoire d’amour avec Ada Giachetti-Botti, sa partenaire dans Traviata et Bohême. Mariée et mère d’un enfant, elle finira par quitter son mari pour devenir la concubine de Caruso (le divorce n’existe pas encore) et la mère de ses deux garçons, Rodolfo, né en 1898, et Enrico junior, né 1904.

L’événement décisif de la jeune carrière lyrique de Caruso a lieu le 17 novembre 1898 lorsqu’il crée Fedora, le célèbre opéra de Giordano, dirigé par le compositeur lui-même.

C’est un immense succès. On dira : « Giordano a écrit Fedora et Caruso la Fée d’or (l’a fait d’or)… » Il dira lui-même qu’après cette soirée « les propositions de contrats lui tombèrent dessus comme une puissante tempête ».

C’est en 1898 que Caruso entame la deuxième partie de sa vie d’artiste, il utilise désormais le prénom « Enrico » et chante aux côtés d’artistes confirmés comme le baryton Giuseppe De Luca ou la soprano Luisa Tretrazzini.

En 1900 il fait ses débuts à la Scala où il est dirigé pour la première fois par Arturo Toscanini dans La Bohème, ce dernier se serait d’ailleurs exclamé : « Si ce Napolitain continue à chanter ainsi, le monde entier parlera de lui. »

En 1902 Caruso chante à Covent Garden et enthousiasme l’Angleterre mais surtout, c’est l’année de son premier  enregistrement.

Il crée à la Scala l’opéra Germania d’Alberto Franchetti et Fred Gaisberg, le représentant américain de la compagnie Gramophone de Londres qui est dans la salle tombe sous le charme.

Il est justement à la recherche de chanteurs pour lancer la nouvelle machine. Il contacte Caruso. C’est dans une chambre du Grand Hôtel à Milan que Caruso arrive très décontracté en costume trois pièces et haut de forme ce 11 avril 1902.

Il va enregistrer 10 morceaux en moins de 2 heures et empocher 100 livres, l’équivalent de 10 000 $ d’aujourd’hui. Gaisberg déclara que les enregistrements de Caruso « avaient mis au monde le gramophone ».

En 1903 il a 30 ans et il atteint le sommet de la vague en débutant au Met de New York dans le rôle du duc de Rigoletto. C’est à partir de cette première qu’il va devenir « Le Grand Caruso »

Acclamé par la critique, il va conquérir New York comme il n’a jamais conquis aucune autre ville et le Met va devenir son théâtre.

Au Met, Caruso va créer la plupart des grands rôles de ténors italiens et devenir très riche, mais son succès a un prix.

Il a abordé plus de 65 rôles, depuis les lyriques aux dramatiques. On estime qu’en moyenne, pendant ses 25 ans de carrière, il s’est produit sur une scène d’opéra tous les 5 jours, voire un jour sur trois aux moments les plus remplis de sa carrière, à cela il faut ajouter les enregistrements et les tournées de concerts autour du monde.

Extrêmement nerveux, il va fumer 2 à 3 paquets de cigarettes égyptiennes par jour pendant près de 25 ans, tout en déconseillant d’ailleurs aux apprentis chanteurs d’en faire autant. Mais un événement va particulièrement mettre ses nerfs à rude épreuve.

Le 18 avril 1906 il est à San Francisco pour chanter Carmen et là, en pleine nuit, à 5h16 du matin, il va avoir la peur de sa vie

La terre tremble: Caruso croit que c’est son valet qui essaye de le réveiller mais c’est en fait l’hôtel qui commence à s’écrouler. Il s’habille en quelques secondes, lui qui mettait une heure avec son valet pour le faire, et tous deux réussissent par miracle à s’échapper.

Par contre l’année d’après il n’échappera pas au séisme qui va ravager sa vie sentimentale.

Déjà à l’automne 1907 sa femme Ada refuse de le suivre aux Etats-Unis pour la nouvelle saison du Met. En mai 1908 son père meurt et Ada met un terme brutal à leur liaison en partant vivre avec leur chauffeur Cesare Romati. Il faut dire qu’Ada était une excellente soprano dramatique qui recevait constamment des critiques plus élogieuses que celles de son mari. Lorsque le succès de Caruso dépassa les frontières, en 1901, il lui défendit tout bonnement de continuer à chanter. « Dans cette maison, c’est moi qui chante. »

En laissant ses enfants et la fortune derrière elle, elle se venge de Caruso et tente de refaire sa vie de femme et d’artiste lyrique, trop tôt terminée à son goût.

Il reste à Caruso son art et sa voix. Mais des problèmes de santé qui ne le quitteront plus vont commencer et s’amplifier: bronchites chroniques, laryngites, malaises et surtout des migraines terribles à répétition.

Extrêmement superstitieux il tente d’éloigner les microbes et le « jettatore » par des offrandes et des prières à la Vierge.

Sa loge était remplie de statues de la Vierge, de médailles pieuses et il ne chantait jamais sans son collier porte-bonheur aux nombreux pendentifs, médailles, corne de corail de Naples.

Sa constitution robuste le sauve provisoirement mais ses ennuis personnels affectent son équilibre psychologique et il continue à fumer cigarette sur cigarette malgré ses angines et ses bronchites.

D’ailleurs il craque et retourne en Italie en avril 1909. A Milan il se fait retirer un nodule sur la corde vocale gauche. Il avait déjà apparemment subi une intervention similaire deux ans plus tôt.

Pourtant ce ne sont pas ces problèmes de santé qui l’empêchent de mener sa carrière. Caruso va continuer à beaucoup chanter, surtout en Amérique du Sud en 1917 et 1919 à cause de la guerre en Europe, mais le climat humide ne lui convient pas et il souffre le martyr.

Caruso tournera deux films sous la direction d’Edward Jose My Cousin en 1918, un film qui eut un faible succès, et The Splendid Romance en 1919, un film qui sera arrêté en cours de tournage.

Caruso avouera n’avoir aucun talent d’acteur. Il recevra néanmoins 200 000 dollars à titre d’indemnisation pour ses frais.

Un rayon de soleil va venir éclairer la vie de Caruso sous les traits d’une jeune américaine de 23 ans sa cadette.

Il a 45 ans et à la surprise générale il se marie en 1918 avec Dorothy Park Benjamin qui lui donnera une fille l’année suivante, Gloria.

Il rêve de s’arrêter et de partir vivre en Italie où il se sentait vraiment chez lui. Il en avait assez d’être « nerveux tout le temps ». Pour lui chaque représentation était une bataille à gagner.

A ce moment il ne lui reste plus que 3 ans à vivre et malgré les douleurs qui le poignardent au côté gauche, il continue courageusement à chanter les représentations prévues et à emporter le public jusqu’à la fin de l’année 1920.

