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Emission Cappuccino Madame Butterfly

novembre 10th, 2021 par Alain Fauquier


 

Depuis plus d’un siècle l’engouement du public mondial pour « Madame Butterfly » n’a jamais cessé de se développer toujours plus largement et toujours plus intensément.

Avant la pandémie de la covid, La Scala avait ouvert sa saison lyrique 2018-2019 avec « Madame Butterfly » alors que traditionnellement elle l’ouvre avec « Aïda ».

En Janvier 2019, « Madame Butterfly » a figuré une dizaine de fois à l’affiche du Gran Teatro del Liceu de Barcelone et du Teatro Regio de Turin.

Butterfly était à l’affiche de la saison lyrique 2019-2020 de l’Opéra National de Paris Bastille, du Metropolitan Opera de New-York, du Lincoln Center de New-York, du Royal Opera House de Londres, du London Coliseum et de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège…, pour ne citer que quelques scènes prestigieuses.

En France et dans de très nombreux pays, les théâtres municipaux et régionaux mettent régulièrement à l’affiche « Madame Butterfly ».

En 2016 et 2020, des productions cinématographiques de « Madame Butterfly » ont été retransmise en direct du Metropolitan opera  de New-York, vers des salles de cinéma de plusieurs pays dont la France.

L’extraordinaire engouement pour cet opéra repose à la fois sur son thème exotique intensément dramatique, et sur une musique bouleversante et grandiose.

En s’octroyant le concours de deux librettistes de talent, Giuseppe Giacosa et Luigi IIlica, Puccini a fait de « Madame Butterfly », un chef d’œuvre.

« Mon opéra préféré, le plus sincère et le plus expressif », comme il se plaisait à le répéter.

Puccini était tellement fier de sa création qu’il la dédia à la reine d’Italie, la reine Elena de Monténégro, épouse du roi d’Italie Victor-Emmanuel III.

Célèbre dans le monde entier pour être l’auteur de « La Bohème » et de « Tosca », Puccini a 43 ans en 1901 lorsqu’il commence à composer « Madame Butterfly ».

Certains disent qu’il se serait emparé d’un sujet déjà traité par André Messager dans « Madame Chrysanthème », un opéra lui-même inspiré du roman autobiographique de Pierre Loti.

D’autres affirment qu’il se serait inspiré, lors d’un voyage à New-York, de la pièce de théâtre du dramaturge américain David Belasco intitulée « Madame Butterfly, une tragédie du Japon » ; elle-même inspirée d’un roman de John Luther Long datant de 1898. 

Au fur et à mesure de l’écriture du livret, Puccini enquête sur les us et coutumes du Japon et s’imprègne de la musique et du rythme japonais. Il va même jusqu’à rencontrer la femme de l’ambassadeur du Japon en Italie.

Son éditeur Giulio Ricordi lui fournit une photo de la rade de Nagasaki et Luigi Illica lui procure un kimono polychrome.

En 1902, Puccini déclare : « Je suis embarqué au Japon et je ferai de mon mieux pour le restituer ». Ce qu’il fit admirablement.

Le prélude de « Madame Butterfly » que nous entendons est inspiré d’un thème japonais qui réapparait pendant tout le premier acte. Il est utilisé comme fond, mais aussi comme transition, donnant aux scènes leur couleur exotique. Le prélude et le premier acte s’enchainent sans interruption.

La première représentation de « Madame Butterfly » à la Scala de Milan le 17 février 1904, fut un échec retentissant, avec huées et sifflets.

Un échec comparable aux fiascos dont nous avons déjà parlé lors de nos émissions précédentes, de « La Traviata » de Verdi en 1853, du « Faust » de Gounod en 1859  et de « Carmen » de Bizet en 1875. Des œuvres qui figurent pourtant aujourd’hui parmi les plus populaires et les plus jouées au monde.

La réaction hostile du public, lors de la première de « Madame Butterfly », fut pour Puccini, le plus grand choc de sa carrière.