Il va s’évanouir, cracher du sang sur scène et vivre un véritable calvaire. Il donne sa dernière représentation au Met le soir de Noël 1920. Il souffre  d’une attaque de pleurésie et d’une infection généralisée qui va le laisser épuisé. Il va subir pas moins de 6 opérations dans les 3 mois qui suivirent.

Sa santé s’améliorant un peu, il décide de retourner à Naples. Le 17 mai 1921 il embarque à New York à bord du luxueux paquebot « Président Wilson » sans probablement se douter qu’il ne reverrait plus l’Amérique.

Il s’installe dans un hôtel de Sorrente où il pensait retrouver force et santé. Mais, mal soigné, un abcès qui n’avait pas été décelé se développe et il meurt de septicémie le 2 août 1921, à seulement 48 ans, mal soigné comme Lanza.

L’Italie décrète un deuil national et Caruso sera inhumé au cimetière Santa Maria del Pianto de Naples où un énorme mausolée sera érigé. L’acteur de théâtre et de cinéma, Toto, sera inhumé à ses côtés en 1967. En 2009, les deux tombes ont été  profanées.

Pour expliquer les secrets de sa voix Caruso disait avec humilité : « Une ample poitrine, une grande bouche, 90 % de mémoire, 10 % d’intelligence, beaucoup de dur labeur et quelque chose dans le coeur. »

De son vivant, et bien longtemps après sa mort, quantité d’anecdotes le concernant ont été relatées dans la presse « people ».

Certaines, relatives par exemple à ses tenues vestimentaires très élégantes, étaient  avérées : Caruso possédait une vaste garde-robe de costumes trois pièces fabriqués dans des tissus de grande qualité, confectionnés par les couturiers les plus réputés.

Il ne sortait jamais sans un chapeau, des cravates en soie agrémentées d’une perle de valeur, sa canne et ses gants de luxe.

Qu’il ait pu garder un œuf dans sa bouche sans que personne n’en devine la présence, c’est probablement vrai, connaissant son talent comique et la grande dimension de sa bouche.

D’autres anecdotes sont plus ou moins exagérées, voire inventées.

S’il est évident que sa capacité pulmonaire était étonnante et probablement exceptionnelle, dire qu’il pouvait, en inspirant, agrandir son torse de 20 cm, laisse perplexe.

Contrairement à ce qu’affirme le docteur Lloyd, pas plus Caruso que tout être humain ne peut pousser, même de quelques pouces, avec son seul souffle, un piano sur un tapis… ni même sur un parquet ciré ou sol savonné. Eole lui-même l’aurait-il pu ?

Affirmer qu’il pouvait tenir une note pendant au moins 40 secondes, aucun de ses nombreux enregistrements témoigne d’un pareil exploit.

Ce qui n’enlève rien à l’immense talent de l’artiste.

Quant à sa mémoire, si elle était excellente pour retenir 57 rôles, ce qui est en soi un exploit, affirmer qu’il connaissait environ 500 airs, du classique à la chanson populaire et contemporaine, musique et paroles, est probablement là aussi exagéré.

Une personnalité aussi flamboyante, qui a inspiré des générations de chanteurs et soulevé d’enthousiasme le public mondial, ne pouvait laisser indifférents les grands studios hollywoodiens qui voulaient depuis longtemps porter à l’écran « La vie de Caruso ».

Mais il leur fallait trouver le ténor idéal qui incarnerait de façon convaincante, tant au plan de la voix que de la présence à l’écran, ce monstre sacré de l’opéra.

En 1947 la chance sourit à la Metro-Goldwyn-Mayer lorsqu’elle découvre  Mario Lanza, un jeune ténor de 26 ans, doué d’une voix splendide, d’un physique solaire et d’un charisme hors du commun.

En 1951, trente ans après la mort de Caruso, le film  « Le Grand Caruso », une biographie romancée de la vie de Caruso, sort dans les salles avec Mario Lanza dans le rôle de Caruso et se révèle un immense succès mondial.

Mario Lanza y chante pas moins de 26 airs dont 15 arias et duos avec un exceptionnel brio. Il a pour partenaires les plus grandes stars du Metropolitan Opera (Blanche Thebom, Dorothy Kirsten, Jarmila Novotna, Nicola Moscona, Giuseppe Vadengo. Les partitions musicales sont dirigées par le Maestro Peter Hermann Adler.

Ce film deviendra un film « culte » et inspirera la carrière de plusieurs générations de chanteurs (hommes et femmes) dont celle des trois ténors.

Le fils cadet de Caruso, Enrico Caruso Junior, dira : « Je ne remercierai jamais assez Mario Lanza pour avoir redonné, avec un spectaculaire éclat, une seconde vie à mon père. »

Très conscient de l’hommage exceptionnel que Mario Lanza a rendu à son père, Enrico Caruso Jr écrira dans sa biographie My Father and My Family, parue en 1990 chez Amadeus Press :

« C’est Mario Lanza qui a fait le succès du film. Avant Mario Lanza et après Mario Lanza, aucun ténor n’aurait pu incarner avec un tel talent vocal et une telle justesse de jeu, la vie de mon père. Mario Lanza est né en même temps qu’une douzaine de très grands ténors. Sa voix naturelle innée est parfaitement placée, avec un timbre splendide, un infaillible instinct musical manifestement absent chez la majorité des autres grands ténors. Sa diction parfaite n’était égalée que par Giuseppe Di Stefano. Sa façon de se donner entièrement dans son chant, son phrasé toujours juste et somptueux, des qualités avec lesquelles peu de chanteurs sont nés et que d’autres n’atteindront jamais. Nous ne devons pas oublier que Mario Lanza excelle aussi dans le double registre de la musique classique et de la musique populaire, un résultat bien au-dessus du talent exceptionnel de mon père. »

Pavarotti dira : « Depuis que Mario Lanza est mort, Caruso n’a plus de successeur, il n’a que des apôtres. »

Alfredo Kraus, à qui nous avons rendu hommage le 17 février, disait à ses élèves : « Si Mario Lanza n’avait pas existé, le monde moderne n’aurait jamais connu l’existence du Grand Caruso. »

Insertions musicales :

 E lucevan le stelle, Tosca, Puccini

M’appari tutt’amor, Martha, Flotow

Di quella pira,  Il Trovatore, Verdi

Un di all’azzuro spazio, Andrea Chenier, Giordano

La Donna è mobile, Rigoletto, Verdi

Amor ti vieta, Fedora, Giordano

O Paradiso, L’Africaine, Mayerbeer

Vesti la giubba, I Pagliacci, Leoncavallo

La Danza, Rossini

La Fleur que tu m’avais jetée, Carmen, Bizet

Mattinata, Leoncavallo

Par Mario Lanza : Vesti la giubba, Leoncavallo

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Mort de Domenico Cocozza

mars 18th, 2016 par Alain Fauquier


Les adhérents et sympathisants de l’Opéra Club Mario Lanza qui ont eu le plaisir de le connaitre, ont appris avec peine la disparition, survenue en Février, de Monsieur Domenico Cocozza.

Originaire, comme le père de Mario Lanza, Antonio Cocozza, de Filignano, petite bourgade des Abruzzes  située au nord-est de Naples dans la région de Molise, Domenico Cocozza était un cousin du ténor.

En septembre 1957, quelques mois après leur arrivée en Italie, Mario Lanza, son épouse et de leurs quatre enfants, s’étaient rendu à Filignano pour rencontrer la famille paternelle de Mario, et c’est à cette occasion que Domenico Cocozza, alors âgé de 18 ans, a eu le plaisir de faire la connaissance de son célèbre cousin américain.

Ce jour là fut un jour de fête pour tout le village, comme nous l’avons déjà raconté sur une autre partie du site dédiée au Concours international de chant Mario Lanza organisé à Filignano depuis une quinzaine d’années.

Comme il avait à peu près la même corpulence que Mario Lanza, Domenico a eu le privilège d’être la doublure de son cousin dans une scène de bagarre du film « Les Sept Collines de Rome » (il était en effet interdit par contrat à Mario Lanza de tourner des scènes de violence, afin de ne pas risquer d’endommager sa gorge et sa précieuse voix).

L’Italie de la fin des années 1950 étant économiquement très pauvre, le jeune Domenico a quitté, comme beaucoup de ses compatriotes, son pays natal, pour venir travailler dans la région parisienne où il s’est installé en 1958.

Domenico Cocozza était le frère de Clémentine Di Tanna-Cocozza, adhérente de notre association, qui réside elle aussi près de Paris. Elle est la mère du talentueux pianiste Elio Di Tanna qui a accompagné en 2014 et 2015 l’acteur André Dusollier dans la pièce à succès « Novecento » d’Alessandro Baricco.

Nous rappelons qu’ Elio Di Tanna participe chaque année au Concours international de chant de Filignano organisé en août en hommage à Mario Lanza.

L’Opéra Club Mario Lanza, adresse à Madame Rita Cocozza, à Madame Clémentine Di Tanna-Cocozza, à Monsieur Elio Di Tanna et à leur famille, sa très vive sympathie dans le deuil douloureux qui les frappe.

Photo ci-dessous: Domenico Cocozza entre Mario Lanza et le Maire de Filignano.

Filignano 8

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Hommage au ténor Alfredo Kraus

janvier 20th, 2016 par Alain Fauquier


Dimanche 14 Février 2016

de 9h30 à 10h30

 

 sur Aligrefm 93.1
& www.aligre-cappuccino.fr

 Michel Goti et ses invités,
la soprano Floria Rosimiro,
Marcel Azencot et Alain Fauquier
de l’Opéra Club Mario Lanza,
rendront hommage au ténor espagnol

 Alfredo KRAUS

Alfredo KRAUS

Véritable aristocrate de l’art lyrique du XXème siècle, Alfredo Kraus a apporté un raffinement et une grâce uniques au répertoire de ténor lyrique. Bien que parfaitement à l’aise dans le répertoire italien romantique léger, c’est le répertoire français qui va faire sa renommée. Aucun autre chanteur de l’après-guerre n’a su apporter autant de charme, d’élégance et de style aux opéras de Gounod, Massenet, Bizet et Offenbach.

Encore une grande voix !

Une voix reconnaissable entre toutes, comme toutes les grandes voix !

Un ténor exceptionnel, d’une grande élégance physique, morale et vestimentaire ! Une élégance artistique, faite de retenue, de discrétion personnelle (cet homme célèbre n’était pas un « people » !

Enfin, c’était une grande voix espagnole, parmi une grande école de voix, les Miguel FLETA, Plácido DOMINGO, Victoria de LOS ANGELES, José CARRERAS, Montserrat CABALLE, Giacomo ARAGALL, Pilar LORENGAR, Teresa BERGANZA, et j’en oublie, qu’ils me le pardonnent, je les aime tous !

Mais j’aime particulièrement les discrets et les réservés !

Comme son nom l’indique, notre héros était à la fois espagnol et d’origine germanique (autrichienne) (Alfredo Kraus Trujillo, nom des deux parents, comme d’usage en Espagne.

Alfredo KRAUS est né le 24 novembre 1927 à Las Palmas de Gran Canarias (capitale des Iles Canaries), où sur la grand Place figure sa statue, et il est mort le 10 septembre 1999 à Madrid.

C’était d’abord un artiste de « bel canto » (Donizetti, Bellini), qui s’était voué au répertoire italien et français. Mais d’abord et depuis l’âge de 4 ans, leçons de piano, puis à partir de 8 ans, il chanta dans des chœurs, à commencer par celui de son école, puis dans d’autres choeurs comme adolescent. Il n’était pas le seul de la famille à chanter puisque son frère Francisco chantait aussi comme baryton et étudia avec lui la musique et l’Opéra.

Après ses études de chant, d’abord à Barcelone, puis à Valence puis à Milan avec Mercedes Llopart, professeur de chant, notamment des grandes cantatrices Renata Scotto, Fiorenza Cossotto et de l’américaine Anna MOFFO, ce fut le temps des concours et il remporta le Concours de chant de Genève.

Puis commença la carrière, d’abord en Espagne par des zarzuelas, ces sortes de comédies musicales espagnoles, où débuta Plácido DOMINGO, dont les parents étaient précisément des artistes de zarzuelas.

Puis ce fut l’Opéra, d’abord à dans des débuts à l’Opéra du Caire, en 1956 dans le rôle du Duc de Mantoue, de Rigoletto, de Verdi, un des grands rôles, où il était physiquement et vocalement tout simplement magnifique.

La carrière était lancée : ainsi, La Traviata avec Renata Scotto, où on loua sa fraicheur, sa voix à la fois puissante et raffinée, rien de brutal , tout en finesse ; puis le même rôle en 1958 avec Maria Callas à Lisbonne, Théâtre Sao Carlos ; ensuite en 1959, début à Londres au Covent Garden, dans le rôle d’Edgardo, de Lucia Di Lammermoor de Donizetti avec la grande Joan Sutherland  ; enfin La Scala de Milan, dans le rôle d’Elvino, dans la Sonambula de Bellini, en 1960, puis le Lyric Opera de Chicago en 1962, dans l’Elixir d’Amour (Elisir d’Amore) de Donizetti dans le rôle de Nemorino.

Ce fut ensuite le Metroplitan Opera, de New York en 1966, dans Rigoletto, qu’il chanterait aussi en 1994, pour son dernier passage à New York, presque trente ans plus tard et 5 ans avant sa mort.