Immédiatement révisé, le premier acte scindé en deux parties, l’opéra connait un grand succès à Brescia en mai 1904, sous la direction de Toscanini.

Un an plus tard, le 10 juillet 1905, l’œuvre est jouée à Londres, à Covent Garden, sous la direction d’André Messager, avec Emmy Destinn, Antonio Scotti et Caruso.

Jugé trop sentimental, « Madame Butterly » est très vivement critiqué, et même combattu dans de nombreux pays par des musiciens soi-disant raffinés.

En France, bon nombre de compositeurs menèrent campagne contre sa programmation dans les théâtres lyriques, et surtout à l’Opéra-comique.

Mais, débordante de mélodies, et marquée du sceau d’un génie musical exceptionnel, « Butterfly » ne cessa de se répandre et d’irradier sur toutes les scènes du monde, et dans toutes les langues.

A Paris, c’est à l’Opéra-comique, dans une mise en scène d’Albert Carré, que « Madame Butterfly » fit sa première et fracassante apparition, le 26 décembre 1906.

Aux Etats-Unis, « Madame Butterly » est représentée, pour la première fois en anglais à Washington, puis au Metropolitan Opera le 11 février 1907 avec Geraldine Farrar, Louise Homer, Antonio Scotti et Caruso.

En 1925 l’œuvre est reprise à la Scala sous la direction de Toscanini, et en 1938 sous la direction de Victor de Sabata.

Depuis, « Butterfly » connait un succès est phénoménal.

 « Madame Butterfly » est une tragédie, une tragédie japonaise, un drame de l’amour et de l’espérance qui raconte l’histoire d’un jeune lieutenant de la Marine américaine, Benjamin Pinkerton, qui noue à la légère, lors d’une escale à Nagasaki, un contrat de mariage avec une jeune geisha du nom de Cio-Cio-San, « papillon » en japonais.

Lui, n’attache pas une grande importance à cette union d’un soir, sachant que pour la loi américaine ce mariage est sans valeur. Les « mariages de papier » entre de très jeunes geishas et des occidentaux, étaient relativement fréquents, à cette époque.

Butterfly, en revanche, a renoncé pour lui à sa foi bouddhiste et s’est convertie au christianisme. Ce qui l’a conduit à être maudite et déshéritée par sa famille.

Reparti aux Etats-Unis, Pinkerton ne reviendra que trois ans plus tard, accompagné de son épouse américaine Kate, dans le seul but de reprendre son enfant.

Préférant mourir que de vivre dans le déshonneur, Butterly, anéantie et désespérée, se suicide.

Nous sommes au début du XXème siècle sur la colline de Nagasaki.

Dans la mise en scène traditionnelle créée par Albert Carré en 1906, le rideau s’ouvre sur une maison japonaise avec une terrasse et un jardin. Au loin, tout en bas, la rade, le port et la ville de Nagasaki.

Nous assistons aux noces de Pinkerton et de Butterfly qui se déroulent dans le plus parfait rite nippon.

Du premier acte, nous avons choisi de vous faire écouter deux duos.

D’abord « Dovunque al mondo, lo Yankee vagabondo » (Partout dans le monde, le Yankee vagabonde), chanté par Pinkerton et son ami, le Consul des Etats Unis Sharpless.

Un duo dans lequel on entend pour la première fois un motif inspiré de La Bannière étoilée (America For Ever).

Ce duo, dans lequel Sharpless dit à Pinkerton que l’amour de Butterfly pourrait bien être sincère, est interprété ici par le ténor Nicolai Gedda et le baryton Mario Barriello.

L’orchestre et les chœurs de la Scala sont placés sous la direction d’Herbert Von Karajan. Un enregistrement réalisé en 1955.

Le soir tombe sur la rade, avec une douceur et un mystère propices aux confidences des deux époux. Dans un long et vibrant duo d’amour qui termine le premier acte, Cio-Cio-San clame sa passion, sa soumission et entend tout sacrifier à son amour.