Alfredo KRAUS, on l’a dit, c’était aussi une grande attirance pour l’opéra français : Manon, Werther, de Massenet, Roméo et Juliette, de Gounod, Les Pêcheurs de Perles, de Georges Bizet.

Il chanta aussi plusieurs fois à Paris dans les années 1980 tant à l’Opéra Comique, Salle Favart, qu’à l’Opéra Garnier (Werther, Roméo et Juliette, la Fille du Régiment,  8 contre ut !), Festival d’Orange (Rigoletto).

La France a récompensé le grand artiste en lui décernant en 1981, la Médaille d’or du Mérite, au titre du Ministère de la Culture, puis en Espagne, il reçoit en 1991 le Prix Princesse des Asturies.

Alfredo KRAUS a été un des plus grands ténors lyriques, comme le montre son répertoire (il n’était pas fait, par exemple, pour chanter Otello), et sa technique comme sa sensibilité étaient celles du bel canto ou de Mozart.

Ainsi a-t-il chanté Don Giovanni, au festival de Salzbourg avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne, sous la direction de Herbert Von Karajan ;

Écoutons  un extrait de cette représentation, nous sommes le 26 juillet 1968 : le fameux aria

Il mio tesoro intanto

Sa technique était infaillible et lui permit de durer longtemps dans une profession sans pitié , où la voix doit être entrainée, domestiquée, mais aussi protégée des rôles qui ne sont pas faits pour elle et qui l’usent et finissent par la tuer.

La voix exige aussi une rigueur absolue dans l’hygiène de vie, même quand les dons naturels, comme dans le cas d’Alfredo KRAUS, lui permettait les notes les plus aigues sans efforts apparents : on a parlé, tout à l’heure, des 8 do aigus successifs de la Fille du Régiment, de Donizetti, mais tout ceci était le fruit du travail, et encore du travail, sur le souffle, la ceinture abdominale, le sens de la mélodie, qui porte le chanteur et lui donne comme un tremplin mental pour sa voix.

Dans l’une de ses « master classes » il explique la respiration ventrale, essentielle dans le chant, et il donne l’exemple des bébés, qui peuvent pleurer longtemps sans avoir mal à la gorge ni donc abimer leur voix : c’est parce qu’ils respirent naturellement par le ventre !

Alfredo KRAUS était respecté précisément pour son respect des rôles, du texte, des volontés du compositeur, l’ennemi des effets faciles.

Pour ses qualités, on l’a demandé dans le monde entier, Teatro Colon, de Buenos Aires, Teatro Municipal de Caracas, et le reste de l’Amérique du Sud, Chili, Brésil, l’Espagne bien sûr, et le fameux Liceu de Barcelone.

Sa Ville natale de Las Palmas a nommé son grand auditorium, The Alfredo Kraus Auditorium.

Puis cet homme de fidélité a été frappé par la mort de sa femme en 1997, deux ans avant sa propre mort, et l’homme sensible ne s’en est jamais remis : perte de l’envie de chanter pendant des mois. Si le rossignol est malheureux, il perd la raison d’être du chant, qui est une expression de bonheur : et le rossignol était  dévasté.

Puis l’enseignement l’a ramené au chant.

Il a dit : « Je n’ai plus la volonté de chanter mais je dois le faire, parce que, en un certain sens, c’est un signe que j’ai surmonté la tragédie. Chanter, c’est une façon de dire que je suis vivant ».

 Kraus est mort le 10 septembre 1999, des suites d’une longue maladie, comme on dit. Les dernières photos de certaines pochettes de disques montrent un visage très marqué, qui ne semble plus rien à voir avec celui du jeune et beau garçon des débuts. Restait le port de tête noble et seigneurial, mais Alfredo KRAUS, comme Orphée, n’avait plus son Eurydice.

La mort des rossignols est chose triste.

KRAUS  a survécu 2 ans à sa femme, la femme de Mario LANZA lui a survécu 5 mois !

Chacun, chacune avait perdu son compagnon du Destin, son compagnon… Idéal.

 Extraits musicaux :

Che Gelida Manina, La Bohème, Puccini.

A Te Ô Cara, Les Puritains , Bellini

E il Sol De’ll Anima, Rigoletto, Verdi

Fra poco a me ricovero, Donizetti,

Pourquoi me réveiller, Werther, Massenet

Il mio tesoro intanto, Don Giovanni, Mozart

Je suis seul. Ah ! Fuyez, douce image !, Manon, Massenet

Ombra mai fu, Xerxes, Haendel

Che faro senza Euridice, Orfeo, Gluck

Ideale, Tosti, par Mario LANZA

 

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Bataclan

novembre 30th, 2015 par Alain Fauquier


Paris, le 17 novembre 2015

Poème en hommage aux victimes du Bataclan
par Marcel Azencot

 

Et nous vivions alors de parole et mystères,

Aux bords des matins clairs et des jours de la terre,

Jeunesse et sourires de leurs yeux,

Et moi en silence parmi eux,

Face au sang innocent et aux larmes des cieux. 

 

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Hommage au ténor Tito SCHIPA

novembre 18th, 2015 par Alain Fauquier


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Hommage au ténor

Tito SCHIPA

  Dimanche 29 novembre 2015 à 9h30

sur Aligrefm (93.1) et aligre-cappuccino.fr

 

Michel Goti,
présentateur de l’émission Cappuccino,
et ses invités,

la soprano Floria Rosimiro,
Marcel Azencot et Alain Fauquier,
de l’Opéra Club Mario Lanza

ont rendu hommage au ténor Tito Schipa

qui fut l’un des chanteurs les plus
talentueux de son temps.

 Tito Schipa, né à Lecce le 27 décembre 1888 et décédé à New York le 16 décembre 1965, a réellement une place à part dans le Panthéon des très grands ténors : moyens vocaux non exceptionnels – il n’avait pas le do aigu, sa voix n’était pas puissante, elle n’était pas claire ni claironnante, mais comme fumée (sfumata) comme issue d’une sorte de brouillard.

Et pourtant, il était le Prince des chanteurs, et le grand  Beniamino Gigli, autre héros de l’Italie et son rival et contemporain, allait dire de lui la fameuse phrase : « Nous devons tous nous incliner devant sa grandeur ».

Nous avons même reçu un mail du ténor canadien de réputation mondiale, Manrico Tedeschi, qui a vu notre annonce sur le site Opera Club Mario Lanza. Manrico Tedeschi nous dit : « Tito Schipa était un grand chanteur. Je lui rendrai hommage  le 19 février 2016 avec un concert à Montréal »: hommage des plus jeunes à un illustre ancien !

Après avoir été remarqué dans la chorale où il chantait, Tito Schipa  étudiera avec de grands professeurs de l’époque, et d’abord à Lecce, où il est né, dans les Pouilles, le talon de la botte italienne, pratiquement au confluent de la mer Adriatique et de la mer Ionienne, ville qu’on appelle la Florence du Sud, avec des monuments baroques, un Duomo, etc

Puis il étudiera à Milan, grâce à l’aide de l’archevêque de  sa ville et ses études porteront non seulement sur le chant mais aussi sur sur le piano, et la composition. Il deviendra un musicien accompli et sera aussi compositeur.

Il fait ses débuts en 1909-1910, dans le rôle d‘Alfredo, de la Traviata, à Vercelli, puis dans toute l’Italie et en Argentine, où il ira souvent notamment  au fameux Téatro Colon, un des plus grands opéras du monde.

Au cœur du répertoire de Schipa, des œuvres telles que le Barbier de Séville (Il Barbiere Di Siviglia), de Rossini…

Même si sa voix avait des couleurs « amiables «  et douces, et n’avait pas la puissance dramatique des Caruso, Gigli et Martinelli, Schipa arrivait, par sa technique à projeter le son sans effort apparent, et était entendu des derniers balcons des grandes scènes d’opéra (comme le Teatro Colon, notamment).

A propos de son type de voix, on transmet l’anecdote selon laquelle Caruso était allé l’entendre pour la première fois, lorsque Schipa a commencé à se produire en Amérique. Discrètement installé en fond de salle, Caruso écoute ce jeune puis s’en va sans attendre la fin de la représentation. Sa femme lui demande : « Tu n’as pas aimé ? » Il répond : « Si, si c’est très beau, mais ce n’est pas ce type de voix qui va me menacer » (c’est à dire dans son répertoire et son style).

Et c’est vrai qu’il faut de la délicatesse… A noter que nous avons écouté ici la version française, la plus justement connue, mais que Tito Schipa avait enregistré une version italienne (Ah Non  Mi Ridestar …)

 Le répertoire de Tito Schipa nous parait curieusement assez large, car certes il favorise des œuvres qui conviennent à sa voix de ténor de grâce, mais il chante aussi, suivant son propre style,  des rôles « braves », vocalement plus vaillants »  : c’est ainsi qu’on trouvera Le Barbier de Séville, de Rossini, l’Elixir d’Amour, de Donizzetti, Mignon, d’Ambroise Thomas, Faust, Werther, de Massenet, (une ses grandes signatures), puis Rigoletto, La Bohème, Tosca, Don Pasquale, La Somnambule, Lucia Di Lammermoor, Cavalleria Rusticana, de Mascagni, L’Arlésiana,etc

Tout ceci donnait à son chant, à une époque de « machos » du chant (des voix hardies et vaillantes), une impression de délicatesse un peu hors de la mode, surtout dans les rôles qui exigeaient plus de force : son interprétation était en douceur et en subtilité (après tout, Cavaradossi, le peintre héros de Tosca n’a pas besoin de hurler qu’il est amoureux, dans Recondita Armonia, ni au moment de mourir, de crier qu’il n’a « jamais autant aimé la vie »)

Toujours concernant sa carrière, Tito Schipa est remarqué par l’illustre chef d’orchestre Arturo Toscanini, il débute à La Scala de Milan en 1915, dans Le Prince Igor.

Il se produit aussi à Barcelone, Madrid, Lisbonne, et crée à l’Opéra de Monte-Carlo le rôle de Ruggiero de La Rondine de Puccini, en 1917.

Et puis c’est l’Amérique : ses débuts américains ont lieu au Lyric Opera de Chicago en 1920, où il chantera régulièrement jusqu’en 1932.

Enfin, il arrive au Metropolitan Opera de New York où il chante de 1932 à 1935.

Puis, comme son collègue ténor, le grand Beniamino Gigli, Il passe les années de guerre en Italie, car il est sympathisant du régime de Mussolini, de même qu’un autre grand ténor, (préféré du Duce), Giacomo Lauri-Volpi.

Il fait ses débuts à l’Opéra-Comique à Paris en 1946, et chante aussi à Marseille, Nice et Bordeaux. Il quitte la scène en 1955, mais continue de se produire en concert jusqu’en 1963.

Il décède à New York en 1965.

Disons  d’abord que Tito Schipa  gagna en Amérique des sommes énormes, qu’il dépensait aussi vite, qu’il faisait la une des journaux pour ses relations amoureuses multiples et son style de vie luxueux et dispendieux.

Mais il avait tant de charme, n’est ce pas, qu’on n’arrivait pas à lui en vouloir ?

Bien sûr, il a connu les plus grands chanteurs et chanteuses de son temps et, dans la période des années 1920/1930, avant la Seconde Guerre Mondiale, il chantait beaucoup avec la grande Amelita Galli Curci (1882-1963), la plus belle voix de soprano léger de sa génération, une élégante aristocrate italienne d’origine espagnole, qui disait avoir appris à chanter en écoutant les oiseaux….Elle s’était retirée de la scène en 1930 après des problèmes vocaux dus à un début de goitre.

Tito Schipa a enfin connu et admiré Mario Lanza, pour lui un tout jeune, à qui il recommandait d’économiser et de protéger sa voix, qu’il qualifiait de « don de Dieu ». Après la mort de Mario Lanza en octobre 1959, il restera un des visiteurs réguliers des parents Lanza, chez qui il était régulièrement reçu à dîner à l’italienne, comme d’autres voisins de Hollywood).

En 1958, il arrêta l’Opéra, donna des cours de chant à Budapest, notamment, puis revint à New York pour enseigner (avec des élèves de la classe de Cesare Valetti, un autre ténor au chant délicat et subtil) ;

Un exemple de délicatesse ?

Schipa était aussi un maître de la mélodie, de la « canzon », de la chanson napolitaine et même de la berceuse, ce qui convenait et à sa voix et à sa diction parfaite. Son texte s’entendait et se comprenait, ce qui compensait le manque relatif de puissance.

Il projetait sa voix avec une technique infaillible, et il était ainsi audible depuis les fauteuils les plus éloignés, comme le disent des témoins, fimés sur DVD, qui chantaient avec lui sur plusieurs scènes et notamment au Téatro Colon, de Buenos Aires.

Et surtout sa voix était reconnaissable parmi toutes, ce qui est le signe des grandes voix, avec une douceur infinie.

Et selon Luciano Pavarotti, « Il avait quelque chose de plus important, vingt fois plus important que les notes élevées : une grande ligne », c’est à dire une ligne de chant.

Tito Schipa était l’élégance du chant, l’élégance de l’homme, l’élégance de l’élocution, la subtilité vocale faite homme, l’intelligence qui apportait la gravité dans ces grandes mélodies d’Italie et d’Espagne aussi.

Il enregistrera beaucoup de ces mélodies, qu’on ne peut toutes écouter, bien sûr, et on a du mal à choisir entre « Mal d’Amore », « Ideale », « Dicitencello Vuie ».