L’éminent musicologue, spécialiste de l’opéra, que fut Jean Chantavoine, prétendait que pour apprécier pleinement le charme de ce duo d’amour, il fallait l’avoir entendu une fois le soir sous les étoiles.

C’est ce que nous allons pouvoir faire, grâce à un enregistrement historique réalisé sous les étoiles, le soir du 27 août 1947, sur la scène du Hollywood Bowl de Los Angeles.

“Vogliatemi bene, un bene piccolino” (Aimez-moi, aimez-moi un peu) est interprété par la soprano canadienne Frances Yeend (34 ans) et Mario Lanza (26 ans) dont on célèbre cette année le centième anniversaire de la naissance. L’orchestre du Hollywood Bowl est dirigé par l’illustre maestro de Philadelphie, Eugene Ormandy.

Ce duo sera salué par une standing ovation de 12 mn et ce concert au Hollywood Bowl vaudra à Mario Lanza d’être engagé trois jours plus tard par la MGM pour chanter l’opéra au cinéma pour des millions de spectateurs.

Lanza chantera deux fois le rôle de Pinkerton à l’opéra de la Nouvelle Orléans sous la direction de Walter Herbert avant d’être accaparé par le cinéma.

Le deuxième acte se déroule à l’intérieur de la maison de Butterfly.

Trois longues années ont passé depuis que Pinkerton a quitté Cio Cio San, promettant de revenir au Printemps «quand les rouges-gorges feraient leur nid ».

Derrière les vitres de sa demeure, la jeune épouse attend le retour de celui qu’elle n’a pas cessé d’aimer.  

On écoute cette aria qui est l’une des plus prestigieuses du répertoire lyrique : « Un bel di vedremo » (un jour nous verrons…), interprété par Renata Tebaldi.

Le troisième acte, dont nous retiendrons deux airs, est intensément poignant et dramatique.

Le canon du port annonce le retour du navire tant attendu. Cio-Cio-San, constate avec sa longue-vue que c’est bien le Abraham Lincoln, le navire blanc de Pinkerton, qui rentre au port.

Aidée par sa servante Suzuki, elle répand des fleurs à foison. Pour que la fête soit complète, elle se pare, ainsi que son fils, pour recevoir le bien-aimé.

Mais, Pinkerton ne survient que le lendemain. Qui plus est, il est accompagné de Kate, son épouse américaine, et il revient pour chercher son enfant.

Réalisant que Cio-Cio-San lui a été fidèle, Pinkerton, prend conscience de sa cruauté. Incapable de faire face à la situation, Pinkerton fait des adieux déchirants à la maison qu’il a bien connue et part en hâte, laissant à Sharpless, le soin de tout arranger au mieux.

On écoute ces célèbres adieux de Pinkerton : « Addio fiorito asil » (Adieu paradis fleuri) par Giuseppe Di Stefano. L’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Rome sont dirigés par Gianandrea Gavazzini. Un enregistrement réalisé en 1953.   

La scène où Butterfly apprend la vérité est d’un pathétique indescriptible. Elle garde son calme, supporte l’affreuse nouvelle avec sa douceur coutumière.

Elle va jusqu’à souhaiter tout le bonheur possible à Kate, la véritable épouse de Pinkerton et fait dire à celui-ci qu’il pourra venir prendre son fils dans quelques instants.

Dans une scène éminemment tragique, Butterfly chante « Con onor muore » (Celui qui ne peut survivre au déshonneur, meurt avec honneur), puis se suicide avec le poignard de son père, dont la lame porte l’inscription : « Mourir dans l’honneur, plutôt que vivre dans le déshonneur ».

Elle se traine sur le sol jusqu’au petit garçon, et expire juste au moment où Pinkerton vient chercher son fils.

L’opéra se termine par la voix de Pinkerton qui s’écrie d’effroi: Butterfly ! Butterfly ! Butterfly !

C’est l’inoubliable Maria Callas qui interprète cette aria éminemment tragique. L’orchestre et les chœurs de la Scala de Milan sont placés sous la direction d’Herbert Von Karajan. Un enregistrement réalisé en 1955.

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