L’artiste sut sauver sa voix et durer pratiquement 50 à 55 ans dans la carrière depuis son début à Vercelli en 1910 dans le rôle d’Alfredo Germont, de la Traviata, jusqu’à sa mort en 1965.

Venons en donc aux airs italiens. Et pourquoi pas « Dicitencello vuie »?

On pourrait même écouter deux versions : Tito Schipa et Mario Lanza, deux styles, deux voix, deux époques, l’ancien, Schipa, et le moderne, Lanza, qui enregistrait près de 30 ans après lui !

Retour à l’Opéra, pour terminer, avec André Chénier, de Umberto Giordano, et le très beau livret de Luigi Illica.

Un des grands airs de ténor : « Come un Bel Di Di Maggio », enregistrement de 1938. Le poète André Chénier  a été condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, il va mourir et demande encore à la Muse de l’inspirer une dernière fois : « Ancor dona al tuo poeta la sfolgorante idea », Donne encore une fois à ton poète l’idée fulgurante » et il termine en disant « et moi je donnerai comme rime il gelido spiro d’un uom che muore » !, « le souffle froid d’un homme qui meurt » !

Insertions musicales :

Ombra Maï Fu, Xerxes (le grand empereur perse, en italien Serse), Haendel

Ecco Ridente in Cielo, Il Barbieri di Siviglia, Rossini

Pourquoi me réveiller, Werther, Jules Massenet,

E Il Sol De’ll Anima, Rigoletto, Verdi

Quando Le Sere il placido, Luisa Miller, Verdi

M’appari, Martha, Friedrich Von Flotow

A Vucchella,Tosti

Dicitencello Vuie, Fusco-Falvo, par SCHIPA et par LANZA

Come un Bel di di Maggio, André Chénier, Giordano

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Journée « LANZA » 2015 en Belgique

août 27th, 2015 par Alain Fauquier


Samedi 10 octobre 2015

 

« Journée LANZA »
à Bornem (Belgique)

 Organisée à l’Hôtel « De Notelaer » de Bornem par l’Association Belge des Amis de Mario Lanza, la « Journée LANZA 2015 » s’annonce particulièrement attrayante avec notamment la projection sur grand écran de deux montages audiovisuels réalisés par notre ami Léo D’Hulst.

Les participants qui le souhaitent auront la faculté de prendre le midi une collation au restaurant de l’hôtel. Un parking est situé à la gare de Bornem face à l’hôtel de l’autre côté de la voie ferrée.

L’entrée à la salle est libre !

Programme

Vers 12h45, diffusion d’extraits des nouvelles compilations
de Mario Lanza qui viennent de sortir

Accueil des participants par le président.

Présentation sur grand écran du montage audiovisuel
intitulé « Mario Lanza & Friends » réalisé par
Léo D’Hulst, vice-président (durée 1h30).

Entracte.

Vente des billets de tombola et participation au quiz

Remise des lots

Projection de la seconde partie du montage audiovisuel
(durée 1h45).

Résultat du quiz.

Rapport de la trésorière.

Bilan de la « Journée Lanza ».

Les participants qui le souhaitent pourront diner le soir
en compagnie des membres du Comité Organisateur
.

Concernant le montage audiovisuel,
plus de quarante séquences seront présentées où nous
pourrons  voir et entendre, entres autres :

Giselle MacKenzie, Debbie Reynolds, Rosemary Clooney,
Gene Kelly, Donald O’Connor, Jose Ferrer,
Beniamino Gigli, Mireille Mathieu, Glenn Miller,
The Righteous Brothers, Léo Marjane, Dean Martin,
Edith Piaf, Joseph Calleja, Luciano Pavarotti,
Ivan Rebroff, Frank Sinatra, Elvis Presley,
André Rieu, Placido Domingo, Whitney Houston,
Marilyn Horne, Montserrat Caballe, Elina Garanca,
Anna Netrebko, Alain Vanzo, Roberto Alagna,
Liza Minelli, Hayley Westenra, Jerry Hadley,
Richard Leech, Jerry Lewis, Edmund Purdom,
Ann Blyth, Ennio Morricone
et naturellement MARIO LANZA.

Un hommage sera rendu à Tony Poncet et nous verrons
des extraits d’un reportage sur les ténors mythiques.

Luciano Pavarotti, Antonio Pappano et Jose Carreras
nous parleront de Mario Lanza.

Nous verrons également des jeunes talents interpréter l’opéra.

Enfin une rubrique sera consacrée aux imitations et mimes.

Une journée attrayante et amicale
à laquelle nous sommes attendus nombreux
.

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MARIO LANZA: Nouvelles compilations

juin 19th, 2015 par Alain Fauquier


Greatest Operatic Recordings Volume 2

Greatest Operatic Recordings (Volume 2)

ALBUM D’AIRS D’OPERA

01 Lamento di Federico (L’Arlesiana – Cilea) – 13 juillet 1955

02 Già il sole dal Gange – 16 janvier 1958 – Royal Albert Hall

03 Lanza warming up his voice -  septembre 1958 – Rome

04 Questa o quella (Rigoletto – Verdi) – 15 mai 1950

05 Parmi veder le lagrime (Rigoletto – Verdi) – 29 mai 1950

06 Una furtiva lagrima (L’elisir d’amore – Donizetti) – 15 mai1950

07 Parigi, o cara (La Traviata – Verdi) avec Frances Yeend, soprano
Hollywood Bowl – 28 août 1947

08 O soave fanciulla (La Bohème – Puccini) – Hollywood Bowl – 28 août 1947

09 Testa adorata (La Bohème – Leoncavallo) – 09 mai 1952 – radio broadcast acetate

10 Song of India (Sadko – Rimsky-Korsakov) – 17 juin 1953

11 Bada, Santuzza, schiavo non sono (Cavalleria Rusticana – Mascagni)
avec Marina Koshetz, soprano – 17 octobre 1950

12. Sconto col sangue mio (Il Trovatore – Verdi)
avec Lucine Amara, soprano – 19 août 1950

13 Qual occhio al mondo (Tosca – Puccini) – 13 juillet 1955

14. E lucevan le stelle (Tosca – Puccini)
Hollywood Bowl – 28 août 1947

15. Un di all’azzurro spazio (Andrea Chenier – Giordano)
Hollywood Bowl – 28 août 1947

16. Un tal gioco (Andrea Chenier – Giordano) – 09 mai1952
radio broadcast acetate

17. Vesti la giubba (Pagliacci – Leoncavallo) – 17 juillet 1950
RAI broadcast, La Mia Vita per il Canto

18. O tu che in seno angeli (La Forza del Destino – Verdi) – 06 juin 1 950

19. Celeste Aïda (Aïda – Verdi) – 05 mai 1949

20. Gloria all’Egitto (Aïda – Verdi) – Giacomo Guelfi, bass-baritone
& unidentified soloists – septembre 1958

21. Unknown Aria – 22 mai 1944 – Private recording

22. Questa bocca tua profumata e pura (Madame Sans-Gêne – Giordano)
1952 – Home rehearsel

23.E lucevan le stelle (Tosca – Puccini) – 18/11/1957
London Palladium – Royal Variety performance

24. La Fleur que tu m’avais jetée (Carmen – Bizet) – 08/04/1950

25. Cielo e mar (La Gioconda – Ponchielli) – 21 mars 1952
original radio broadcast acetate

 

 My Italian Soul

My Italian Soul

CHANSONS NAPOLITAINES ET ITALIENNES

01. Mamma Mia, Che Vo Sapé? (Nutile – Russo) – 05 mai1949

02. Rimpianto – Toselli’s Serenade – (Toselli – Silvestri) – 06 juin 1950

03. ‘a Vucchella (Toselli – D’Annunzio) – 23 février 1951

04. Torna a Surriento (E. De Curtis – G. De Curtis) – 30 juin 1955

05. La Danza (Rossini – Pepoli) – Introduced by Mario Lanza – 28 juin 1955

06. O Sole Mio (Di Capua – Capurro) – Septembre 1958

07. Tu Can Nun Chiagne ! (De Curtis – Bovio) – Décembre 1958

08. Santa Lucia Luntana (Mario) ) – Décembre 1958

09. Fenesta Che Lucive (G. Cottrau – Paolella) ) – Décembre 1958

10. Dicitencello Vuie (Falvo – Fusco) ) – Décembre 1958

11. ‘O Surdato ‘Nnammurato (Cannio – Califano) ) – Décembre 1958

12. Voce ‘e Notte (De Curtis – Nicolardi) – with RCA Italiana chorus) – Décembre 1958

13. Canta Pe’Me ! (De Curtis – Bovio) ) – Décembre 1958

14. Comme Facette Mammeta ? (Gambardella – Capaldo) ) – Décembre 1958

15. ‘Na Sera ‘e Maggio (Cioffi – Pisano) ) – Décembre 1958

16. Passione (Tagliaferri – Valente – Bovio) ) – Décembre 1958

17. Senza Nisciuno (De Curtis – Barbieri) – Juin 1958

18. Vaghissima Sembianza (S. Donaudy – A. Donaudy) ) – Juin 1958

19. Serenata (Bracco – Caruso) ) – Juin 1958

20. Pour un Baiser (Tosto-Doncieux) – en Français – Juin 1958

21. Luna d’Estate (Tosti) ) – Juin 1958

22. L’Alba Separa dalla Luce l’Ombra (Tosti – D’Annunzio) ) – Juin 1958

23. Ideale (Tosti – Errico) ) – Juin 1958

BONUS

24. Agnus Dei (Bizet), Sung in Latin – Live recording – 24 juillet 1948

25. Mattinata (Leoncavallo)
Jamais sorti en disque (découvert récemment) – 25 juin 1945

Réalisées par Sepia Records,
ces deux compilations:

Greatest Operatic Recordings (Volume 2)
&
My Italian Soul

seront disponibles vers mi-juillet sur le site de Sepia Records
puis sur Amazon
et via d’autres réseaux en août 2015
http://www.amazon.co.uk/Greate…

 

 

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Hommage à la diva Rosa PONSELLE

juin 8th, 2015 par Alain Fauquier


Dimanche 14 juin 2015 à 9h30

sur Aligrefm (93.1) ou aligre-cappuccino.fr

 

Michel Goti,
présentateur de l’émission Cappuccino,

et ses invités,

La soprano Floria Rosimiro,
Marcel Azencot et Alain Fauquier,
de l’Opéra Club Mario Lanza,
ont rendu hommage à la diva

ROSA PONSELLE

On dit de la diva Rosa Ponselle, à qui nous rendons hommage aujourd’hui, qu’elle fut la soprano la plus douée de l’histoire de l’opéra ; que sa voix, d’une exceptionnelle richesse, en fit l’une des plus grandes cantatrices de tous les temps et qu’elle fut le modèle dont s’inspira Maria Callas.

Pour Enrico Caruso, Tullio Serafin et Maria Callas, elle fut même la plus grande de toutes.

Lorsque Rosa Ponselle fit sa première apparition sur la scène du Metropolitan Opera à 21 ans, dans le rôle de Léonora de La Force du destin de Verdi, aux côtés de Caruso, elle fit une telle sensation qu’elle laissa le public en larmes et les critiques à court de superlatifs.

Elle fut d’emblée reconnue comme la soprano absolue : une voix d’or pur, au timbre sombre et chaud, à la ligne de chant irréprochable et à l’agilité époustouflante. L’homogénéité du timbre, son mordant, la souplesse du vibrato et la beauté du phrasé sont tels que, si elle l’avait voulu, Rosa Ponselle aurait pu chanter tout le répertoire.

Après avoir entendu Rosa Ponselle au Met dans La Traviata, la cantatrice allemande Lotte Lehmann se tourna vers Géraldine Farrar, cantatrice et actrice américaine, et lui demanda : « Comment fait-elle pour avoir une voix comme celle-là ? » Ce à quoi Farrar répondit : « Je ne connais qu’un seul moyen : passer un contrat avec Dieu et travailler, travailler, travailler ! »

En réalité Dieu fut un facteur plus déterminant dans l’histoire de la soprano la plus douée de l’histoire, que la sueur et les larmes.

Cette Caruso en jupons, comme on disait, est partie de rien. Issue d’une famille d’immigrés italiens originaires de Caiazzo, dans la région de Naples. Rosa Ponselle naît sous le nom de Rosa, Maria PONZILLO, le 22 janvier 1897 à Meriden, dans le Connecticut. Son père est boulanger et à la maison on n’apprécie pas particulièrement la musique.

Dès l’enfance, elle avait une grande voix, et d’ailleurs, dans le chœur de sa paroisse, on lui disait toujours de chanter moins fort. Sa tessiture était de trois octaves selon son propre témoignage. Son visage présentait déjà les traits de l’archétype du chanteur, avec des rondeurs et des résonateurs naturellement structurés.

C’est pourtant sa sœur aînée, Carmela, âgée de 18 ans qui va l’entraîner sur la voie du chant. C’est elle, en effet, qui a l’idée d’exploiter sa voix de mezzo dans des théâtres et cafés-concerts de petites villes.

Rosa va la suivre docilement et chanter avec elle, notamment au « Café Malone » de New Haven, où elles chantent des airs d’opéra et des chansons napolitaines en s’accompagnant au piano.

Elles vont finir par chanter à Broadway et même par partir en tournée avec les Marx Brothers, qui en sont à leur début et acquièrent une solide réputation.

Les sœurs Ponzillo suivent les cours de Romano Romani, un protégé de Giacomo Puccini et de Pietro Mascagni, avant d’être coachées par William Thorner qui est aussi le coach de nombreuses célébrités, dont le baryton Victor Maurel.Cinq mois plus tard, Rosa Ponzillo prend le nom de Rosa Ponselle.

Au début de l’année 1918, Victor Maurel, subjugué par la voix de Rosa Ponselle, la présente à Enrico Caruso. Impressionné lui aussi, Caruso la présente à Gatti-Casazza, le directeur du Metropolitan Opera. Gatti-Casazza l’écoute lui aussi et l’engage à l’essai pour une saison, dans le rôle de Léonore, pour la première de La force du  destin de Verdi.

Gatti-Casazza lui dit : « C’est la première fois que j’engage une artiste américaine sans qu’elle ait fait au préalable ses preuves en Europe. Si vous réussissez, vous ouvrirez les portes à d’autres chanteurs américains. » Imaginez un peu la pression !

Rosa Ponselle débute le 15 novembre 1918 aux côtés de Caruso avec un trac fou qui ne la quittera jamais. Ce jour là, sa mère, sa sœur et son professeur doivent même unir leur efforts pour la traîner jusqu’au théâtre ! Malgré son immense succès, ou peut-être à cause, de son immense succès, le trac l’envahira avant chaque représentation.

Certains la verront tourner parfois pendant plus d’une heure autour du Met avant de se décider à prendre l’entrée des artistes.

Après cette Force du destin triomphale, Rosa Ponselle travaille notamment les œuvres de Verdi, son auteur préféré. Elle chante Ernani, Luisa Miller, Don Carlos, Aida, Il trovatore, La traviata, qui lui valent des acclamations au Met et au Covent Garden à Londres en 1930.

Le répertoire de Rosa Ponselle s’enrichit avec Cavalleria rusticana de Mascagni, Andrea Chénier de Giordano La Gioconda de Ponchielli et La Vestale de Spontini représenté au Mai Musical Florentin en 1933.

Si Ponselle n’a jamais chanté Puccini ou Wagner c’est, dit-on, par égard pour ses collègues sopranos, qui ne sont pas pour elle des rivales, mais des amies qu’elle respecte.

La réalité est peut-être moins chevaleresque, car il semblerait plutôt qu’elle ait eu peur des aigus. Elle avait, en effet, souvent demandé à ce que les rôles soient transposés dans une tonalité plus basse. Demande peut-être simplement due au trac et à la peur de l’échec devant le public.

Rosa Ponselle triompha durant dix-neuf saisons au Met, où elle mit son art vocal au service d’un répertoire de 23 rôles, pas plus.

Elle est surtout célèbre pour son interprétation de Norma, mais se distingua également dans Ernani, Don Carlos, La Gioconda, André Chénier, Guillaume Tell, Cavalleria Rusticana, La Traviata et Don Juan.

Le seul rôle dans lequel elle ne fut, que presque parfaite, est Carmen de Bizet, produit en 1935.

Bien que les critiques reconnaissent sa voix idéale, nombre d’entre eux estiment qu’elle n’a pas le tempérament qui convient au personnage complexe de Bizet. Le public en revanche est totalement sous le charme.

Après le départ du Met de Gatti-Casazza, en mai 1935, Rosa Ponselle essuie un refus de la nouvelle direction du Met pour monter Adrienne Lecouvreur de Cilea.

Furieuse, elle démissionne du Met et fait ses adieux au public en pleine gloire et en pleine possession de ses moyens, le 17 avril 1937, alors qu’elle chante Carmen à Cleveland. Elle a seulement 40 ans.

Cette même année, elle met un terme à sa vie sentimentale tumultueuse en épousant le fils du maire de Baltimore, et se retire dans sa résidence, la « Villa Pace », qui est devenue, depuis, le « Musée Rosa Ponselle ». Elle donnera des concerts pendant encore quatre ans.

Après son divorce en 1950, Rosa Ponselle prend la direction du Civic Opera de Baltimore en 1951 et enseigne le chant chez elle, à la Villa Pace jusqu’en 1974. Parmi ses plus célèbres élèves figurent: Sherrill Milnes, Plàcido Domingo, Beverly Sills, Samuel Ramey, Leontyne Price, Louis Quilico….

Rosa Ponselle est décédée à 84 ans le 25 mai 1981 à Baltimore. Sa sœur Carmela, mezzo-soprano, ne chanta qu’une seule fois avec elle dans La Gioconda de Ponchielli. Elle est morte le 13 juin 1977 à New York.

En 1984, fut créée à Baltimore dans le Maryland la « Fondation Rosa Ponselle » destinée à encourager et aider les jeunes chanteurs.

Insertions musicales :

Ernani ! involami : Ernani, Verdi

Ritorna Vincitor : Aïda, Verdi

Surta e la notte : Ernani, Verdi

Casta Diva : Norma, Bellini,

O Nume tutelar : La Vestale, Spontini

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The Very Best Of Mario Lanza

mai 25th, 2015 par Alain Fauquier


The Very Best Of Mario Lanza [Double CD]

Un nouveau double album
« The Very Best of Mario Lanza »

vient de sortir chez MCPS Europe.

 Vous pouvez le commander chez Amazon UK à l’adresse suivante :

  http://www.amazon.co.uk/gp/product/B00WL59DLE?psc=1&redirect=true&ref_=oh_aui_detailpage_o00_s00

 S’ils ne sont pas nouveaux, les enregistrements contenus dans ce double CD,
qu’ils soient en mono ou en stéréo, sont tous d’excellentes qualités.

Disc: 1
1. With A Song In My Heart (From ‘Spring Is Here’)
2. O Sole Mio (From ‘For The First Time’)
3. Be My Love (From ‘The Toast Of New Orleans’)
4. Beloved (From ‘The Student Prince’)
5. One Alone
6. Because
7. Valencia
8. And This Is My Beloved (From ‘Kismet’)
9. The Song Angels Sing
10. Vesti La Giubba (From ‘For The First Time’)
See all 20 tracks on this disc
Disc: 2
1. Because You’re Mine (From ‘Because You’re Mine’)
2. The Loveliest Night Of The Year (From ‘The Great Caruso’)
3. Funiculì, Funiculà
4. The Song Is You
5. Only A Rose
6. Mattinata (From ‘The Great Caruso’)
7. If You Were Mine
8. Drink, Drink, Drink (From ‘The Student Prince’)
9. Come Dance With Me
10. All The Things You Are (From ‘Very Warm For May’)
See all 20 tracks on this disc

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Concerts de Musique sacrée

mai 22nd, 2015 par Alain Fauquier